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mardi 7 avril 2026

Les anges de New-York - R.J Ellory

 2012 - 560 pages



Résumé :

Frank Parish, inspecteur au NYPD, a des difficultés relationnelles. Avec sa femme, avec sa fille, avec sa hiérarchie. C'est un homme perdu, qui n'a jamais vraiment résolu ses problèmes avec son père, mort assassiné en 1992 après avoir été une figure légendaire des Anges de New York, ces flics d'élite qui, dans les années quatre-vingt, ont nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Alors qu'il vient de perdre son partenaire et qu'il est l'objet d'une enquête des affaires internes, Frank s'obstine, au prix de sa carrière et de son équilibre mental, à creuser une affaire apparemment banale, la mort d'une adolescente. Persuadé que celle-ci a été la victime d'un tueur en série qui sévit dans l'ombre depuis longtemps, il essaie obstinément de trouver un lien entre plusieurs meurtres irrésolus. Mais, ayant perdu la confiance de tous, son entêtement ne fait qu'ajouter à un passif déjà lourd.

Contraint de consulter une psychothérapeute, Frank va lui livrer l'histoire de son père et des Anges de New York, une histoire bien différente de la légende communément admise. Mais il y a des secrets qui, pour le bien de tous, gagneraient à rester enterrés.


Mon avis :


Grâce à un bloggeur "zami facebookien" Y.Fauth, pour ne pas le nommer, j'ai commencé à lire les romans de Ellory. Grand bien m'en a fallut, je kiffe bien cette écriture, l'histoire, les dialogues . . . bref, je suis emballée 😀

Franck Parish a tout du cliché des romans du genre, il est alcoolique, il voit une psy, il oscille entre le bon et mauvais flic, il rechigne avec l'autorité MAIS il est acharné, obstiné ! Malgré ce fait, l'histoire se tient drôlement bien et il n'est pas une page qui soit ennuyeuse.

Des jeunes filles disparaissent et on les retrouve mortes bien plus tard dans un New-York des années 90, Parish se promet de retrouver ce tueur car il est convaincu que ce sont les faits d'un auteur de meurtres en série, il s'obstine et son entêtement est écrit avec brio, on y est, on vit l'histoire et c'est ce que je demande aux livres auxquels je m'attaque. Un bon roman noir comme je les aime.

Place au suivant, je ne sais pas encore lequel 😉


Le chant du prophète - Paul Lynch

 2025 - 304 pages



Résumé :

À Dublin, un soir de pluie, deux hommes frappent à la porte d'Eilish Stack. Membres d'une toute nouvelle police secrète - le GNSB -, ils demandent à s'entretenir avec son mari, enseignant et syndicaliste, mais celui-ci est absent. Larry se rend au commissariat dès le lendemain, puis disparaît dans des circonstances troublantes.

Tandis que le malaise s'installe peu à peu, Eilish voit son quotidien et celui de ses quatre enfants amputés d'une liberté qu'elle tenait pour acquise. Bientôt l'état d'urgence est déclaré, les rumeurs parlent de camps d'internement...

Prisonnière d'une logique cauchemardesque, jusqu'où devra aller Eilish pour protéger les siens ?


Mon avis :


Une belle découverte.

Une dystopie qui touche de très près la période actuelle se déroulant, d'après le peu de renseignements dont on dispose, en Irlande, a Dublin. Mais l'endroit importe peu, cela pourrait aussi bien être ici chez nous, chez vous.

Eilish, cette femme dont le mari a disparu, sans aucun doute arrêté, se retrouve seule dans le cahos qu'est devenu sa vie, avec ses quatre enfants.

Le roman est principalement raconté à travers les yeux d' Eilish, ses pensées, ses constats et ses actions. Des décisions s'imposent. 

Une belle écriture et une lecture intéressante qui m'a passionné.

Une histoire qui pourrait bien arriver.

je relirai les livres de cet auteur 😉

Salem - Stephen King

 2006 - 620 pages



Résumé :

« Salem est l’un de mes meilleurs romans, l’un des plus effrayants aussi. Alors, éteignez la télévision, et parlons vampires dans la pénombre, je pense pouvoir vous faire croire en leur existence. » Stephen King, juin 2005.

Le Maine, 1970. Ben Mears revient à Salem et s’installe à Marsten House, inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires, vingt-cinq ans auparavant. Mais, très vite, il doit se rendre à l’évidence : il se passe des choses étranges dans cette petite bourgade. Un chien est immolé, un enfant disparaît, et l’horreur s’infiltre, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem.




Mon avis :

Si je ne devais ne choisir qu'un seul livre de Stephen King, ce serait celui-ci !

