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mardi 17 décembre 2013

Sous la surface - Martin Michaud

Date de parution : octobre 2013 GOÉLETTE - Thriller


On a tous quelque chose à cacher...On peut n'être que témoin de son existence, mais parfois les gestes que l'on pose nous ramènent des années plus tard à l'origine des choses. Et quand on a tout perdu, même le nom de celui qu'on a aimé a une drôle de consonance. La vie n'est pas un conte de fées, mais laissez-moi quand même vous raconter...Ainsi s'ouvre ce thriller d'une puissance et d'une virtuosité exceptionnelles, dans lequel Martin Michaud nous entraîne dans le Massachusetts. La veille du Super Tuesday, jour crucial des élections primaires américaines, l'écrivaine et ancienne top-modèle Leah Hammett débarque à Lowell avec son mari, Patrick Adams, candidat favori à l'investiture démocrate. Vingt-cinq ans après avoir quitté sa ville natale sans jamais y revenir, Leah voit son passé ressurgir avec violence, une violence aussi forte que les espérances qu'il suscite.Commence alors un jeu de miroir où les apparences tissent une toile complexe qui dissimule une vérité oppressante et noire. Drames, histoires d'amour tragiques et trahisons deviennent l'épicentre d'un ouragan, celui qui dévaste l'existence de chaque personnage et remue, sous la surface, les arcanes du pouvoir, à Washington.

Mon avis :
Martin Michaud sort de ses enquêtes de Victor Lessard pour nous livrer ici un thriller politique qui, non d'une pipe, est encore une fois une belle réussite !
Leah Hammett est jeune belle et intelligente, elle est amoureuse de Chase qui lui aussi est fou amoureux d'elle. Ils sont heureux !
Ils sont jeunes et heureux jusqu'au jour où, enlacés au-dessus d'un pont sur la rivière, ils ne se doutent pas  un seul instant qu' ils ne se verront plus jamais.
C'est leur dernier moment heureux d'insouciance et de bonheur.
Je ne vous livrerai pas ce qu' il arrive à ce moment là ! D'abord parce que je ne vais pas vous dévoiler l'intrigue et puis parce que l'auteur nous distribue les clés tout au long de l'histoire.


Dans ses 3 livres précédents Martin Michaud nous a familiarisé avec Montréal et des dialogues québécois fort plaisants.
Ici, rien de tout ça ! L'histoire se passe dans le Massachusetts avec une course aux élections primaires hyper réaliste.
L'auteur, on le sent tout au long de l'histoire, a pris grand soin de la documentation adéquate et aussi de cette ambiance caractéristique qui règne aux États-Unis.
On est transportés dans cette ambiance, on la vit avec beaucoup de réalisme et au rythme frénétique qui colle à cette période électorale.
Ça c'est le côté politique de l'histoire ...


Parallèlement il y a l'histoire de Leah Hammett qui se retrouve au milieu de la guerre que s'opposent les partis.
Mariée à Patrick Adams elle se voue toute entière à cette campagne, ayant la plume facile puisque romancière à succès, elle fait de son mieux pour contribuer à l'élection de Patrick.
Mais elle va être confrontée au passé. Un passé tellement douloureux et encore pleins de points d'interrogations.
Malgré le poids et ses obligations en tant qu'épouse du futur élu, Leah va vouloir aller au fond des choses, elle doit savoir !
Elle va se retrouver piégée dans un imbroglio politique qui la touche au plus profond de son être.
Dans ce livre les rebondissements sont nombreux, bien imaginés et bien structurés. L'auteur nous garde dans l'histoire, celle-ci est tellement bien écrite que c'est d'une lecture sans escales que le lecteur l'aborde.
Pas envie de passer à autre chose.


Tout est soigné ! "Sous la surface" est écrit en profondeur !  (Jeu de mot facile mais tellement vrai).
Que ce soit au niveau politique ou bien de l'intrigue, ce livre est une superbe réussite.
Les situations de dangers sont bien angoissantes, comme on aime dans les thrillers !
Le dénouement se déroule à chaque chapitre avec un suspense grandissant. Ce qui est très agréable aussi c'est que les rebondissements finals sont dosés à juste mesure.
Michaud n'en fait pas trop ! Quand à l'épilogue ... c'est une surprise de plus !
Un livre bien écrit, bien fini. Où on ne se pose pas la question : "y aura-t-il une suite ?"
Non ! La boucle est bouclée !

