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jeudi 16 avril 2026

Tous des animaux - Morgan Green

 405 pages - 2025


Résumé :
"Ici-bas, nous sommes tous des animaux." Le premier roman traduit en français de Morgan Greene, un auteur britannique salué par Chris Whitaker et Jo Nesbø.
Trois camarades de classe tuent l'un de leur camarades de classe sans être inquiétés, 10 ans plus tard ils sont de retour dans la ville de Savage Ridge piégés par une enquêtrice...
Savage Ridge, petite ville de 5 000 âmes. À la suite d'une querelle, trois lycéens, Emmy, Nicholas et Peter, tuent l'un de leurs camarades de classe, Sammy Saint John.
Le père de celui-ci, une des plus grosses fortunes de la région, fait tout ce qui est en son pouvoir pour que l'enquête aboutisse. Mais le corps n'étant jamais retrouvé, le dossier est classé. Les trois jeunes gens quittent alors la ville, bien décidés à ne plus jamais y remettre les pieds. Et pourtant, dix ans plus tard, tous les trois sont de retour à Savage Ridge. Piégés par une enquêtrice employée par la famille Saint John, ils doivent maintenant répondre à beaucoup de questions. Alors que l'étau se resserre autour d'eux, il apparaît bientôt que d'autres crimes, plus anciens, entachent cette petite communauté où les secrets sont aussi nombreux que dangereux.
Avec une totale maîtrise de la construction et de l'intrigue, Morgan Greene envoûte littéralement le lecteur avec ce thriller obsédant qui se lit d'une traite, comme en apnée. Suscitant une tension de tous les instants, l'auteur n'y livre la dernière pièce du puzzle que dans un éblouissant coup de théâtre final, totalement inattendu. On tient là, à n'en point douter, un chef d'œuvre du genre.


Mon avis :

Premier roman de l'auteur traduit en français en 2025.

Premières pages, le crime, l'auteur nous donne directement les coupables. 

Nick Pips et ses amis Emmy et Peter, jeunes lycéens de 18 ans, assassinent et enterrent Sammy Saint-John en se jurant de garder le secret.

Le père de Sammy, riche homme d'affaires imbuvable mène tout le monde à la baguette dans cette petite bourgade de l'État de Washington, Savage Ridge. Il engage même un détective privé pour retrouver son fils disparu, car pour tout le monde Sammy a disparu !

Dix ans plus tard les trois meurtriers reviennent dans la bourgade par un piège que leur tend l'enquêtrice.

Enquête difficile et qui nous en apprend des vertes et des pas mûres sur beaucoup d'habitants.

Les jeunes piégés vont-ils se faire prendre par cette enquêtrice motivée et roublarde ?

Une histoire de vengeance(s), un roman très bien construit et d'une belle fluidité font qu'on ne le lâche pas avant le point final.

Auteur à suivre . . . 

😉


L'évangile des ombres - Nicolas Nutten

 464 pages - 2025



Résumé :

Ici, tout est fiction, mais tout est vrai

1987. Paul Sarda est gendarme dans un village des Hautes- Pyrénées, près de la frontière espagnole. Une nuit, il a un accident et perd connaissance durant quelques minutes. Il l’ignore encore, mais sa vie vient de basculer.

Trente-cinq ans plus tard, son fils, Raphaël, commandant de police à Paris, reçoit une lettre anonyme : « VOTRE PÈRE SAVAIT. » Mais savait quoi ? En retournant sur les terres de son enfance, Raphaël va faire resurgir des histoires tragiques que certains auraient aimé garder enfouies.



Mon avis : 

Un roman noir, une histoire sur trois époques 1937,1987 et 2023.

1987 : L'Espagne franquiste, des nonnes tortionnaires, Trinidad enfermée dans un cachot sordide, une jeune maman dont le mari a été arrêté et dont le petit enfant est volé par ces nonnes dans le contexte du scandale de ces bébés volés.

1987 : Paul Sarda gendarme dans les Hautes-Pyrénées, accident de voiture et perte de connaissance, une nonne est retrouvée morte apparemment percutée par une véhicule, Paul Sarda pense que c'est lui, savie entière va être chamboulée.

2023 : Raphael Sarda, le fils de Paul, est devenu commandant de police et reçoit un message mystérieux : « VOTRE PÈRE SAVAIT. ». 

Il va enquêter jusqu'à retourner sur les lieux de son enfance et dérouler les ficelles, celle de l'enquête et celle du temps.

L'auteur nous fait naviguer à travers les époques dans ce roman noir/thriller historique pour une partie et prenante à la fois. Pas un seul moment je ne l'ai trouvé long, l'auteur de par son talent d'écriture a su me faire visiter le passé horrible de cette époque espagnole et aussi me passionner pour l'enquête. Une enquête pas à pas, bourrée d'ornières qu'on ne voit pas spécialement venir.

Un super moment de lecture d'un livre qu'on ne lâche pas 😉


mercredi 15 avril 2026

Le jeu de la rumeur - Thomas Mullen

 512 pages 2025




Résumé :

Une journaliste déterminée et un agent du FBI récalcitrant affrontent des éléments fascistes dans ce thriller historique qui se déroule à Boston durant la Seconde Guerre mondiale. Une nouvelle saga de Thomas Mullen dans la veine de la trilogie d’Atlanta, qui aborde cette fois-ci l’antisémitisme et les fake news.