💖

Je n'ai pas lu la version de 1975 (deuxième roman édité par S.King) mais la version de 2006, 620 pages (broché) édition augmentée et illustrée.  Dans cette version il y a le roman, puis à la fin de Salem le chapitre Chapelwaitt, ce qu'était Salem's Lot avant 1970 et donc en 1850.

La troisième partie du roman est très intéressante, S King nous livre des extraits originaux qui ne paraissent pas dans Salem, des ajustements et les coupures originales.

Il est intéressant de comparer l'écriture de 1975 avec celle de 2006.

On constate que déjà l'auteur était un MAÎTRE  du genre.

J'ai adoré 💖 et maintenant que vais-je pouvoir lire ? Quel roman va m'emmener aussi loin ?

dimanche 5 avril 2026

Hugues Pagan - le quartier des indigents

 Série Claude Schneider 4/5  

2025 - 512 pages


Résumé :

Dans "Le Carré des indigents", nous retrouvons l’inspecteur principal Claude Schneider, protagoniste récurrent des romans d’Hugues Pagan. Nous sommes dans les années 1970, peu avant la mort de Pompidou et l’accession de Giscard au pouvoir. Schneider est un jeune officier de police judiciaire, il a travaillé à Paris et vient d’être muté dans une ville moyenne de l’est de la France, une ville qu’il connaît bien. Dès sa prise de fonctions, un père éploré vient signaler la disparition de sa fille Betty, une adolescente sérieuse et sans histoires. Elle revenait de la bibliothèque sur son Solex, elle n’est jamais rentrée. Schneider a déjà l’intuition qu’elle est morte. De fait le cadavre de la jeune fille est retrouvé peu après, atrocement mutilé au niveau de la gorge.




Coup d' 💔

Le premier de l'année commence bien 😀


Un roman noir, très noir et superbement bien écrit !


Betty, 15 ans et sans histoires disparaît avec son solex, le père éploré va signaler cette disparition et très vite, le corps de Betty est retrouvé mutilé au niveau de la gorge.

L'inspecteur Schneider fraichement muté dans une petite ville loin de paris se voit confier l'enquête.

Il faut préciser que l'inspecteur est un ancien d'Algérie dans cette époque, en 1973, où entre Pompidou et Giscard, le peuple et les hommes de la classe ouvrière sont marqué par la violence de la guerre et la précarité. Schneider ne fait pas l'exception.

C'est une écriture exceptionnellement riche et fluide car bien qu'il y ait une enquête, le récit tourne autour et en dedans de la psychologie des protagonistes et surtout celle de Schneider. 

Une écriture magnifique qui nous emmènent au plus profond de l'être humain avec une simplicité réaliste.

De ce fait, la résolution de l'enquête, bien qu'importante nous semble parfois secondaire.

Un livre très bien écrit que je recommande vivement aux accros du genre.

Je me rends compte que je n'ai pas suivi assez cet auteur qui pourtant est très intéressant à lire, le dernier et le seul de sa série de l'inspecteur Schneider que j'ai lu était le deuxième sur les 5 : Vaines Recherches. Je vais remédier à cela 😉

Claire Favan - les cicatrices

308 Pages

2020



Résumé :

Centralia, État de Washington. La vie d’Owen Maker est une pénitence. Pour s’acheter la paix, il a renoncé à toute tentative de rébellion.

En attendant le moment où il pourra se réinventer, cet homme pour ainsi dire ordinaire partage avec son ancienne compagne une maison divisée en deux. Il est l’ex patient, le gendre idéal, le vendeur préféré de son beau-père qui lui a créé un poste sur mesure. Un type docile. Enfin, presque. Car, si Owen a renoncé à toute vie sociale, il résiste sur un point : ni le chantage au suicide de Sally ni les scènes qu'elle lui inflige quotidiennement et qui le désignent comme bourreau aux yeux des autres ne le feront revenir sur sa décision de se séparer d’elle.

Mais, alors qu’une éclaircie venait d’illuminer son existence, Owen est vite ramené à sa juste place. Son ADN a été prélevé sur la scène de crime d’un tueur qui sévit en toute impunité dans la région, et ce depuis des années. La police et le FBI sont sur son dos. L’enfer qu’était son quotidien n’est rien à côté de la tempête qu’il s’apprête à affronter.


Mon Avis :

J'ai échafaudé des hypothèses, les nombreux rebondissements étant très denses, je les y ai perdues. 

Scénario machiavélique. 

Deux histoires parallèles qui se rejoignent, un Owen fadasse et des femmes qui disparaissent, une écriture fluide et une narration sans fioritures.