Chapeau bas Monsieur Michaud

 – Est-ce qu’il y a un bon ou un mauvais moment pour dire à sa femme qu’on l’aime ?

        Mes démons dansent la nuit, quand tout le monde dort. Ils me torturent, me tiennent éveillée, l’anxiété m’étouffe et tout paraît lugubre. La chambre était plongée dans l’obscurité et, malgré les somnifères que j’avais avalés, je n’arrivais pas à trouver le sommeil. J’ai enlevé les bouchons de mes oreilles. Je dors systématiquement avec depuis l’adolescence. Ils créent une bulle où je me sens en sécurité, un rempart contre le monde extérieur. J’ai regardé Patrick un instant. J’ai écouté le bruit de sa respiration. Sa cage thoracique se soulevait à intervalles réguliers. Quand le sommeil m’évite, je peux rester des heures ainsi à le fixer.

        Et, chaque fois, la même question me hante : la vie est-elle un miracle ou une malédiction ?

Un livre que je conseille ? Ah ben OUI alors !
Du même auteur : Il ne faut pas parler dans l'ascenseur - La chorale du diable - Je me souviens

mercredi 11 décembre 2013

La cicatrice du diable - Laurent Scalese


Paris, de nos jours. Un scénariste se défenestre du bureau de Cécilia Rhodes, une célèbre productrice.
Chargé de l'enquête, le commissaire Milot ne croit pas à la thèse du suicide et établit un parallèle avec la mort de Lucie Drax, une autre jeune scénariste employée par Cécilia trente ans plus tôt.
L'affaire semble étrangement liée à l'histoire personnelle de Milot. Autour de cette femme prête à tout pour parvenir à ses fins gravitent un assistant fou amoureux, un mari richissime et un scénariste raté qu'elle exploite.
Des pantins qui ne tarderont pas à vouloir jouer leur propre rôle... Découvrant une femme impitoyable, le commissaire n'hésitera pas à faire saigner une ancienne et effroyable blessure : la cicatrice du diable.




Mon avis :
Au plus noir c'est ... au mieux j'aime.
Ce polar se veut noir, noir par son ambiance et la personnalité de tous les acteurs.
Cécilia Rhodes est la productrice diabolique décrite comme la méchante reine de Walt Disney dans Blanche Neige, sauf que Disney est plus doué que Scalese et qu'ici Blanche Neige ne sévit pas.
Cette productrice qui affiche sa cicatrice tantôt comme un talisman, tantôt un pentacle sexuel est la femme que tout le monde déteste, nous y compris.
Mais à part ça, Cécilia n'est rien. Du coup, pas difficile de la détester.
Ce livre m'a parut très long dans les premières parties, long et sans profondeurs aucunes.
Tout est survolé, formaté, fermé. Comment dire ... ? Les personnages sont quasiment tous des mauvais, inutile de vouloir sortir de là et de laisser travailler notre "imagination". Nous sommes guidés sur des faits et le reste n'existe pas.
De très courts chapitres (scènes) nous présentent à chaque fois une monstruosité de plus de la part de Cécilia, Milot (le flic toxico), Kino (amoureux fou de Cécilia), ou de l'écrivain bafoué, Charly Kessel.

On a l'impression que l'auteur a voulu mettre tous les ingrédients d'un polar noir dans une simple liste de faits sordides.
Comme une liste de courses. Du sexe - sous catégories : envies, excitation,  masturbation, violence et viol. Même un porno fait mieux !

L'auteur nous place un ingrédient de chaque sorte et la liste est remplie, point !
La violence dans ce livre il y en a, il n'y a d'ailleurs que ça. La violence dont sont capables les acteurs de l'histoire, car il est bien question d'acteurs puisque l'auteur nous écrit des scènes en place de chapitres et que du point de vue du lecteur il ne nous laisse aucune latitude pour explorer plus en profondeur et placer notre imagination.


Donc, .. que disais-je ?? Oui ;  Sexe et violence. Violence souvent gratuite et non explicable.
La scène du chat !!!

