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mercredi 15 avril 2026

L'antidote - Thomas Clearlake

 428 pages - 2025



Résumé :

Andrew Fisher, père de famille sans histoires, disparaît sans laisser de traces.

Pour la police, il a fui délibérément, accablé par son récent licenciement.

Tess Lambert, ex-agent du FBI devenue détective privée, ne croit pas à cette version. Fisher occupait un poste important chez Corequantech, un géant des nouvelles technologies établi au cœur de la Silicon Valley.

Elle va percer le mur du secret professionnel de cette multinationale et découvrir qu’il travaillait au sein d’un laboratoire, avec quatre autres scientifiques spécialisés dans la génération d’intelligences artificielles avancées.

Persuadée que cette piste n’est que la face émergée d’un iceberg, elle va se mettre en quête de retrouver les ex-collègues de Fisher, et ouvrir une porte sur des révélations qui dépassent l’imaginable.

Quelque chose de plus vaste, de plus sombre, se cache derrière cette disparition.


Mon avis : 

Ayant lu tout les livres de l'auteur, j'ai entamé celui-ci avec pas mal d'enthousiasme.

Un Techno thriller, voici que T.Clearlake change un peu de registre.


Tess, ex agente du FBI enquête à présent pour un cabinet privé sur des disparitions parfois ennuyeuses pour elle. Lorsque un père de famille de plus disparaît elle sait que il y a quelque chose d'autre . . . 

Au fil de l'histoire elle découvre un complot ou la Supra IA est apparemment en cause. Une IA quantique. Et là on tombe dans la SF mais l'auteur a l'écriture habile et une intrigue très bien menée où on s'interroge sur cette possibilité . . . 

J'ai adoré ce roman et j'attends le suivant avec un peu d'impatience 😉 



mardi 14 avril 2026

Les Bouchères - Sophie Demange

 300 pages 2025


Résumé :

À Rouen, dans ce quartier bourgeois, impossible de manquer la devanture rose des Bouchères. Depuis la rue, on peut entendre l'aiguisage des couteaux, les masses qui cognent la viande et les rires des trois femmes qui tiennent la boutique. Derrière le billot, elles arborent fièrement leurs ongles pailletés et leurs avant-bras musclés. Mais elles seules savent ce qui les lie : une enfance estropiée, une adolescence rageuse et un secret.

Lorsque plusieurs notables du quartier s'évaporent sans laisser de traces, les habitants s`affolent et la police enquête. En quelques semaines, les bouchères deviennent la cible des ragots et des menaces…

Un roman féministe explosif et jubilatoire où chaque page se dévore jusqu`au rebondissement final !


Mon avis :

Attirée par la couverture et par la promo dithyrambique de ce livre, je m'y suis collée avec un réel plaisir tout au fil des pages. 

Le fait qu'il soit nommé comme lecture féministe cela m'est complètement égal et parfaitement inoffensif.

Anne, la prorio hérite de la boucherie de son père, dans le quartier c'est assez mal vu et sujet à railleries, quolibets et même boycott. 

Comme elle ne sait pas être à l'atelier, au billot et en même temps derrière le comptoir a servir les clients elle finit par engager deux autres filles, Stacey une zonarde très directe qui n'a pas sa langue en poche et puis Michèle un fille originaire de Guinée aux ongles peints qui aime les femmes sans s'en cacher. Toute trois sont énergiques et talentueuses, au contraire de ce qu'il se dit dans le quartier la boucherie est très bien tenue avec des viandes et des préparations de qualité ! 

Jusqu'au jour où disparaissent des notables . . . 

Fortes d'un passé commun elles ne se laissent pas faire.

Je me suis régalée à lire ce roman, 300 pages vite expédiée et digérées. 

Dans l'cochon tout est bon 😉

dimanche 5 avril 2026

Claire Favan - les cicatrices

308 Pages

2020



Résumé :

Centralia, État de Washington. La vie d’Owen Maker est une pénitence. Pour s’acheter la paix, il a renoncé à toute tentative de rébellion.

En attendant le moment où il pourra se réinventer, cet homme pour ainsi dire ordinaire partage avec son ancienne compagne une maison divisée en deux. Il est l’ex patient, le gendre idéal, le vendeur préféré de son beau-père qui lui a créé un poste sur mesure. Un type docile. Enfin, presque. Car, si Owen a renoncé à toute vie sociale, il résiste sur un point : ni le chantage au suicide de Sally ni les scènes qu'elle lui inflige quotidiennement et qui le désignent comme bourreau aux yeux des autres ne le feront revenir sur sa décision de se séparer d’elle.

Mais, alors qu’une éclaircie venait d’illuminer son existence, Owen est vite ramené à sa juste place. Son ADN a été prélevé sur la scène de crime d’un tueur qui sévit en toute impunité dans la région, et ce depuis des années. La police et le FBI sont sur son dos. L’enfer qu’était son quotidien n’est rien à côté de la tempête qu’il s’apprête à affronter.


Mon Avis :

J'ai échafaudé des hypothèses, les nombreux rebondissements étant très denses, je les y ai perdues. 

Scénario machiavélique. 

Deux histoires parallèles qui se rejoignent, un Owen fadasse et des femmes qui disparaissent, une écriture fluide et une narration sans fioritures.

Une auteure que je vais encore lire ;)




jeudi 12 décembre 2019

Scalp - Cyril Herry

Romans Policier / Thriller
Romans noirs -Cadre noir
Date de parution 01/02/2018

224 pages


« Même si n’importe quel bout de terre ici-bas appartient toujours à quelqu’un, la forêt reste la forêt : pas celle des hommes, celle des mythes ; celle des rêves et des peurs. On aura toujours peur au fond des bois à la nuit venue, quoi qu’on dise. »
Hans a neuf ans. Et sa vie va basculer deux fois en l’espace de soixante-douze heures : la première quand sa mère lui annonce que l’homme auprès de qui il a grandi n’est pas son père. La deuxième quand sa mère décide qu’il est temps pour lui de partir à la rencontre du vrai, de celui qui s'en est allé il y a dix ans, Alex, qui vit maintenant en pleine forêt, loin des hommes, à quelques centaines de kilomètres de là.

Cyril Herry habite en Haute-Vienne, où il aime marcher dans les bois, pour mieux s’arrêter, parfois, et construire des cabanes. Scalp, huis clos à ciel ouvert aussi émouvant que glaçant, est son premier roman au Seuil.



Mon avis

Un rural noir bien serré ?

Cyril Herry nous conte un roman rural de France profonde, là où on "touriste" peu, là où le maire fait sa loi, là où la végétation envahit les chemins.

C'est là qu'est parti vivre le père de Hans. Parti en laissant tout derrière lui.
C'est autour et avec Hans qui a 9 ans  que se construit cette histoire.
Avec beaucoup de détails, des mots juste et un brin de poésie, l'auteur nous imprime les images de ces lieux imparfaits ou la nature est brute, où le terrain au bord d'un lac, qui n'appartient à personne, est devenu l'endroit où le père de Hans s'est installé.

Mais c'est aussi l'histoire de Teresa qui a décidé d'emmener son garçon voir ce père qui a fuit sur ce terrain en y plantant sa yourte, révéler la vérité à son fils, même si elle n'est certaine de rien.

Du haut de ses 9 ans ce môme rêve encore d'être un Huckleberry Finn, il aime la cambrousse et chatouiller le poisson, mais surtout il est venu pour voir son père, pour apprendre son histoire.
Il ne découvrira pas uniquement la yourte que celui ci habite, il apprendra beaucoup, sera confronté a des vérités et aussi à la dureté de cet endroit un peu hostile mais qu'il apprécie comme un rêve de p'tit gars ...

Autour de cela quelques personnages douteux qui ne voient pas forcément avec bienveillance cette intrusion dans leur village, vont encore noircir le tableau.
L'auteur décrit avec talent chacun des intervenants, on est happés par leurs rôles et du coup cela se lit d'une traite, que ce soit les adultes ou les enfants, ils ont tous cette particularité angoissante (mais pas trop).
Je dirais que l'auteur a su bien faire la mesure.

Un roman que j'ai beaucoup aimé, très bien écrit, ou plusieurs histoires ne font qu'une qui rendent le récit plus sombre encore.