Une auteure que je vais encore lire ;)




mercredi 14 avril 2021

L'ange rouge - François Médéline

Roman noir
La manufacture de livres
Parution le 1/10/2020
506 pages


À la nuit tombée, un radeau entre dans Lyon porté par les eaux noires de la Saône. Sur l’embarcation,  des torches enflammées, une croix de bois, un corps mutilé et orné d’un délicat dessin d’orchidée. Le crucifié de la Sâone, macabre et fantasmatique mise en scène, devient le défi du commandant Alain Dubak et de son équipe de la police criminelle. Six enquêteurs face à l’affaire la plus spectaculaire qu’ait connu la ville, soumis à l’excitation des médias, acculés par leur hiérarchie à trouver des réponses. Vite. S’engage alors une course contre la montre pour stopper un tueur qui les contraindra à aller à l’encontre de toutes les règles et de leurs convictions les plus profondes. Porté par la plume brillante et explosive de François Médéline, L’Ange rouge invite son lecteur à une plongée hallucinée parmi les ombres de la ville et les âmes blessées qui  s’y débattent.





Mon avis :

SRPJ de Lyon : le commandant Dubak appelé avec son équipe sur les lieux d'un crime : un gars est crucifié sur une barque, écorché et peint d'orchidées.
Cela commence directement, pas de détour grandiloquent, pas de phrases longues à n'en plus finir.
C'est le troisième livre que je lis de François Médéline et je commence à m'habituer à son écriture, pour vous le préciser du mieux que je peux, ce sont des phrases très courtes, je suis certaine qu'au nombre de signes dans son texte, le "POINT" doit battre les records. Mais c'est un style, c'est son style et tout compte fait cela fonctionne très bien. Cela donne un rythme soutenu où rien n'est à jeter.

Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos orchidées 😉

Lyon au bord de la Saône, Dubak et son équipe arrivent sur les lieux et c'est le moment de présenter cette équipe : d'abord Mamy, la capitaine Piroli, ex championne de France de boxe (super welter) et maintenant veuve, grosse et voyante à ses heures, c'est un peu le pilier de l'équipe et celle sur qui Alain Dubak compte beaucoup pour le seconder. Elle nourrit l'équipe, elle temporise les excès de Dubak et bouffe des bonbons toute la journée.
Ce crime est horrible et toute l'équipe ainsi que les médias vont être sur le pont H24.

"L'œuvre" peinte sur le corps émasculé et écorché relève du grand art, donc l'enquête va s'engager vers le milieu homosexuel et artistique. Dubak est un flic flic mal dans sa peau avec une enfance et un passé un peu louche, esseulé par la force des choses, abandonné par la femme qu'il aime toujours. Il va conduire cette enquête avec ses doutes, sa logique et ses défauts, il vit au bord de l'abîme de l'alcool, des drogues et de ses faiblesses : tombera-tombera pas ? c'est une question que le lecteur se posera certainement.

Tout les ingrédients d'une bonne enquête sont présents dans ce livre mais aussi cette course aux indices dans Lyon qui fait découvrir ou redécouvrir cette ville sous quasi tous ses aspects. 
Un côté mystiquo-religieux relié à la façon dont le crime est perpétré mais aussi la date à laquelle il a eu lieu (le dimanche des rameaux) est bien présent aussi, sans pour autant en faire des tonnes et un roman du genre car l'auteur reste sans conteste dans le polar.

Tous les personnages du roman ont une identité recherchée et qu'on visualise très bien, très réaliste, chacun d'entre eux a son degré d'importance dans cette histoire. Car il n'y a pas que Dubak et Mamy qui font le taf, les autres membres de l'équipe comme véronique qui est douée dans les recherches, le beur, le black, la psy et les chefs et sous-chefs qui font de ce polar une très bonne enquête menée tambour battant. On en redemande !

Chapitre après chapitre la chronologie des avancées de l'enquête est prenante, les indices et les rebondissements nous font envisager la fin, même s'il nous semble deviner qui est responsable de ces crimes, l'auteur a soigné la dernière partie avec pas mal de surprises. C'est au final un très bon roman où je n'ai rien à redire (c'est rare), chouette écriture, bon rythme et une histoire intéressante.

Je m'arrête ici et vous invite à lire ce polar, car vous êtes là pour ça, non ? 👀
C'est sans doute mon préféré des 3 romans que j'ai lu de François Médéline, fallait que je le dise.