Oui ! Kessel tue son chat ! juste pour voir l'effet que cela procure ... par désespoir d'être abandonné par sa femme et aussi arnaqué par l'immonde scénariste Cécilia Rodhes.
Vous me direz que le meurtre d'un chat dans un polar est minime, on en a vu d'autre ... ben oui, mais ici ce n'est pas le cas ! C'est odieux et dérangeant !
Rien ne nous prépare à cet acte ; et à la lecture, c'est juste à vomir car cette scène n'est pas "naturelle", ce passage était dans la liste des horreurs à écrire.
Encore un ingrédient de placé par l'auteur et .... débrouille-toi avec ça!
À cet instant le livre à failli passer à la trappe et être abandonné comme un vulgaire crachat ! Oui, et je n'exagère pas !


Question sexe, une scène de viol complètement incompréhensible car tellement loufoque et inachevée.
La méchante Cécila qui se fait violer par des ouvriers, thermos et bleu de travail, sur une route de campagne est complètement IRRÉALISTE. Pourtant cette scène est capitale dans la compréhension du caractère diabolique de l'actrice principale, l'horrible Cécilia !
Non mais ... des ouvriers qui rentrent du boulot et qui attaquent à coup de Molotov ... quoi de plus naturel !  À mourir de rire !
J'aurais voulu plus de détails et d'autres violeurs pour pouvoir aborder le dernier tiers du livre.
La fin est à rebondissements répétitifs. Ben oui, c'est dans la liste des ingrédients à placer ...
Et l'épilogue est dans la même veine que le reste. On rebondit de clichés en clichés !


En conclusion : Tout est donné dans ce polar, tous les horreurs nécessaires. Mais c'est livré comme ça ... brut, sans l'emballage.
Débrouille-toi avec et si ça dégouline tant pis !


Pourtant, dernièrement j'avais lu "L'encre et le sang", écriture à 4 mains avec Franck Thilliez et c'est un livre que j'ai beaucoup apprécié.
De ce fait j'ai voulu explorer l'écriture de Laurent Scalese.
Ben ... c'est chose faite !
La cicatrice du diable ne m'en aura laissé aucunes (de cicatrices) sauf peut-être un léger eczéma.

Fabe

dimanche 8 décembre 2013

Le contrat Magellan - Jean-François Thiery

La peur s’insinue, poisseuse, glaçante... Elle rampe avec lenteur, mais ses attaques sont fulgurantes.
Son triomphe est sournois, et si proche. Il a l’odeur de la poudre, le goût du sang, l’humidité de la sueur. Le hasard en est exclu.
Dans le secret des bureaux lambrissés, des hommes puissants guettent. Leur rêve a un nom, « I.R.A. », et leur cauchemar va prendre un visage, celui de Suzana Magellan.Cette informaticienne est très appréciée au sein de XOX Consulting pour sa gestion efficace de projets industriels, et… ses suppressions élégantes de cibles humaines. Dans ce milieu élitiste, l’échec n’est pas une option.
La prédatrice peut rapidement devenir une proie, surtout quand le soupçonneux lieutenant Garfield croise son chemin.Menacée de toute part, hantée par les démons de son passé, Suzana Magellan va devoir se cacher, fuir, combattre, et… apprendre. Les réponses seront-elles synonymes d’apaisement ?À la suite de « eXpert Consulting », l’auteur nous conduit dans une nouvelle aventure de son héroïne tueuse à gages. Avec un subtil mélange de gravité et d’humour, il nous entraîne dans une course effrénée au cœur des lieux de pouvoirs, là où la peur s’incarne sous des formes étranges.
Lorsque vous sortirez de ces pages, vous fuirez devant les sourires commerciaux de ceux qui vous diront, « votre cible est notre cible ».
Réflexe souvent salutaire, mais parfois inutile.
Alors… tenté par l’aventure ?

Mon avis :
"eXpert Consulting", le livre précédent d'une quarantaine de pages qui est une "mise en bouche"  de celui-ci m'a énormément attirée et j'attendais avec impatience "Le contrat Magellan". 
Ce livre qui allait m'en apprendre bien d'avantage sur Suzana Magellan et son implication au sein de l'entreprise  pour laquelle elle travaille, à savoir :  XoX Consulting.

Sans en dévoiler plus que nécessaire, Suzanne est employée par la société pour effectuer des missions de divers niveaux.
De l'infiltration d'une entreprise pour diverses raisons jusqu'à la mission "ruban noir" qui consiste en l'élimination d'un ou plusieurs individus désignés par son contrat.
Suzana est forte et fragile à la fois, douée pour son "métier" et tenace.
La mission sur laquelle elle travaille est compliquée, le succès de cette mission est une succession de tiroirs cachés, imbriqués qui met en cause plusieurs personnalités du monde politique mais aussi des membres de sa hiérarchie.
Mission délicate et pas très claire pour Suzana ! Mais c'est sans compter sur son professionnalisme, son esprit vif et combatif.