Une belle plume noire que Cyril Herry  😉

Fabe

dimanche 2 juin 2019

La mort selon Turner - Tim Willocks

Editeur : Sonatine 11 octobre 2018


Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.
Lors d'un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s'annonce brillante à cause d'une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s'en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu'il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.
Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu'hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l'Afrique du Sud tout le souffle et l'ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d'empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d'une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : " Sur cette Terre, il y a quelque chose d'effroyable, c'est que tout le monde a ses raisons. "


Mon avis

Connaissant le style d'écriture de Tim Willocks je me  suis jetée sur "La mort selon Turner " comme la petite vérole sur le bas clergé (j'aime la placer celle-là). Grand bien m'a fait car c'est une histoire super bien foutue avec un  contexte intéressant, car je suis peu habituée au climat du Cap-Nord.
L'auteur est précis et nous fait connaître les personnages du roman avec l'art de manier les mots qui font de lui (à mon humble avis ) un auteur de "roman noir-thriller" qui n'as rien à envier aux plus grands.
Quand Turner est envoyé à Langkopf  pour enquêter sur la mort d'une pauvre fille au pied d'une benne à ordures et devant un établissement douteux (dans le paysage tout est douteux) il constate qu'elle à été écrasée par deux fois et qu'elle n'était pas encore tout à fait morte à son arrivée, de plus elle était en possession de la carte de visite de Turner. Il démarre ses investigations et en arrive assez vite à une conclusion.
Et c'est sous cette chaleur écrasante qu'il part pour interroger et recueillir les aveux de Dirk le fils de Margot Leroux.
C'est sur ce simple "accident-délit de fuite" que commence cette histoire de dingue, ce roman noir pure jus !
Afin de trouver le Dirk en question, Turner va devoir se rencarder auprès de la police locale, il faut dire qu'en Afrique du Sud la corruption et la pauvreté est présente partout. Et même si l'apartheid a été abolie en 1994, les noirs et les blancs sont loin d'être toujours copains-copains. Bref, tout ça pour dire que Radebe Turner est noir, la fille morte est noire et Dirk Le Roux est blanc. Cela ne simplifie pas les choses.
Ça les simplifie encore moins quand on s'attaque au fils unique de Margot Le Roux. Elle possède la mine de manganèse, elle est très riche et a beaucoup d'hommes a ses ordres. Vous aurez compris que ça va foutre un beau bazar pour l'enquêteur.
Au fil de la lecture tout se met en place. Tous les passages sont super intéressants. Turner se révèle être un gars sans concession et doué pour le combat.
De fil en aiguille l'atmosphère de l'histoire s'épaissit et toujours avec une écriture fluide qui nous plonge petit à petit dans ... le plus noir encore.
Mais franchement,  plus noir que le fameux passage de la seconde moitié du bouquin, tu meurs.
Un passage à ne pas lire si vous êtes une petite nature. Et tout ça avec précision et détails écrit par un spécialiste. 




Ben oui, Tim Willocks n'est pas qu'auteur de roman noir. Psychiatre, artiste peintre, chirurgien et maître en arts martiaux ...   Bref il met ses connaissances au profit de ses histoires.
Alors si vous ne l'avez pas encore lu, allez y c'est de la bombe.

Fabe

Déjà lu :  Green river - Bad city blues - Les rois écarlates.


dimanche 26 mai 2019

Même pas peur - Luc Venot

Editeur : Editions Humanis 17 janvier 2014




Résumé
Des crimes précédés de tortures... Et toutes les pistes qui mènent vers ce foutu foyer de la DASS de la rue Serpolet ! C'est quand même pas des gamins qui ont pu faire ça ?!
Le commissaire Hercule Mapèch en perd son latin. Pour être honnête, du latin, il en a jamais eu beaucoup, mais c'est un teigneux, Hercule, et il ne lâchera pas l'affaire. Fabulous-Fab et Biggy-l'avion-de-chasse sont là pour l'aider, les assassins n'ont qu'à bien se tenir !
Un thriller inventif et culotté, aussi drôle qu'effrayant, aussi émouvant qu'étonnant. Une superbe histoire d'amitié au cœur du monde des paumés.





Mon avis

La D.D.A.S, là où atterrissent les enfants abusés,  mal traités,  pas ou mal aimés. Là où l'enfance n'est plus, tant à savoir si pour eux elle ai jamais existé.
La D.D.A.S, dernière "chance" de survie pour des gosses sans repaires.  La plupart d'entre eux ne s'en sortent pas indemne, tout le monde le sait.
C'est le cas d'Antoine,  d'Émilie et des autres.
D'emblée Luc Venot nous plonge dans l'horreur, Antoine tue ! Il tue des familles, férocement,  mécaniquement.
Et même si l'écriture manque un peu de maturité,  l'auteur nous livre avec force ce thriller où il place le suspense dans la suite de cette révélation des premières pages.
Antoine vit dans un foyer où il côtoie d'autres ados et aussi des adultes en difficulté sociale. Pas facile, mais Antoine est intelligent et fait sa place, se protège avec les moyens dont il dispose.
Son meilleur ami, son frère,  Rio 13 ans vivant dans un squat l'accompagne lors de ces "sorties". Ils sont soudés, unis contre le monde entier.
Antoine rencontre l'amour d'Émilie ainsi que l'amitié adulte et virile de Michel. Mais peut-il y avoir de l'impunité face à la violence,  la haine et le meurtre ?
Des policiers vont entrer dans l'arène et mener leur enquête.
Ce livre aborde non seulement la violence et la vengeance,  mais aussi de l'amour,  de l'amitié et de la justice. Sans pour autant pleurnicher sous le masque de l'hypocrisie.

Ce livre est un cadeau de Carole sans qui je n'aurais sans doute pas lu cette histoire qui par son résumé,  sort de mes sentiers habituels.
Merci Coupine 💖

Fabe

L'auteur :

Né à Paris, ancien photographe, puis constructeur de décors pour spectacles, Luc Venot est un écorché vif qui n’a pas hésité à puiser dans les épisodes de sa vie chaotique pour donner vie à ses personnages. Il ne compte pas en rester à ce premier succès et travaille déjà sur un deuxième roman.
Curieux de tout, sa citation préférée est « Qui accroît son savoir, accroît sa douleur » . Tout un programme…

vendredi 29 avril 2016

Mon été avec Lucifer - Édith Couture Saint-André

Réédition 2016 - Numérique - Thriller -  Littérature

Les Zamis donnent leurs Avis
"Chris" 

Il y a trois types de journées : celles où il ne se passe rien, au point où on se demande pourquoi on s’est donné la peine de sortir du lit ; celles qui sont encombrées de complications, dont le seul but est de vous empoisonner l’existence, et puis, il y a celles où un seul événement peut faire basculer votre vie.
Aujourd’hui est une journée du troisième type : spectaculaire, inattendue, aux répercussions déterminantes pour moi, pour mes amis, pour mes ennemis.
Surtout pour mes ennemis.
Lucifer, le saviez-vous ? est une flamboyante rouquine, belle comme une madone botticellienne et gaulée comme une danseuse du Crazy Horse.
Aujourd’hui, juchée sur des stilettos vertigineux et moulée dans les cuirs noirs d’un ensemble pantalon-bustier, cette madone sulfureuse me promet la jeunesse éternelle. Que feriez-vous à ma place ? Ce récit, drôle, enlevé et pétillant, est l’histoire de Mathilde, une Québécoise baby-boomer de 60 ans à qui la science et la médecine ont promis, comme à tous les baby-boomers, une santé indéfectible et la jeunesse éternelle, voire : l’immortalité.
De toute évidence, la promesse n’a été que partiellement tenue. Mathilde décide de s’adresser à quelqu’un qui a la réputation de tenir ses promesses : Lucifer. Alias Lucy Fériale. Lulu pour les intimes. Lucy est d’accord pour un pacte. Bien naturellement. Mais, en tant que femme d’affaires avisée, patronne d’une Business Unit, elle pose une condition : récupérer des âmes. Normal, c’est dans son job description.
Au début, Mathilde a des sursauts de conscience. Ça la chiffonne cette histoire de morts. Elle rechigne. Mais lorsqu’elle voit le résultat : passer de 60 à 45 ans en moins d’une semaine, avec son énergie toute requinquée, sa vitalité qui casse la baraque et une peau de pêche, elle en redemande, établit une liste, donne des noms à Lucifer