Fabe

Un bruit de couloir dit qu'il y aura peut-être un second tome . . . 
Un lien vers une interview de François Médéline très intéressant sur Le blog du Polar de Velda



jeudi 25 mars 2021

Les incurables - Jon Bassoff

Roman noir
Gallmeister le 5/04/2018
240 pages



1953, quelque part au fin fond de l’Amérique. Le Dr Freeman, neurologue visionnaire mais violemment contesté, est chassé de l’hôpital psychiatrique où il exerce. Il enlève son dernier patient, voué à lui servir d’assistant, et part sur les routes défendre sa méthode thérapeutique révolutionnaire : la lobotomie transorbitale. Armé d’un pic à glace et d’un marteau, Freeman est persuadé qu’aucune dépression, aucune catatonie, aucune psychose ne lui résistera. Jusqu’à ce que, dans une petite ville de l’Oklahoma, sa propre santé mentale soit mise à rude épreuve par une galerie de personnages délirants. Un prêcheur qui prend son fils pour le Messie, une jeune prostituée démente et une fratrie de gros bras manieurs de machettes se chargeront de lui rappeler qu’une foi aveugle ne peut mener qu’au désastre.
Inspiré par un personnage réel, Les Incurables est un roman profondément noir, aux allures de fable grotesque vicieusement efficace.



Mon avis :

A la lecture des premières pages j'ai pensé m'être fourvoyée dans le choix de ce livre,  ça commence un peu à la "Frankenstein version 1953" ...
Mais pas du tout, très vite cette écriture très sombre et très "simple" (si je peux dire) m'a emmenée dans la noirceur de l'âme, la pauvreté de l'esprit, le minable, l'inimaginable sans aucun espoir de lueur à l'horizon.

En 1953 le Docteur Freeman exerce son métier de neurologue d'une façon peu conventionnelle, il a comme méthode la lobotomie transorbitaire, c'est pour lui la seule façon de guérir les patients atteints de folies meurtrières sans devoir passer par les médications traditionnelles. Armé de son pic glace et de son marteau de charpentier il perfore dans l'orbite et rend ses patients dociles et inoffensifs.
Edgard Ruiz est son dernier patient opéré quand ce brave docteur Freeman se retrouve devant la direction de l'hôpital qui lui signifie l'obligation de cesser cette pratique digne d'un Mengele.
Il se refuse à ne pas faire profiter de sa technique les nombreux psychotiques violents et décide de fuir en emmenant Edgar sur les routes des États-Unis pour faire connaître au monde cette pratique qui sauve de cette folie meurtrière.
Je vous précise que personne n'est finalement normal dans cette histoire et le fait que la femme de ce docteur maboul soit aussi dérangée de la cafetière, encourage Freeman à foutre le camp sans remord.

On le retrouve deux ans plus tard sur les routes américaines, voyageant de villes en villes avec Edgard comme assistant et comme preuve irréfutable de son savoir-faire. Il zone dans les fêtes foraines et autres places ou il peut dévoiler et pratiquer son art de guérir les fous dangereux
Quand il arrive à Burnwood, un patelin oublié où la misère est partout et les habitants un QI d'huitre et un avenir impossible, il y côtoie le cracheur de feu et autres exhibitions qui réunit cette population figée, endormie par la pauvreté.

Et c'est à Burnwood qu'il rencontre Donald Stanton, un prédicateur accompagné de son fils Durango, a qui il fait porter une couronne d'épines sur un trône de fortune, dont il affirme être le sauveur, le rédempteur.
Tous les personnages de ce roman sont dérangés du cerveau, tous sont au bout du rouleau et incapables ne fusse que de pouvoir visionner un avenir heureux. 
Il n'y a aucun bonheur dans ce livre et l'histoire qui va lier Freeman à Stanton et Duango va nous plonger encore plus bas. Même avec l'arrivée de Scent, une fille de seize ans complètement barrée que rencontre le jeune Durango, il n'y a aucun espoir de joie ou de fin heureuse …
Bien au contraire, l'auteur va nous mener plus profondément encore dans ce tourbillon de folie, de réel désespoir et de violence inextinguible !
Que ce soit cette rencontre avec Scent qui vit avec sa mère, qui elle détient un vieux secret, ou avec le shérif, ou encore cette relation entre Stanton et son fils, tous sont marqués par la pauvreté et n'ont plus grand chose à perdre, si ce n'est le dernier rempart vers la folie totale, le sexe, le meurtre, l'argent, le démon et la rédemption.

Seul le docteur Freeman détient la solution, il en est persuadé mais jusqu'où tiendra t-il cette conviction, accroché à sa volonté inébranlable de sauver l'insauvable ?

La fin de ce roman explose dans les mêmes teintes, jamais dans la lumière. 
Jusqu'à  … peut-être … rencontrer le diable en personne.

J'espère avoir réussi à vous donner envie de lire ce roman et comme vous aimez le noir très noir, foncez et lisez Les incurables !

Fabe

Jon Bassoff, né le 6 mars 1974 à New York, est un écrivain américain de roman noir. Les incurables est le deuxième roman après Corrosion en 2016 traduits en français et publiés par Gallmeister.