Ce livre m'a un peu déçue, à trop attendre sa sortie j'en espérais sans doute trop  ...
un parcours sans fautes !
On ne s'y retrouve pas bien "dans le temps", je me suis sentie un peu baladée les yeux bandés.
Si l'histoire est très bien pensée et les ingrédients du suspense distillé avec "la peur" au tournant, j'y ai éprouvé un manque de profondeur, une incohérence latente où il est difficile de poser le doigt. Difficile car l'auteur est quand même doué pour, à chaque chapitres, nous intéresser à une autre facette de l'histoire.
Et puis je dois être bête voire distraite ou dispersée mais il y a une action essentielle de Suzana que je n'ai toujours pas compris !


Toutefois "Le contrat Magellan" n'a pas fait partie du club de la page 30, la petite série de livre dont je n'ai pas pu dépasser cette page fatidique.
L'écriture de Jean-François Thiery a su garder mon attention dans cette histoire ma foi bien effrayante.
J'ai aimé et attendu le dénouement qui s'est révélé précipité à un rythme soutenu mais encore un peu trop "survolé" à mon goût.
La toute fin présagerait-elle d'une suite ? Seul l'auteur nous le dira !


Autre livre de l'auteur que j'avais vraiment beaucoup aimé : "Léonis Tenebrae" et dont j'ai donné mon avis sur le blog !

Fabe

vendredi 29 novembre 2013

Les rois écarlates - Tim Willocks





Lenna Parillaud, femme d'affaires richissime, est habitée par la haine depuis la perte de sa fille.
Cicero Grimes, psychiatre, traverse une grave crise de dépression.
Ils ne se sont jamais rencontrés. Jusqu'au jour où ils reçoivent chacun une lettre qui les désigne comme légataires de deux valises remplies de documents compromettants.
Ce cadeau maudit va provoquer un cataclysme de vengeance et de violence.










Mon avis :
Tout d'abord je dirais d'emblée que pour moi ce livre est une "révélation", certains (beaucoup) diront que l'auteur en est une !  Malheureusement j'avais commencé à lire Willocks avec "La religion" qui m'a rebuté dès le début et j'ai donc mis un temps avant de retenter l 'expérience Willocks.
Voilà pour la petite histoire !


L'obèse qui court à perdre haleine avec, dans les replis de ses gros bras, un nourrisson emmailloté.
L'histoire commence très noire, fort obscure aussi (oui je sais, ce qui est noir est obscur) mais très intrigante avec beaucoup de zones d'ombre.(oui les ombres sont rarement lumineuses)
On se demande où veut en venir l'auteur et chaque chapitre est une révélation.
Il y a d'un côté une femme richissime; Lena, qui ne s'embarrasse "apparemment" d'aucuns scrupules et qui va au bout de son désespoir avec calcul et froideur.
Mais ce n'est qu' une façade. Le mal qui la ronge justifie pour elle ce manque total de "compassion" .
Cicero Grimes est un psychiatre à la dérive éloigné de tout, fuyant le monde, avec un lourd passé de souffrance. Même le simple fait de vivre lui est insupportable.
Jusqu'au jour où tous les deux reçoivent une lettre qui va bouleverser leur quotidien, qui va les faire sortir, l'un comme l'autre, de leur carcan désespéré.
Ils vont devoir briser leurs habitudes, sortir de leur rôle de douleur pour endosser un combat avec le mal à l'état pur.
Deux valises pour héritage que convoitent de sombres et très dangereux personnages, tous pour diverses raisons, mais bien décidés à mettre la main sur ce que l'obèse leur a laissé.


L'obèse à lui seul est un monstre craint de tous ... Mais qui est-il ?

Chaque personnage de ce livre a son identité, son caractère bien décrit, bien cerné par l'auteur.
La noirceur de l'être humain y est fortement ressentie tout au long du livre.
Au fil des pages se révèlent le caractère bien spécifique de chacun des protagonistes, certains deviennent insupportables tellement ils sont lâches, prêts à toutes les bassesses. D'autres qui nous semblaient détestables deviennent plus "humain", plus pardonnable.


C'est un livre qui restera marqué dans ma mémoire, il ne fera pas partie de ceux qu'on oublie.