Mon avis :
Comment Édith a fait pour que je dévore son livre ?
* L’histoire d’une femme qui a aimé qui a souffert qui observe de près l'effet néfaste produit par le temps qui déferle sur son corps mais qui refuse de tomber dans le panneau du « « tue-rides-à-coups-de-bistouri comme le fait sa meilleure amie. On ne peut que s’auto identifier.
* L’intrigue du thriller : tuer sans tuer ou tuer sans se salir les mains, une prouesse !
- Pas seulement -
* Le côté magique : Mathilde acceptera l’offre de cette étrange femme arrivée de nulle part ? Est-elle réelle ?
* Le côté psycho : la complexité des relations humaines.
* Le côté philo :
Les choix de la vie : rester ? partir ? la mort ou la jeunesse ?
La confusion entre les rêves et la réalité : être jeune pour toujours ?
* Le côté culture : réflexion métaphysique qui nous fait penser qu’on aura appris des choses, en plus.
Et la cerise, l’humour, je ne m’y attendais pas mais comme cela détend...
Vous allez me dire que mon exposé est confus, en effet, on peut le voir de cette manière mais ce que je souhaite transmettre c’est qu’il est impossible de définir le roman d’Édith, le résumer en une catégorie ou en quelques lignes comme une 4éme de couverture est supposé le faire. ce serait réduire son intensité, sa multi-fonctions étant une lecture agréable, surprenante, pensante, drôle, sérieuse, magique, passionnante.
La fin ? ne vous inquiétez pas, je ne vais rien vous révéler, je peux tout au moins vous annoncer qu’elle nous réserve des surprises mais, je pense que l’auteur m’autorisera à vous dévoiler, qu’il y a une suite donc PAS DE FIN.
Si je peux le suggérer à quelques scénaristes de films, je leur dirais : LISEZ-LE car il est tout à fait image-able.

Chris

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jeudi 3 juillet 2014

Un long moment de silence - Paul Colize

MANUFACTURE DE LIVRES (14 mars 2013)
POLICIERS 480 pages


2012. À la fin de l’émission où il est invité pour son livre sur la «Tuerie du Caire», un attentat qui a fait quarante victimes dont son père en 1954, Stanislas Kervyn reçoit un coup de téléphone qui bouleverse tout ce qu’il croyait savoir. 1948. Nathan Katz, un jeune Juif rescapé des camps, arrive à New York pour essayer de reconstruire sa vie. Il est rapidement repéré par le Chat, une organisation prête à exploiter sa colère et sa haine. Quel secret unit les destins de ces deux hommes que tout semble séparer ?
Dans Un long moment de silence, Paul Colize met en scène à deux époques différentes les personnages de Stanislas Kervyn et Nathan Katz. L'un est un homme d'affaire contemporain, antipathique, qui tente de comprendre la raison pour laquelle son père trouva la mort lors d'une fusillade au Caire alors qu'il n'était qu'un enfant; l'autre, rescapé des camps, décide de rejoindre un groupe de chasseurs de nazis après la seconde guerre mondiale.




Mon avis :
Aéroport du Caire le 21 août 1954 :
Lorsque plusieurs passagers d'un vol se font mitrailler sans que l'on en connaisse la raison, la possibilité d'un "cadavre exquis" est abordée.  Le fait qu' il y ait plusieurs victimes pour en masquer une seule. Voilà le départ de ce super roman que j'ai mis longtemps à ouvrir et qui s'est avéré excellent !

Stanislas Kervyn est auteur, il présente son livre dans une émission télévisée et à l'issue de celle-ci il est contacté au téléphone par un inconnu pour lui faire des révélations ! Révélations sur La tuerie du Caire,  révélations au sujet du livre de Stan. Car le père de Stan faisait partie des victimes et Stanislas a écrit ce livre pour exorciser ses angoisses dont il souffre depuis tout jeune.
Trouver les responsables de cette tuerie !
Pourquoi son père a-t-il été assassiné ?
Que faisait son père au Caire ?

Mais Stanislas n'est  pas un personnage sympathique, il est égoïste, autoritaire, il n'éprouve aucune empathie pour personne, bref il a un caractère très haïssable.
Et pour couronner le tout il souffre quotidiennement de douloureuses migraines que seules l'Imitrex et le sexe sauvage et sans sentiments semblent apaiser.
Les femmes ne sont pour lui qu'un remède comme un autre, mais un traitement efficace.

L'auteur, Paul Colize réussit tout de même à nous faire éprouver de l'intérêt pour Stanislas Kervyn (qu'en tant que femme on ne peut que détester !)
Il faut dire que Stan est intelligent, réactif et que l'auteur ne nous ballade pas en longueur dans les chapitres.

L'histoire est racontée principalement en deux époques,  la nôtre avec Stan à la recherche de la vérité sur la tuerie du Caire et puis celle de la guerre et après-guerre avec Nathan Katz.

Nathan est un jeune rescapé juif et il va avoir un rôle important dans cette histoire. Un rôle qui va mettre Kervyn sur des pistes de ce qui s'est réellement passé en 54 au Caire, mais aussi sur des  secrets de famille...
De révélation en révélation Paul Colize nous décortique avec beaucoup de talent ce qu'était une facette de la chasse aux nazis à partir de l'après-guerre.
Cette chasse aux rats qui n'a d'ailleurs jamais eût de cesse jusqu'à nos jours, même si les criminels nazis se font de plus en plus rares vu leur grand âge.
Je ne vais pas vous raconter l'histoire,  Colize le fait bien mieux que moi.
Mais ce que je peux vous dire c'est que c'est un p***** de bon bouquin !

... "Ma mère est morte le 19 octobre 1993. Un sale cancer du pancréas l’a tuée à petit feu. Son calvaire a duré plus d’un an. Un an durant lequel elle n’a jamais émis la moindre plainte. Elle est restée digne, exemplaire, jusqu’à la fin.
Une semaine avant sa mort, elle m’a demandé de prévenir Marischa et mon frère. Elle savait qu’elle n’en avait plus pour longtemps.
Ce jour-là, elle m’a parlé de mon père.
C’était la première fois qu’elle m’en parlait depuis des années. Elle se trouvait à l’hôpital Saint-Jean, rue du Marais, elle rentrait d’une ponction. Les toubibs l’avaient gavée de morphine. Nous étions seuls dans la chambre. Elle m’a souri, tant bien que mal.
..."

C'est un livre qu'on ne lâche pas. On veut savoir ! et toutes les pages nous en apprennent. Il n'y a pas de temps mort.
J'en suis même arrivée à apprécier le personnage de Stanislas Kervyn, c'est tout dire ...
Mais peut-être a-t-il des circonstances atténuantes quant à sa personnalité si détestable ?
À vous de juger !
Et puis c'est un livre qui parle d'amour, d'amour acharné, d'amour douloureux mais aussi d'espoir.

Oui c'est un livre que j'ai beaucoup aimé et que je vous conseille !
Allez-y sans hésitation !
Je me suis intéressée à un interview sur le blog : Le Blog du Polar de Velda c'est un très bel interview qui nous donne de bonnes infos sur l'auteur ! lisez-le !
Fabe

vendredi 9 mai 2014

Psycho Killer - Anonyme

Éditeur : SONATINE (17 octobre 2013) 358 pages

Tout semble paisible à B Movie Hell, 3672 habitants. Jusqu’au jour où un tueur mystérieux portant un masque en forme de crâne, surmonté d’une crête iroquoise rouge, se mette à assassiner tranquillement certains des habitants de la ville. Le FBI confie l’affaire à un couple d’enquêteurs, Milena Fonseca et Jack Munson, surnommé le Fantôme, spécialiste des opérations clandestines. Bientôt de mystérieux liens apparaissent entre cette terrifiante série de meurtres et un projet top secret du Département d’État, l’opération Blackwash. Alors que la paranoïa s’empare de la ville, la collaboration entre le FBI et les autorités locales s’annonce difficile. Les habitants de B Movie Hell, bien décidés à garder leurs nombreux secrets, entendent en effet résoudre seuls et sans aide extérieure cette histoire aussi terrifiante qu’énigmatique.

Après sa tétralogie consacrée au Bourbon Kid, Anonyme nous offre un slasher jubilatoire en forme de clin d’œil aux films de série B. Est-il possible d’y résister ?





Mon avis :

Les aventures du Bourbon Kid m'avaient énormément amusée avec cette écriture innovante et complètement déjantée,  alors il fallait absolument que je m'attaque à "Psycho Killer" ! Voilà qui est fait !

Ici, contrairement au Bourbon Kid le scénario est "classique". Un barbouze, Jack Munson, presque à la retraite qui aime trop la bouteille etc ... et une femme haut-gradée qui l'accompagne sur une enquête "top secret". Quoi de plus inhabituel hein...

