'> Fabebook: Les incurables - Jon Bassoff

jeudi 25 mars 2021

Les incurables - Jon Bassoff

Roman noir
Gallmeister le 5/04/2018
240 pages



1953, quelque part au fin fond de l’Amérique. Le Dr Freeman, neurologue visionnaire mais violemment contesté, est chassé de l’hôpital psychiatrique où il exerce. Il enlève son dernier patient, voué à lui servir d’assistant, et part sur les routes défendre sa méthode thérapeutique révolutionnaire : la lobotomie transorbitale. Armé d’un pic à glace et d’un marteau, Freeman est persuadé qu’aucune dépression, aucune catatonie, aucune psychose ne lui résistera. Jusqu’à ce que, dans une petite ville de l’Oklahoma, sa propre santé mentale soit mise à rude épreuve par une galerie de personnages délirants. Un prêcheur qui prend son fils pour le Messie, une jeune prostituée démente et une fratrie de gros bras manieurs de machettes se chargeront de lui rappeler qu’une foi aveugle ne peut mener qu’au désastre.
Inspiré par un personnage réel, Les Incurables est un roman profondément noir, aux allures de fable grotesque vicieusement efficace.



Mon avis :

A la lecture des premières pages j'ai pensé m'être fourvoyée dans le choix de ce livre,  ça commence un peu à la "Frankenstein version 1953" ...
Mais pas du tout, très vite cette écriture très sombre et très "simple" (si je peux dire) m'a emmenée dans la noirceur de l'âme, la pauvreté de l'esprit, le minable, l'inimaginable sans aucun espoir de lueur à l'horizon.

En 1953 le Docteur Freeman exerce son métier de neurologue d'une façon peu conventionnelle, il a comme méthode la lobotomie transorbitaire, c'est pour lui la seule façon de guérir les patients atteints de folies meurtrières sans devoir passer par les médications traditionnelles. Armé de son pic glace et de son marteau de charpentier il perfore dans l'orbite et rend ses patients dociles et inoffensifs.
Edgard Ruiz est son dernier patient opéré quand ce brave docteur Freeman se retrouve devant la direction de l'hôpital qui lui signifie l'obligation de cesser cette pratique digne d'un Mengele.
Il se refuse à ne pas faire profiter de sa technique les nombreux psychotiques violents et décide de fuir en emmenant Edgar sur les routes des États-Unis pour faire connaître au monde cette pratique qui sauve de cette folie meurtrière.
Je vous précise que personne n'est finalement normal dans cette histoire et le fait que la femme de ce docteur maboul soit aussi dérangée de la cafetière, encourage Freeman à foutre le camp sans remord.

On le retrouve deux ans plus tard sur les routes américaines, voyageant de villes en villes avec Edgard comme assistant et comme preuve irréfutable de son savoir-faire. Il zone dans les fêtes foraines et autres places ou il peut dévoiler et pratiquer son art de guérir les fous dangereux
Quand il arrive à Burnwood, un patelin oublié où la misère est partout et les habitants un QI d'huitre et un avenir impossible, il y côtoie le cracheur de feu et autres exhibitions qui réunit cette population figée, endormie par la pauvreté.

Et c'est à Burnwood qu'il rencontre Donald Stanton, un prédicateur accompagné de son fils Durango, a qui il fait porter une couronne d'épines sur un trône de fortune, dont il affirme être le sauveur, le rédempteur.
Tous les personnages de ce roman sont dérangés du cerveau, tous sont au bout du rouleau et incapables ne fusse que de pouvoir visionner un avenir heureux. 
Il n'y a aucun bonheur dans ce livre et l'histoire qui va lier Freeman à Stanton et Duango va nous plonger encore plus bas. Même avec l'arrivée de Scent, une fille de seize ans complètement barrée que rencontre le jeune Durango, il n'y a aucun espoir de joie ou de fin heureuse …
Bien au contraire, l'auteur va nous mener plus profondément encore dans ce tourbillon de folie, de réel désespoir et de violence inextinguible !
Que ce soit cette rencontre avec Scent qui vit avec sa mère, qui elle détient un vieux secret, ou avec le shérif, ou encore cette relation entre Stanton et son fils, tous sont marqués par la pauvreté et n'ont plus grand chose à perdre, si ce n'est le dernier rempart vers la folie totale, le sexe, le meurtre, l'argent, le démon et la rédemption.

Seul le docteur Freeman détient la solution, il en est persuadé mais jusqu'où tiendra t-il cette conviction, accroché à sa volonté inébranlable de sauver l'insauvable ?

La fin de ce roman explose dans les mêmes teintes, jamais dans la lumière. 
Jusqu'à  … peut-être … rencontrer le diable en personne.

J'espère avoir réussi à vous donner envie de lire ce roman et comme vous aimez le noir très noir, foncez et lisez Les incurables !

Fabe

Jon Bassoff, né le 6 mars 1974 à New York, est un écrivain américain de roman noir. Les incurables est le deuxième roman après Corrosion en 2016 traduits en français et publiés par Gallmeister.








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