Impossible de ne pas adhérer à l'écriture de l'auteur. Willocks sait aller au fond des âmes, les décortiquer et les faire évoluer avec une adresse et une noirceur admirable pour les mordus de "polar noir".
Sans oublier ce suspense éprouvant pour les nerfs qui ne nous quitte pas.
Je vous en ai assez dit, je ne veux pas spoiler l'histoire.
Un livre que je vous conseille : - OUI un grand, un Énooorme OUI !!!

Fabe



L'auteur


samedi 23 novembre 2013

Voleurs à la douzaine - Donald Westlake


Nouvelles et onzième opus consacré à John Dortmunder.
Voleurs à la douzaine (Thieves' Dozen)nouvelles traduites de l'anglais par Jean Esch, Paris, Rivages/Thriller, 2008 ;Paris, Rivages/Noir 2011



Soit on connaît déjà John Dortmunder, et on sait qu'avec lui le cambriolage relève d'une alchimie particulière (défis pharaoniques, plans rocambolesques, équipiers improbables, résultats grandioses), soit on ne le connaît pas encore, et ces onze nouvelles seront une parfaite introduction à « l'esprit Dortmunder ».Derrière Dortmunder, il y a le génial Donald Westlake, son sens du rythme et son incroyable imagination. Avec en prime, une surprise finale : un voleur peut en cacher un autre...


Mon avis :

Quand on est un cambrioleur de profession il y a plusieurs stades de personnalités qui existent. Il y a la racaille qui vole tout et n'importe quoi à n'importe qui, et puis il y a les plus doués, ceux pour qui la cambriole est une manière de vivre, ceux pour qui cambrioler est l'égal du métro qu'on prend le matin pour accomplir son petit travail de fonctionnaire. 
Rien de plus compliqué, rien de plus extraordinaire !

Si on n'a jamais lu un livre sur les aventures de John Dortmunder celui-ci sera le meilleur pour faire connaissance avec le roi de la cambriole.
Ce livre comprend 11 nouvelles avec au final une petite surprise de l'auteur, une autre facette de Dortmunder.

Westlake, auteur talentueux de roman noir nous a laissé de belles pépites, que ce soit les exploits de Dortmunder poursuivi par la poisse, ceux de Parker, son double froid et sérieux ou encore ses très nombreux black polars de grand talent.

Ici dans ces 11 nouvelles, Dortmunder part sur des casses seul ou avec son équipe habituelle. Il est doué dans son métier, il a de la "mentalité", ce n'est pas un  voleur à la petite semaine.
Son boulot il le connait très bien. Il a, ancré en lui, toutes les ficelles du métier et tous les réflexes naturels qui vont avec.
Seulement Dortmunder est poursuivi par la poisse. Une poisse très loin d'être catastrophique et angoissante ; c'est une poisse cocasse qui fait sourire le lecteur.
Les personnages qui l'entourent ont tous un caractère bien définis, bien suivis tout au long des multiples aventures où ils apparaissent avec Dortmunder.


« Tu n’as pas entendu quelque chose ? chuchota Dortmunder.
— C’est le vent », dit Kelp.
Assis, Dortmunder se retourna et braqua délibérément sa lampe électrique dans les yeux de Kelp, agenouillé.
« Quel vent ? On est dans un tunnel.
— Il existe bien des rivières souterraines, dit Kelp en plissant les yeux. Alors, peut-être qu’il y a aussi des vents souterrains. Ça y est, tu as traversé le mur ?
— Plus que deux coups. »


L'auteur était très doué pour ne pas se répéter, faire de chaque casse et de son épilogue cocasse un moment unique. Une vraie prouesse ! mais je ne vous apprend rien sur le talent de Westlake. Et si vous n'en avez jamais lu et bien il est temps de commencer !

En conclusion :  L'habileté de l'auteur à nous raconter les cambriolages d'experts en la matière pour finir en apothéose par des situations cocasses mais aucunement ridicules font de ce livre un petit bijoux !