Le tueur, Joey Conrad est surnommé l'Iroquois, pourquoi ? car quand il assassine les gens il est affublé d'un masque en forme de crâne surmonté d'une crête rouge et sème la panique dans la petite bourgade de B Movie Hell tenue et gérée par un seul homme qui dirige et commande la plupart des habitants.

L'histoire se laisse lire très facilement vu qu'il n'y a que de l'action et des dialogues directement en rapport avec l'enquête. Des dialogues courts, précis qui entrent directement dans le vif du sujet, comme dans les livres précédents de l'auteur Anonyme.
La description des personnages de ce roman est quand même assez cliché, que ce soit au sujet de Bébé, une jeune prostituée qui a une place prépondérante dans le roman ou bien de Sylvio Mellencamp le tenancier du "Minou joyeux", (ben oui quoi, c'est le nom du bordel ... c'est astucieux non ? Pffff ).
Toute l'histoire tourne autour de Bébé, qui elle n'est au courant de rien, évidemment !
Beaucoup de poursuites et beaucoup d'action vont mener cette histoire tambour battant.

Le déroulement de l'enquête va vite, heureusement ! Si on devait se perdre dans des descriptions à rallonge je pense que j'aurais abandonné la lecture mais l'auteur n'a pas fait dans les longueurs, il va droit à l'essentiel.
Si seulement il avait inclus aussi un peu de la folie de ses livres précédents, ces situations "cliché" seraient passées comme une lettre à la poste. Mais voilà ... je trouve que ce n'était pas assez déjanté pour détrôner "Le livre sans nom" et les suivants !

Le tueur est doué et astucieux et on devine vers la moitié du livre qu'il est loin d'être fou. Il est aussi très énigmatique puisque l'auteur n'en parle qu'au travers de ses agissements et des indices que relèvent les enquêteurs. L'Iroquois se borne à découper un tas de gens en rondelles, mais il suit un chemin bien défini ...
Les situations et les pistes de l'enquête se précipitent bien, là l'auteur s'est donné la peine de ne pas nous laisser nous endormir.
Il nous délivre des surprises et des rebondissements auxquels je ne m'attendais pas, du moins pour quelques uns. Quand à l'enquêteur Munson, il est tout à fait crédible dans son rôle et il va nous amener au dénouement avec une logique parfaite.
Par contre il manque le visuel, vous savez ... cette ambiance, cette description des lieux qui nous font mieux nous imaginer le terrain sur lequel on évolue. Dommage !

L'épilogue est un peu (un tout petit peu seulement) surprenant et laisse présager qu'il y aurait peut être une suite. Ceci n'est qu'une opinion toute personnelle.
Ce dernier roman de l'auteur Anonyme est un bon tourne-pages ... mais sans grande valeur d'écriture.
Ça se laisse lire mais ne laisse pas la trace que m'a laissé le Bourbon Kid. (Même si le Bourbon Kid n'avait pas beaucoup de valeur dans l'écriture non plus, mais il avait le mérite d'être très surprenant et fort déjanté).

Conclusion : mon avis est mitigé. Ni très bon ni très mauvais ... mais qui devrait plaire à beaucoup d'autres lecteurs.
Fabe

jeudi 10 avril 2014

Le reflet de la salamandre - Philippe Boizart

166 pages Éditions Ex-Aequo  (24 mai 2013) Thriller




Paris, 5ème arrondissement. Une jeune femme est retrouvée atrocement mutilée dans un terrain vague le long de l’autoroute. Les sévices qui lui ont été infligés n’augurent rien de bon quant à la folie des meurtriers. Pour Camille, dont la vie privée va se retrouver intimement liée à cette affaire, et Mathias, enquêteurs au 36, Quai des Orfèvres, c’est le début d’une course effrénée contre la mort qui va éprouver toutes leurs convictions. Tour à tour chasseurs ou gibiers, les deux officiers accompagnés de Sophie, leur amie médecin légiste, vont vivre une traque infernale et bouleversante.






Mon avis :

Entre deux lectures fortes, noires et franchement excellentes, un peu de lecture plus légère avec ce thriller m'était nécessaire.
(Et là je me rends compte que pour moi, la lecture d'un thriller, c'est léger ... oups)
Le reflet de la salamandre  est un thriller court et bien structuré. Le sujet n'est pas exceptionnel, maintes fois abordé,  mais l'écriture est fluide et va droit au but.

Camille Doussey, commandant au 36 quai des orfèvres est appelée sur les lieux d'un meurtre extrêmement violent. Elle est accompagnée par Mathias, son binôme et ami dans la vie.
Après avoir passé la nuit avec Alex, un beau gars rencontré la veille, Camille est au mieux de sa forme, mais est loin de se douter de ce qui l'attend sur l'enquête qui démarre avec la découverte du corps d'une jeune femme assassinée.

La victime a été rouée de coups, violée et tailladée un grand nombre de fois. Comme si cela ne suffisait pas, le tueur a emporté son scalp !

Sur les lieux du crime, rien, pas un indice, pas une trace, pas d'empreinte. Si ce n'est un briquet ; Un zippo avec comme dessin une salamandre et le chiffre 1.

Camille manque de défaillir, ce briquet elle l'a vu cette nuit, dans les mains d'Alex. Et ce briquet est assez exceptionnel pour ne pas être fabriqué en série. Cette même nuit elle s'en était fait la réflexion.

Le tueur, pour une raison que l'on découvre au fil de l'histoire continue son œuvre, des meurtres vont encore être découverts. Des femmes, dont le tueur emmène à chaque fois le scalp !
Et comme Camille et son équipe ne connaisse pas son identité,  ils l’appelleront, Cochise ! Et pourquoi pas ?

L'histoire se déroule vite, la chronologie des faits est bien respectée.  C'est un thriller qui se lit d'une traite avec plaisir.

Si la fin ne m'a pas étonnée ni éblouie j'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre !

Alors ... envie d'un moment de détente sans se casser la tête ?
Allez-y avec Le reflet de la salamandre !

Fabe

L'auteur :
Philippe Boizart est né en février 1973. Il est Ingénieur Territorial en voirie et espaces publics au sein de Lille Métropole Communauté Urbaine. Passionné de littérature et de poésie voici son premier thriller. Il partage son affection pour les livres avec celle qu’il cultive pour le 7ème Art depuis l’enfance.

vendredi 14 mars 2014

Mais c'est à toi que je pense - Gary A. Braunbeck

Éditeur : Bragelonne; Édition : 1 (24 novembre 2010)  360 pages thriller





Pour Thomas, Arnold, Rebecca et Christopher, c'est la fin du supplice. Ils viennent d'échapper à leur tortionnaire, un tueur en série pédophile qui les séquestrait depuis des années. Mais une nouvelle épreuve les attend: et si on les avait oubliés? et si on ne les aimait plus? Horriblement défigurés et mutilés, ils ont besoin d'un adulte pour les ramener à leurs parents, que certains n'ont pas vus depuis dix ans... et ils ont choisi Mark.








Mon avis :
Waouh ... je sors de cette lecture complètement essorée, cette histoire m'a extirpé toutes mes émotions. De même qu'elle m'en a gavé du début à la fin.
Je m'arrête ?
Je ne vous explique plus rien ?
Ben oui, dans les avis on est parfois trop long !
Je voudrais faire passer le message à tous ceux qui aiment les romans noir, si ils lisent Ce Livre ils en auront non seulement pour leur argent mais ils auront toutes les émotions attendues dans ce style de lecture.
D'après la fiche-auteur de Braunbeck " ce roman est reconnu comme son chef-d'œuvre". Je ne connaissais pas l'auteur mais il est un fait que comme chef-d'œuvre il se pose un peu là, et pas qu'un peu d'ailleurs !
Classé comme thriller je dirais sans hésitation que c'est un roman noir, très noir ! Gary Braunbeck a même su y inclure une dosette d'humour pour nous faire ingurgiter cette histoire de dingue.

Tout commence très vite dès les premières pages, Mark, pour une bête blague d'adolescent, pète un câble et démoli un jeune blanc-bec jusqu'à l'envoyer à l'hosto. Le motif de cette rage n'étant pas à ce point aussi "terrible" que ça pour se mettre dans une telle colère, sa femme lui demande alors de s'expliquer.
Et c'est ce qu'il commence à faire ...
À partir de là mes amis, accrochez-vous à ce que vous pouvez car le récit que Mark va faire est d'une telle violence, d'une telle noirceur, que vous pourriez bien être choqués, ébranlés au plus profond de votre petite tête.

D'une façon que vous découvrirez par vous même, Mark va faire connaissance avec Thomas, Arnold, Rebecca et Christopher, des enfants venant d'échapper à leur tortionnaire. Vous vous trouverez plongés dans un huis-clos dont l'angoisse et l'indescriptible monte crescendo pages après pages.
Torturés, violés, défigurés par un tueur en série pédophile ces enfants mettent leur "retour à la vie" dans les mains de Mark.
Mais ... comment aboutir à cette transition ?

L'auteur, comme je vous le disais plus haut a su mettre un peu d'humour (bien nécessaire) dans les dialogues et l'ambiance où évoluent les personnages sans jamais tomber dans le ridicule ou dans l'excès. Un savant dosage pour notre plus grand plaisir.

Quelle réussite que ce livre ! Aucune longueur, un suspense maintenu à toutes les pages et une fin tout aussi réussie. Une réussite qui nous fera passer sur une écriture peut-être un peu dispersée.

Voila j'ai décidé de ne pas être longue, je vous envoie ça "à chaud" encore vidée et emplie à la fois ...

Et si vous en avez les tripes, lisez ce livre !
Fabe

Je regardai le téléphone dans ma main comme s’il s’agissait d’un petit animal mort ramassé quelque part sur la route. Dans moins d’une minute, j’allais composer un numéro en espérant que quelqu’un, à l’autre bout du fil, décrocherait. Si je déviais un tant soit peu de ce que l’on m’avait ordonné de dire, si je m’égarais même légèrement hors contexte, si je laissais entendre qu’on me forçait à agir de la sorte, le jeune homme au pistolet appuierait sur la gâchette et mon torse s’ouvrirait comme une fleur macabre.


L'auteur fait aimer ce morceau de musique à Mark :
(chacun ses goûts)


Né en 1960 à Newark (Ohio), Gary A. Braunbeck est l'auteur prolifique d'une dizaine de romans et de plus de deux cents nouvelles qui lui ont valu de remporter plusieurs fois le prestigieux Bram Stoker Award. Il a été traduit en japonais, français, russe, italien et allemand. Ce roman est reconnu comme son chef-d’œuvre.

vendredi 7 mars 2014

Le livre des prophéties - Glenn Cooper

Format ePub -Traduction Caroline Nicolas -Éditeur Le cherche midi -Date de parution 13/02/2014
Collection     Policier Thriller


Série Will Piper (III)

Après le succès du Livre des morts et du Livre des âmes, la nouvelle aventure de Will Piper.1297. Depuis plus de cinq siècles, dans les catacombes d'un monastère de l'île de Wight, des générations de scribes se livrent inlassablement à une mystérieuse activité d'écriture. Des milliers de manuscrits s'accumulent dans la bibliothèque jusqu'au jour où tous les rédacteurs sont retrouvés morts.2009. Will Piper, agent au FBI, découvre que les manuscrits ont été conservés dans une base secrète du désert du Nevada, la zone 51. Ceux-ci contiennent des prophéties d'un genre très particulier, la dernière d'entre elles concernant le 9 février 2027, date de « La fin des temps ».2026. À quelques mois de la date fatidique, Will Piper va devoir faire toute la lumière sur les secrets des manuscrits. Quelle est leur origine ? Pourquoi ont-ils été gardés dans l'ombre si longtemps, et par qui ? Qu'est-il vraiment arrivé aux scribes qui les ont rédigés ? Enfin, que doit-il se passer exactement le 9 février 2027 ?
Après La Prophétie des papes, Glenn Cooper retrouve Will Piper, lancé dans une palpitante course contre la montre pour résoudre les mystères des manuscrits de l'île de Wight... avant qu'il ne soit trop tard.

Mon avis :
Après avoir lu "Le livre des morts" & "Le livre des âmes" on pensait Will Piper continuant son petit bonhomme de chemin jusqu'à la date fatidique du 9 février 2027.
Et c'est bien ce qu'il fait ...  Will va à présent sur la soixantaine et passe son temps entre sa famille et la pêche.
Jusqu'au jour où il est obligé de reprendre le collier, on est à 394 jours du 9 février 2027 et même en étant A.D.H il reste quand même très peu de temps avant "la fin des temps" ou pas ...
ADH = au delà de l'horizon.

Glenn Cooper est un auteur talentueux, pour résumer les deux livres précédents il fait écrire, au début de l'histoire, une rédaction à Philip Piper le fils de Will. Cela permet aux lecteurs de soit commencer par celui-ci soit se rafraîchir un peu la mémoire sur les deux tomes précédents. Belle astuce autant en documentation que vis-à-vis du lien qui unit Philip à son père.
C'est un livre et une histoire qui tient admirablement bien la route. Une écriture addictive, pas de temps mort !
L'auteur flirte avec la sf et le mystérieux avec grand talent.
Et Will Piper flirte toujours autant avec les jolies filles, faut dire que Will même avec la soixantaine qui approche est toujours aussi séduisant.
(Ouep .. pas pu m'empêcher de vous dire mon admiration toute féminine devant le beau Will)

Le côté suspense est tout aussi remarquable que le sujet de l'histoire. Tout y est, le mystère, l'action, la testostérone et l'amour aussi.
Pas trop friande des séries mais ne détestant pas ça non plus, je ne me suis pas lassée de ce troisième livre des aventures de Will Piper, de cette fin du monde annoncée pour le 9 février 2027 ... bien au contraire j'ai été enthousiasmée du début à la fin.

C'est une course effrénée vers la vérité et le dénouement qui se joue tout au long du récit.
Glenn Cooper a réussi un beau défi avec cette histoire, un 10/10 pour ma part.

Alors ... si vous voulez savoir ce qu'il se passera le 9 février 2027 vous savez ce qu'il vous reste à faire n'est-ce pas !

Un livre que je conseille ? OUI OUI ET OUI !!!
Fabe

dimanche 9 février 2014

Scintillation - John Burnside

Edition Métailié – 25 Août 2011 – 288 pages – Catégorie : Thrillers

 Les chroniques de MarcSupilami


Résumé :

Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d’enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d’enfer contemporain. Année après année, dans l’indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs. Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d’espoir et de passion, il aime les livres et les filles.





Une vieille femme m’a arrêté une fois que j’avais pris la West Side Road en direction de la plage. Elle était en voiture et s’est rangée juste à côté de moi pour me demander si je voulais faire un petit tour. Je ne l’avais jamais vue, ni elle ni sa voiture, chose surprenante étant donné qu’on ne croise guère de touristes sur la West Side Road. Je lui ai donc demandé ce qu’elle entendait par là et elle a répondu qu’elle me donnerait un billet de dix si je la laissais me sucer. Franchement, je ne savais pas trop. Elle était plutôt vieille, et pas belle du tout ; d’ailleurs elle avait davantage l’air d’un mec que d’une femme, avec des tonnes de maquillage et du rouge à lèvres foncé. Mais bon, je me suis dis que dix livres c’est dix livres. Alors je suis monté dans la voiture et elle m’a conduit jusqu’à la plage, où j’allais de toute façon. Ça n’a pas duré très longtemps, et elle a eu l’air assez contente. Elle m’a dit que j’étais un gentil garçon et elle m’a donné les dix livres.

L'avis de MarcSupilami :
Ancien veilleur de nuit, John MORRISON n'a vraiment rien d'un policier. Peureux, indécis, timide, ne sachant pas prendre ses responsabilités, il a pourtant été parachuté agent de police de l'Extraville après le décès de son prédécesseur.
Comme sa femme Alice passe ses journées à picoler, regarder la télé et dormir, son principal plaisir consiste à cultiver un lopin de terre perdu au beau milieu de la forêt empoisonnée et caché de la vue des voyous de l'Intraville (Vous l'aurez deviné, l'auteur a préféré donner un nom poétique à ce que nous appelons habituellement "les quartiers riches" et "la zone").

Morrison pensant que son rôle se cantonnerait à être un simple vigile en uniforme au sein de la population va vite déchanter. Les problèmes ne tardent pas à se présenter.
L'Intraville semble atteinte d'un mal étrange.