Vous conseillerais-je ce livre ? - Je dirais même qu'il vous FAUT le lire ! Surtout si vous ne connaissez pas encore Dortmunder.
Fabe

samedi 16 novembre 2013

Les harengs de Ploucamor - François Troudic



Elle est venue frapper à ma porte vers trois heures du matin.
— Salut, je m’appelle Géraldine, on ne se connaît pas mais je suis la fille des voisins. J’ai perdu mes clés et je n’ose pas rentrer chez moi de peur de réveiller mon beau-père qui est insomniaque.
N’écoutant que mon grand cœur, j’ai abandonné mon Spirou et lui ai généreusement proposé de l’héberger.
De fil en aiguille, entre deux étreintes, on s’est mis à parler de la vie, du réchauffement climatique, de la mode des talons compensés, de notre petite enfance…







Mon avis :
Avis aux âmes sensibles : s'abstenir de lire ce livre si vous êtes particulièrement émotifs, si la disparition subite de votre amoureuse vous traumatise, si la presque mort de votre compagnon, un fidèle cornichon nommé Michou vous plonge dans une dépression inguérissable et si vous n'avez pas l'esprit "aware".
Ce court texte commence par l'apparition de Géraldine à la porte de l'appartement de François, elle a oublié ses clés et lui demande de l'aide.  François l'écoute, ils se racontent leurs vies et le courant passe tellement bien qu'ils se font des papouilles sans plus attendre.
Mais ne voilà t'y pas (ça y'est j'ai attrapé le virus), que le lendemain de leur rencontre Géraldine disparaît laissant François (habitant la commune de Ploucamor) dans le désarroi le plus total.
C'est qu' il l'aime bien la Géraldine...


Et voilà François parti pour retrouver sa dulcinée avec les informations dont il dispose. Son ami avec qui il partage son quotidien, le canard en plastique Pioupiou va le soutenir tout au long de l'histoire.
Non ! non non ce n'est pas une histoire pour enfant, il s'agit bien d'un livre ... heu .. d'une ..heu .. histoire criminelle.
Oui, c'est ça !  C'est en tous les cas ma définition de la chose.
Que dire de sa nouvelle amitié avec Michou sinon qu'elle pourrait être aigre-douce et fusionnelle ? Car il s'agit tout de même d'un cornichon, un vrai de vrai avec sa peau toute verte et son regard attendrissant !
Et de ses voisins les Lanchois, de violents et étranges personnages qui ont un lien avec Géraldine ?


Un suspense insoutenable mais vite résolu puisque ce ... truc ... ne fait qu'une quarantaine de pages.

Ben ... sans blague et tout à fait sérieusement, cette histoire vaut la peine d'être lue et jusqu'au bout, car même si vous êtes plutôt "sucré" que "cucurbitacée" vous tomberez sous le charme des personnages et ne serez pas déçus ni de l'intrigue ni de l'épilogue !
Voilà, j'ai dit !   Mais ....  à défaut d'avoir un estomac capable d'ingurgiter des harengs vinaigre au petit matin, préparez vos malox ou pastilles rennie.


Pour mieux comprendre cette histoire, qui de mieux placé que l'auteur pour nous répondre ?
J'ai eu l'idée et la chance de pouvoir demander  quelques explications à François Troudic !
Fabe



Bonjour François, pourrais-tu me dire comment t'es venue l'idée d'écrire ce livre ... heu .. ce truc là ?
-Bonjour Fabe. L'idée d'écrire ce livre... heu... ce truc là, m'est venu le mercredi 29 mai 2013,  à Trébeurden, après avoir pris un bain chez ma grand-mère Lucienne. En sortant de la baignoire, j'ai malencontreusement glissé sur un tube de gomina et ai percuté de plein fouet le bidet en faïence. Lorsque je revins à moi, j'étais tout seul, tout nu, au milieu d'un grand nul part. Je m'apprêtais à appeler ma Mémé à la rescousse lorsque sous mes yeux émerveillés passa soudain dans l'azur azuré une escadrille de canards en plastique jaune. Je tendis promptement la main et en saisis un au vol... quelle tristesse ! Il était tout flasque, tout mou, tout difforme... je le regardais de plus près... zut, c'était un gant de toilette. Me relevant péniblement pour aller l'enterrer dans le sèche-linge, je dérapais bêtement sur un tube de dentifrice et allais joyeusement m'éclater l'occiput sur le bord du lavabo. À mon réveil, Mémé Lucienne était debout devant moi, me tâtant avec méfiance de la pointe de sa pantoufle.
— Françoués, t'es t'y mort ou t'es t'y don' encore en train d'faire le cornichon ?
— Je suis mort, Mémé
— Me prends don' point pour une andouille et viens t'en don' souper avant que les harengs 
ne r'froidissent !