Les jeunes disparaissent les uns après les autres, sans laisser de trace. Les partisans de la version optimiste pensent qu'ils sont tout simplement partis tenter leur chance ailleurs. Les adeptes de la version pessimiste croient plutôt à des meurtres crapuleux.
Mais… QUI les a tués ? OU sont les corps ? MORRISON a choisi son camp… celui de se taire. Car il sait, LUI. Il était là lors de la première disparition. Il a tout vu… ou presque ! Il sait… certaines choses ! Mais il ne peut pas parler ! (Mon statut de chroniqueur m'empêche également de vous en dire plus. Eh si !) Mais MORRISON est tenu au silence.
Par QUI ? Et POURQUOI ? (Même commentaire que ci-dessus. Hé, hé, je sais… ça éneeerve ! ) Parmi les jeunes de l'Intraville, un certain Léonard Wilson est persuadé qu'il ne peut s'agir que de crimes ou d'enlèvements et décide de faire sa propre enquête. Atypique lui aussi, Léonard est un solitaire qui plutôt que de traîner dans les rues avec les autres enfants de l'Intraville préfère se rendre à la bibliothèque de l'Extraville pour y emprunter des livres de Marcel Proust et Herman Melville. Ses pérégrinations vous feront découvrir des lieux et des personnages étranges tels que : - La mystérieuse usine chimique désaffectée qui trône au milieu d'une zone abandonnée - La bande à Jimmy qui entraîne Léonard dans une chasse un peu spéciale au milieu des décombres - La petite Eddie (elle a tapé dans l'œil de Léonard) qui a attrapé un monstre lunaire - L'étrange homme papillon et ses mixtures planantes, dont le rôle est… euh… et bien… comment dire ??
Bon allez… je sors un nouveau joker du chroniqueur ! - Une machine inconnue qui permet d'ouvrir une porte ! Mais une porte qui donne sur quoi ?? (Eh oui les amis ! Encore un joker ! Je sais, ça fait beaucoup, mais c'est moi qui chronique donc c'est moi qui décide où je les place. Na ! )

Je vous fais grâce des nombreuses galipettes qui émaillent les aventures du jeune homme. Sans doute est ce là ce que l'on appelle "le repos du guerrier" (Là je n'utilise pas de joker, vous savez que je ne m'étale jamais de trop sur ces sujets là !)

John BURNSIDE est également un maître des envolées littéraires, souvent moralisatrices, ainsi que des phrases à rallonge jalonnées par une vingtaine de virgules. (Si vous faites de la lecture à haute voix pour une personne mal voyante, n'oubliez pas de prendre votre souffle après chaque point. J'ai essayé, ce n'est pas évident du tout, d'autant que l'on ne sait jamais à l'avance si l'on va tomber sur une phrase fleuve !) Un roman qui démarre doucement mais qui s'emballe dès que le décor est planté. Le suspens va crescendo et le fin mot de l'histoire n'est connu que dans les toutes dernières pages du livre. Une fin totalement inattendue, qui m'a néanmoins laissé un peu… perplexe ! Un livre hautement conseillé à mes amis lecteurs. Un bon moment à passer avec une superbe histoire qui sort des sentiers battus.
Marc Supilami

lundi 20 janvier 2014

Vengeance Road - Rick Mofina

Éditeur : Éditions Harlequin (12 mars 2013)Collection : MOSAIC   325pages (numérique)

Un meurtre barbare. Une disparition angoissante. Un policier au-dessus de tout soupçon. Et un journaliste lancé dans une quête effrénée de la vérité…Quand le corps d’une prostituée est retrouvé à moitié enterré dans le bois d’Ellicott Creek, non loin de Buffalo, Jack Gannon devine aussitôt que cette affaire pourrait donner à sa carrière de journaliste le sérieux coup de pouce dont elle a besoin : s’il parvient à obtenir des informations exclusives, peut-être pourra-t-il décrocher le poste dont il rêve dans un grand quotidien new-yorkais ? Son intérêt pour le meurtre d’Ellicott Creek grandit encore lorsqu’il apprend qu’une des amies de la victime, une ancienne prostituée, vient de disparaître sans laisser de traces. Dès lors, Jack en est sûr : les deux affaires sont liées. Et le tueur va de nouveau frapper.Très vite, son enquête s’oriente vers Karl Styebeck, un inspecteur respecté et apprécié de tous, mais qui semble avoir des liens avec les deux victimes. Persuadé que les policiers se refuseront à mettre en cause un des leurs, Jack décide alors de tout faire pour révéler au grand jour les secrets sombres et inavouables de cet homme apparemment au-dessus de tout soupçon. Sans se douter qu’il va ainsi mettre en jeu bien plus que sa carrière, et entamer une terrifiante descente aux enfers…

Mon avis :
Un livre policier sorti tout droit de chez Harlequin avait de quoi me faire peur.
Harlequin pour moi c'est gnangnan et Cie.
Mais apparemment cette collection Mosaic est d'une autre trempe. Vengeance Road pourrait très bien se situer parmi les éditions classiques de polars.

Un journaliste Jack Gannon, doué et acharné va mettre au jour les sombres secrets d'un policier admiré par les uns et les autres et se casser les dents sur une enquête qu'il devra, bien malgré lui, effectuer quasiment seul.
Une jeune prostituée assassinée avec sauvagerie est découverte dans un parc, le crime apparait être "rituel". C'est Gannon qui couvre le crime et assez vite trouve des liens cohérents.
C'est un polar bien écrit, bien documenté et qui donne un ordre chronologique des faits presque parfait. Car l'histoire se déroule à trois époques différentes sur trois générations.
Les personnages ont un caractère bien précis, l'auteur a su nous le faire comprendre en quelques phrases par-ci par-là. On se sent tout de suite à l'aise avec la trame et le déroulement de l'enquête.
Il n'y a pas de fin abrupte de chapitres par ce que l'auteur ne sait plus comment rebondir.
Il y a bien quelques fins de chapitres cassants mais c'est calculé, de ceux qui n'en dévoilent pas trop, mais nous laissent des doutes.
C'est aussi un road movie comme le dévoile le titre, une enquête qui voyage à travers les États-Unis, de celles qui ballade les inspecteurs et Jack Gannon.
Si le "Qui tue ?" est prévisible sans être dissimulé par l'auteur, les surprises sont nombreuses et découlent d'une logique ... enfin, la logique criminelle !
Et puis il y a l'intrigue, qui même utilisée de nombreuses fois par des auteurs de polars est très bien écrite et nous happe tout au long du récit.
Un suspense qui prend aux tripes et des situations bien stressantes sont bien présents et là aussi Rick Mofina s'en sort à merveille.
L'épilogue, même si on sait d'avance qui et pourquoi est admirablement bouclé.
Je ne vous en raconterai pas trop ... lisez-le !

Un murmure parcourut le groupe de journalistes. Tout le monde prit fébrilement des notes.
Un camion bleu ? Ça, c’était du nouveau.
— Merci, Dave, dit Parson. A présent, nous acceptons de répondre à quelques questions. Oui, Cathy, de l’Observer, je vous écoute.
— Avez-vous d’autres détails au sujet de ce camion bleu ?
— Nous pensons que le conducteur a rencontré Bernice Hogan peu avant sa mort. Mais nous n’avons à ce jour aucune description de l’homme ; et pour le camion, comme vous pouvez le constater, ça reste vague. C’est pourquoi nous lançons un appel à témoin.

Une découverte qui m'a séduite à 100% et que je vous conseille de lire.
Peut-être que cette collection nous réserve d'autres talents ....
Harlequin ... qui l'eût cru. 
Que lis-tu Fabe ? - Un Harlequin.
J'en ris encore....
Fabe

mardi 17 décembre 2013

Sous la surface - Martin Michaud

Date de parution : octobre 2013 GOÉLETTE - Thriller


On a tous quelque chose à cacher...On peut n'être que témoin de son existence, mais parfois les gestes que l'on pose nous ramènent des années plus tard à l'origine des choses. Et quand on a tout perdu, même le nom de celui qu'on a aimé a une drôle de consonance. La vie n'est pas un conte de fées, mais laissez-moi quand même vous raconter...Ainsi s'ouvre ce thriller d'une puissance et d'une virtuosité exceptionnelles, dans lequel Martin Michaud nous entraîne dans le Massachusetts. La veille du Super Tuesday, jour crucial des élections primaires américaines, l'écrivaine et ancienne top-modèle Leah Hammett débarque à Lowell avec son mari, Patrick Adams, candidat favori à l'investiture démocrate. Vingt-cinq ans après avoir quitté sa ville natale sans jamais y revenir, Leah voit son passé ressurgir avec violence, une violence aussi forte que les espérances qu'il suscite.Commence alors un jeu de miroir où les apparences tissent une toile complexe qui dissimule une vérité oppressante et noire. Drames, histoires d'amour tragiques et trahisons deviennent l'épicentre d'un ouragan, celui qui dévaste l'existence de chaque personnage et remue, sous la surface, les arcanes du pouvoir, à Washington.

Mon avis :
Martin Michaud sort de ses enquêtes de Victor Lessard pour nous livrer ici un thriller politique qui, non d'une pipe, est encore une fois une belle réussite !
Leah Hammett est jeune belle et intelligente, elle est amoureuse de Chase qui lui aussi est fou amoureux d'elle. Ils sont heureux !
Ils sont jeunes et heureux jusqu'au jour où, enlacés au-dessus d'un pont sur la rivière, ils ne se doutent pas  un seul instant qu' ils ne se verront plus jamais.
C'est leur dernier moment heureux d'insouciance et de bonheur.
Je ne vous livrerai pas ce qu' il arrive à ce moment là ! D'abord parce que je ne vais pas vous dévoiler l'intrigue et puis parce que l'auteur nous distribue les clés tout au long de l'histoire.


Dans ses 3 livres précédents Martin Michaud nous a familiarisé avec Montréal et des dialogues québécois fort plaisants.
Ici, rien de tout ça ! L'histoire se passe dans le Massachusetts avec une course aux élections primaires hyper réaliste.
L'auteur, on le sent tout au long de l'histoire, a pris grand soin de la documentation adéquate et aussi de cette ambiance caractéristique qui règne aux États-Unis.
On est transportés dans cette ambiance, on la vit avec beaucoup de réalisme et au rythme frénétique qui colle à cette période électorale.
Ça c'est le côté politique de l'histoire ...


Parallèlement il y a l'histoire de Leah Hammett qui se retrouve au milieu de la guerre que s'opposent les partis.
Mariée à Patrick Adams elle se voue toute entière à cette campagne, ayant la plume facile puisque romancière à succès, elle fait de son mieux pour contribuer à l'élection de Patrick.
Mais elle va être confrontée au passé. Un passé tellement douloureux et encore pleins de points d'interrogations.
Malgré le poids et ses obligations en tant qu'épouse du futur élu, Leah va vouloir aller au fond des choses, elle doit savoir !
Elle va se retrouver piégée dans un imbroglio politique qui la touche au plus profond de son être.
Dans ce livre les rebondissements sont nombreux, bien imaginés et bien structurés. L'auteur nous garde dans l'histoire, celle-ci est tellement bien écrite que c'est d'une lecture sans escales que le lecteur l'aborde.
Pas envie de passer à autre chose.


Tout est soigné ! "Sous la surface" est écrit en profondeur !  (Jeu de mot facile mais tellement vrai).
Que ce soit au niveau politique ou bien de l'intrigue, ce livre est une superbe réussite.
Les situations de dangers sont bien angoissantes, comme on aime dans les thrillers !
Le dénouement se déroule à chaque chapitre avec un suspense grandissant. Ce qui est très agréable aussi c'est que les rebondissements finals sont dosés à juste mesure.
Michaud n'en fait pas trop ! Quand à l'épilogue ... c'est une surprise de plus !
Un livre bien écrit, bien fini. Où on ne se pose pas la question : "y aura-t-il une suite ?"
Non ! La boucle est bouclée !

Chapeau bas Monsieur Michaud

 – Est-ce qu’il y a un bon ou un mauvais moment pour dire à sa femme qu’on l’aime ?

        Mes démons dansent la nuit, quand tout le monde dort. Ils me torturent, me tiennent éveillée, l’anxiété m’étouffe et tout paraît lugubre. La chambre était plongée dans l’obscurité et, malgré les somnifères que j’avais avalés, je n’arrivais pas à trouver le sommeil. J’ai enlevé les bouchons de mes oreilles. Je dors systématiquement avec depuis l’adolescence. Ils créent une bulle où je me sens en sécurité, un rempart contre le monde extérieur. J’ai regardé Patrick un instant. J’ai écouté le bruit de sa respiration. Sa cage thoracique se soulevait à intervalles réguliers. Quand le sommeil m’évite, je peux rester des heures ainsi à le fixer.

        Et, chaque fois, la même question me hante : la vie est-elle un miracle ou une malédiction ?

Un livre que je conseille ? Ah ben OUI alors !
Du même auteur : Il ne faut pas parler dans l'ascenseur - La chorale du diable - Je me souviens

mercredi 11 décembre 2013

La cicatrice du diable - Laurent Scalese


Paris, de nos jours. Un scénariste se défenestre du bureau de Cécilia Rhodes, une célèbre productrice.
Chargé de l'enquête, le commissaire Milot ne croit pas à la thèse du suicide et établit un parallèle avec la mort de Lucie Drax, une autre jeune scénariste employée par Cécilia trente ans plus tôt.
L'affaire semble étrangement liée à l'histoire personnelle de Milot. Autour de cette femme prête à tout pour parvenir à ses fins gravitent un assistant fou amoureux, un mari richissime et un scénariste raté qu'elle exploite.
Des pantins qui ne tarderont pas à vouloir jouer leur propre rôle... Découvrant une femme impitoyable, le commissaire n'hésitera pas à faire saigner une ancienne et effroyable blessure : la cicatrice du diable.




Mon avis :
Au plus noir c'est ... au mieux j'aime.
Ce polar se veut noir, noir par son ambiance et la personnalité de tous les acteurs.
Cécilia Rhodes est la productrice diabolique décrite comme la méchante reine de Walt Disney dans Blanche Neige, sauf que Disney est plus doué que Scalese et qu'ici Blanche Neige ne sévit pas.
Cette productrice qui affiche sa cicatrice tantôt comme un talisman, tantôt un pentacle sexuel est la femme que tout le monde déteste, nous y compris.
Mais à part ça, Cécilia n'est rien. Du coup, pas difficile de la détester.
Ce livre m'a parut très long dans les premières parties, long et sans profondeurs aucunes.
Tout est survolé, formaté, fermé. Comment dire ... ? Les personnages sont quasiment tous des mauvais, inutile de vouloir sortir de là et de laisser travailler notre "imagination". Nous sommes guidés sur des faits et le reste n'existe pas.
De très courts chapitres (scènes) nous présentent à chaque fois une monstruosité de plus de la part de Cécilia, Milot (le flic toxico), Kino (amoureux fou de Cécilia), ou de l'écrivain bafoué, Charly Kessel.

On a l'impression que l'auteur a voulu mettre tous les ingrédients d'un polar noir dans une simple liste de faits sordides.
Comme une liste de courses. Du sexe - sous catégories : envies, excitation,  masturbation, violence et viol. Même un porno fait mieux !

L'auteur nous place un ingrédient de chaque sorte et la liste est remplie, point !
La violence dans ce livre il y en a, il n'y a d'ailleurs que ça. La violence dont sont capables les acteurs de l'histoire, car il est bien question d'acteurs puisque l'auteur nous écrit des scènes en place de chapitres et que du point de vue du lecteur il ne nous laisse aucune latitude pour explorer plus en profondeur et placer notre imagination.


Donc, .. que disais-je ?? Oui ;  Sexe et violence. Violence souvent gratuite et non explicable.
La scène du chat !!!

Oui ! Kessel tue son chat ! juste pour voir l'effet que cela procure ... par désespoir d'être abandonné par sa femme et aussi arnaqué par l'immonde scénariste Cécilia Rodhes.
Vous me direz que le meurtre d'un chat dans un polar est minime, on en a vu d'autre ... ben oui, mais ici ce n'est pas le cas ! C'est odieux et dérangeant !
Rien ne nous prépare à cet acte ; et à la lecture, c'est juste à vomir car cette scène n'est pas "naturelle", ce passage était dans la liste des horreurs à écrire.
Encore un ingrédient de placé par l'auteur et .... débrouille-toi avec ça!
À cet instant le livre à failli passer à la trappe et être abandonné comme un vulgaire crachat ! Oui, et je n'exagère pas !


Question sexe, une scène de viol complètement incompréhensible car tellement loufoque et inachevée.
La méchante Cécila qui se fait violer par des ouvriers, thermos et bleu de travail, sur une route de campagne est complètement IRRÉALISTE. Pourtant cette scène est capitale dans la compréhension du caractère diabolique de l'actrice principale, l'horrible Cécilia !
Non mais ... des ouvriers qui rentrent du boulot et qui attaquent à coup de Molotov ... quoi de plus naturel !  À mourir de rire !
J'aurais voulu plus de détails et d'autres violeurs pour pouvoir aborder le dernier tiers du livre.
La fin est à rebondissements répétitifs. Ben oui, c'est dans la liste des ingrédients à placer ...
Et l'épilogue est dans la même veine que le reste. On rebondit de clichés en clichés !