Ainsi naquit ma vocation d'écrivain...

Ah ! oui je comprend un peu mieux maintenant ... Hum.. Euh..
Comptes-tu commettre heu ... réitérer la chose une nouvelle fois ?
- La semaine prochaine,  je dois aller à Perros-Guirec réparer la brouette de ma tante Paulette. Si l'occasion se présente, j'essaierai de prendre un bain...
François Troudic.



Je ne suis pas certaine que les réponses de François Troudic vous aies conquis mais je vous 
dirais juste ceci : Lisez-le et venez en parler après ! Fabe




mercredi 13 novembre 2013

Haut-le-chœur - Gaëlle Perrin-Guillet



Alix Flament, journaliste à Chambéry, travaille sans conviction sur un article relatant les mésaventures sexuelles d’un candidat à l’élection présidentielle française. Six ans plus tôt elle était une spécialiste reconnue des affaires criminelles.  Jusqu’à ce qu’elle publie un livre d’entretiens avec la pire tueuse en série que le pays ait connu depuis le 19ème siècle, ouvrage dont elle ne se remettra pas et qui marquera la fin de sa carrière dans le domaine des faits divers.L’évasion sanglante d’Éloane Frezet redonne vie aux cauchemars qui la hantent depuis ses dialogues hallucinés avec la meurtrière. Mais seule Alix la connaît suffisamment pour tenter d'aider la police à la traquer. C'est sans compter que la meurtrière, loin de se terrer, espère bien tenir sa promesse de terminer l'œuvre mortelle qu'elle a dû interrompre lorsqu’elle se trouvait derrière les barreaux...



— Vous voyez une explication à ça ?
— J’en ai deux. Soit elle a décidé de tout changer, histoire de nous perdre un peu plus en route et de nous faire patauger dans la boue, soit elle a une très bonne raison de faire le ménage comme ça. Mais quand on saura pourquoi…
— Il sera trop tard ? C’est ça ?
Ruiz ne prit pas la peine de répondre. Son regard était assez éloquent.

Mon avis :
Alix Flament est une journaliste qui six ans plus tôt était spécialiste des affaires criminelles, heureuse en ménage elle est mariée depuis longtemps à un médecin légiste.
Elle s'ennuie un peu à écrire des articles sur les frasques sexuelles des politiciens lorsqu'on lui annonce l'évasion d'Éloane Frezet. Éloane, tueuse en série qui s'était confiée à la journaliste avait marqué non seulement sa carrière mais aussi son esprit.
 

La tueuse il est vrai est un phénomène incompréhensible sous un tempérament glacial.
C'est sur l'évasion de Frezet que débute cette histoire, cette traque qui réserve, vous vous en doutez, des cadavres tout au long de sa cavale.
C'est une histoire machiavélique qui a du sens, un tourne-pages mais pas que !

L'ambiance pesante monte en crescendo et on est prit dans la spirale délirante de cette tueuse en série. Alix Flament de par sa connaissance ultérieure de la tueuse va devoir contribuer à l'enquête pour aider les inspecteurs à localiser Frezet.
 

Les diverses situations sont prenantes, on a envie d'en savoir plus et de découvrir la faille pour arrêter cette folie meurtrière.
Cette faille, les lecteurs la découvre en même temps que les protagonistes de l'histoire.
 

Si les ingrédients sont simples l'auteur a su mener les lecteurs dans un suspense bien construit mais qui pour moi n'est pas assez "fouillé".
Ce n'est pas une critique uniquement négative ... cela a permis de ne pas s'éterniser, de ne pas tirer en longueur ! Mais quelques "scènes" auraient pu être plus détaillées.

Seul bémol : au tout début du livre une situation y est décrite de manière très peu convaincante et quelque peu "cliché", dans les prisons françaises ....Mais ce n'est qu'un tout petit couac bien vite oublié dans le feu de l'action qu'est la suite de l'histoire.

Malgré cette toute petite critique je fais confiance à Gaëlle Perrin-Guillet pour ses prochains livres. J'ai bien apprécié cette lecture et j'ai passé un bon moment.
Je dis ceci sans complaisance aucune pour cette nouvelle auteur (j'ai horreur du mot auteure).
Haut-le-cœur, un livre que je conseille : - Oui !  Absolument ! Et une auteur à suivre ...


Fabe



Gaëlle Perrin-Guillet
Haut-le-coeur
Rouge-sang éditions