En conclusion : Tout est donné dans ce polar, tous les horreurs nécessaires. Mais c'est livré comme ça ... brut, sans l'emballage.
Débrouille-toi avec et si ça dégouline tant pis !


Pourtant, dernièrement j'avais lu "L'encre et le sang", écriture à 4 mains avec Franck Thilliez et c'est un livre que j'ai beaucoup apprécié.
De ce fait j'ai voulu explorer l'écriture de Laurent Scalese.
Ben ... c'est chose faite !
La cicatrice du diable ne m'en aura laissé aucunes (de cicatrices) sauf peut-être un léger eczéma.

Fabe

dimanche 8 décembre 2013

Le contrat Magellan - Jean-François Thiery

La peur s’insinue, poisseuse, glaçante... Elle rampe avec lenteur, mais ses attaques sont fulgurantes.
Son triomphe est sournois, et si proche. Il a l’odeur de la poudre, le goût du sang, l’humidité de la sueur. Le hasard en est exclu.
Dans le secret des bureaux lambrissés, des hommes puissants guettent. Leur rêve a un nom, « I.R.A. », et leur cauchemar va prendre un visage, celui de Suzana Magellan.Cette informaticienne est très appréciée au sein de XOX Consulting pour sa gestion efficace de projets industriels, et… ses suppressions élégantes de cibles humaines. Dans ce milieu élitiste, l’échec n’est pas une option.
La prédatrice peut rapidement devenir une proie, surtout quand le soupçonneux lieutenant Garfield croise son chemin.Menacée de toute part, hantée par les démons de son passé, Suzana Magellan va devoir se cacher, fuir, combattre, et… apprendre. Les réponses seront-elles synonymes d’apaisement ?À la suite de « eXpert Consulting », l’auteur nous conduit dans une nouvelle aventure de son héroïne tueuse à gages. Avec un subtil mélange de gravité et d’humour, il nous entraîne dans une course effrénée au cœur des lieux de pouvoirs, là où la peur s’incarne sous des formes étranges.
Lorsque vous sortirez de ces pages, vous fuirez devant les sourires commerciaux de ceux qui vous diront, « votre cible est notre cible ».
Réflexe souvent salutaire, mais parfois inutile.
Alors… tenté par l’aventure ?

Mon avis :
"eXpert Consulting", le livre précédent d'une quarantaine de pages qui est une "mise en bouche"  de celui-ci m'a énormément attirée et j'attendais avec impatience "Le contrat Magellan". 
Ce livre qui allait m'en apprendre bien d'avantage sur Suzana Magellan et son implication au sein de l'entreprise  pour laquelle elle travaille, à savoir :  XoX Consulting.

Sans en dévoiler plus que nécessaire, Suzanne est employée par la société pour effectuer des missions de divers niveaux.
De l'infiltration d'une entreprise pour diverses raisons jusqu'à la mission "ruban noir" qui consiste en l'élimination d'un ou plusieurs individus désignés par son contrat.
Suzana est forte et fragile à la fois, douée pour son "métier" et tenace.
La mission sur laquelle elle travaille est compliquée, le succès de cette mission est une succession de tiroirs cachés, imbriqués qui met en cause plusieurs personnalités du monde politique mais aussi des membres de sa hiérarchie.
Mission délicate et pas très claire pour Suzana ! Mais c'est sans compter sur son professionnalisme, son esprit vif et combatif.


Ce livre m'a un peu déçue, à trop attendre sa sortie j'en espérais sans doute trop  ...
un parcours sans fautes !
On ne s'y retrouve pas bien "dans le temps", je me suis sentie un peu baladée les yeux bandés.
Si l'histoire est très bien pensée et les ingrédients du suspense distillé avec "la peur" au tournant, j'y ai éprouvé un manque de profondeur, une incohérence latente où il est difficile de poser le doigt. Difficile car l'auteur est quand même doué pour, à chaque chapitres, nous intéresser à une autre facette de l'histoire.
Et puis je dois être bête voire distraite ou dispersée mais il y a une action essentielle de Suzana que je n'ai toujours pas compris !


Toutefois "Le contrat Magellan" n'a pas fait partie du club de la page 30, la petite série de livre dont je n'ai pas pu dépasser cette page fatidique.
L'écriture de Jean-François Thiery a su garder mon attention dans cette histoire ma foi bien effrayante.
J'ai aimé et attendu le dénouement qui s'est révélé précipité à un rythme soutenu mais encore un peu trop "survolé" à mon goût.
La toute fin présagerait-elle d'une suite ? Seul l'auteur nous le dira !


Autre livre de l'auteur que j'avais vraiment beaucoup aimé : "Léonis Tenebrae" et dont j'ai donné mon avis sur le blog !

Fabe

mercredi 13 novembre 2013

Haut-le-chœur - Gaëlle Perrin-Guillet



Alix Flament, journaliste à Chambéry, travaille sans conviction sur un article relatant les mésaventures sexuelles d’un candidat à l’élection présidentielle française. Six ans plus tôt elle était une spécialiste reconnue des affaires criminelles.  Jusqu’à ce qu’elle publie un livre d’entretiens avec la pire tueuse en série que le pays ait connu depuis le 19ème siècle, ouvrage dont elle ne se remettra pas et qui marquera la fin de sa carrière dans le domaine des faits divers.L’évasion sanglante d’Éloane Frezet redonne vie aux cauchemars qui la hantent depuis ses dialogues hallucinés avec la meurtrière. Mais seule Alix la connaît suffisamment pour tenter d'aider la police à la traquer. C'est sans compter que la meurtrière, loin de se terrer, espère bien tenir sa promesse de terminer l'œuvre mortelle qu'elle a dû interrompre lorsqu’elle se trouvait derrière les barreaux...



— Vous voyez une explication à ça ?
— J’en ai deux. Soit elle a décidé de tout changer, histoire de nous perdre un peu plus en route et de nous faire patauger dans la boue, soit elle a une très bonne raison de faire le ménage comme ça. Mais quand on saura pourquoi…
— Il sera trop tard ? C’est ça ?
Ruiz ne prit pas la peine de répondre. Son regard était assez éloquent.

Mon avis :
Alix Flament est une journaliste qui six ans plus tôt était spécialiste des affaires criminelles, heureuse en ménage elle est mariée depuis longtemps à un médecin légiste.
Elle s'ennuie un peu à écrire des articles sur les frasques sexuelles des politiciens lorsqu'on lui annonce l'évasion d'Éloane Frezet. Éloane, tueuse en série qui s'était confiée à la journaliste avait marqué non seulement sa carrière mais aussi son esprit.
 

La tueuse il est vrai est un phénomène incompréhensible sous un tempérament glacial.
C'est sur l'évasion de Frezet que débute cette histoire, cette traque qui réserve, vous vous en doutez, des cadavres tout au long de sa cavale.
C'est une histoire machiavélique qui a du sens, un tourne-pages mais pas que !

L'ambiance pesante monte en crescendo et on est prit dans la spirale délirante de cette tueuse en série. Alix Flament de par sa connaissance ultérieure de la tueuse va devoir contribuer à l'enquête pour aider les inspecteurs à localiser Frezet.
 

Les diverses situations sont prenantes, on a envie d'en savoir plus et de découvrir la faille pour arrêter cette folie meurtrière.
Cette faille, les lecteurs la découvre en même temps que les protagonistes de l'histoire.
 

Si les ingrédients sont simples l'auteur a su mener les lecteurs dans un suspense bien construit mais qui pour moi n'est pas assez "fouillé".
Ce n'est pas une critique uniquement négative ... cela a permis de ne pas s'éterniser, de ne pas tirer en longueur ! Mais quelques "scènes" auraient pu être plus détaillées.

Seul bémol : au tout début du livre une situation y est décrite de manière très peu convaincante et quelque peu "cliché", dans les prisons françaises ....Mais ce n'est qu'un tout petit couac bien vite oublié dans le feu de l'action qu'est la suite de l'histoire.

Malgré cette toute petite critique je fais confiance à Gaëlle Perrin-Guillet pour ses prochains livres. J'ai bien apprécié cette lecture et j'ai passé un bon moment.
Je dis ceci sans complaisance aucune pour cette nouvelle auteur (j'ai horreur du mot auteure).
Haut-le-cœur, un livre que je conseille : - Oui !  Absolument ! Et une auteur à suivre ...


Fabe



Gaëlle Perrin-Guillet
Haut-le-coeur
Rouge-sang éditions