Mon avis :

Coup d'💖 


Boston 1943. Anne, une jeune journaliste d'origine juive mais convertie (par facilité) au catholicisme s'occupe d'une rubrique concernant les rumeurs dans le Boston Star, La Clinique des rumeurs où elle confirme ou détricote toutes sortes de rumeurs banales ou plus grave, ragots, pamphlets insinuations portant atteintes ou pas.

Devon Mulvey un flic du FBI, irlandais, intègre et chaud lapin, enquête sur un meurtre et sur des vols de munitions commis dans une de ces usines florissantes, pour la bonne cause, celle de la guerre en Europe et de l'implication des USA. 

Les personnages étant installés on découvre dans ce récit toute l'ambiance de cette guerre et des motivations de chacun.

La haine du juif pour les uns, les russes et le Japon pour d'autres. La violence, la corruption, la mafia, car Boston est en ébullition . . . 

Ce livre est très bien écrit et on visualise très bien l'époque et les situations que Anne et Devon vont vivre après s'être évidemment rencontrés ;)

Ce roman est intelligent et captivant et pas une ligne de trop, même s'il fait quand même quelques 500 pages.

Premier livre lu de Thomas Mullen mais certainement pas le dernier.

La rumeur ou les fake news de maintenant, rien n'a changé c'est juste pire qu'en 1943

Une super découverte 😉

mardi 14 avril 2026

Cruelles natures - Pascal Dessaint

 221 pages - 2007


Résumé :
Antoine, écologue jadis renommé, mène une existence recluse dans la Brenne, pays d'étangs et de forêts. Il parcourt les routes à la recherche de cadavres d'animaux lui confirmant les dégâts de la " civilisation " sur la nature. Myriam partage sa vie depuis de nombreuses années. Elle a abandonné mari et enfant pour le suivre. Aujourd'hui ils vivent côte à côte sans se parler.
A Dunkerque, c'est l'époque du carnaval et des réjouissances. Mais Mauricette, élève dans un lycée horticole, souffre de voir son père à l'hôpital, plongé dans un coma profond.
Pour tromper sa solitude, elle fréquente Régis et Thierry, deux garçons à la dérive qui sont prêts à tout pour lui plaire. Ces personnages meurtris vont tous se croiser au cœur de la Brenne, où se jouera leur destin...
Pascal Dessaint nous entraîne dans un univers de brume où les certitudes s'évanouissent pour donner corps à nos peurs les plus sombres.
A l'image de cette faune et de cette flore en pleine mutation, comme pour dire à l'homme qu'il n'est plus en harmonie avec un monde qu'il détruit. Cruelles natures est un roman noir à l'atmosphère envoûtante, porté par ce style à la fois familier et ardent, qui est la marque de l'auteur.


Mon avis : 

Ce roman noir est d'une élégance pleine de sobriété, autour des trois personnages principaux se tisse une histoire qui aurait pu être banale mais qui est jalonnée de situations tantôt oppressantes, intrigantes ou poétiques. 
Antoine est reclus avec Myriam dans la campagne de la Brenne, il fait le compte des animaux morts, un travail étrange pour un écologue renommé mais qui le contente car il ne veut plus voir grand monde, il raconte ses sorties . . . 
Sa compagne, Myriam ne se livre qu'au travers des lettres qu'elle envoie à Mauricette, sa fille qu'elle a abandonnée à Dunkerque. Mauricette s'exprime et raconte . . . 
Jusqu'au jour où elle veut retrouver sa maman !
Ce roman est beau et bien que noir est d'une profonde poésie.
J'ai beaucoup apprécié de lire et découvrir cet auteur qui m'a changé quelque peu de mes lectures de cette année 😉


mardi 7 avril 2026

Les anges de New-York - R.J Ellory

 2012 - 560 pages



Résumé :

Frank Parish, inspecteur au NYPD, a des difficultés relationnelles. Avec sa femme, avec sa fille, avec sa hiérarchie. C'est un homme perdu, qui n'a jamais vraiment résolu ses problèmes avec son père, mort assassiné en 1992 après avoir été une figure légendaire des Anges de New York, ces flics d'élite qui, dans les années quatre-vingt, ont nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Alors qu'il vient de perdre son partenaire et qu'il est l'objet d'une enquête des affaires internes, Frank s'obstine, au prix de sa carrière et de son équilibre mental, à creuser une affaire apparemment banale, la mort d'une adolescente. Persuadé que celle-ci a été la victime d'un tueur en série qui sévit dans l'ombre depuis longtemps, il essaie obstinément de trouver un lien entre plusieurs meurtres irrésolus. Mais, ayant perdu la confiance de tous, son entêtement ne fait qu'ajouter à un passif déjà lourd.

Contraint de consulter une psychothérapeute, Frank va lui livrer l'histoire de son père et des Anges de New York, une histoire bien différente de la légende communément admise. Mais il y a des secrets qui, pour le bien de tous, gagneraient à rester enterrés.


Mon avis :


Grâce à un bloggeur "zami facebookien" Y.Fauth, pour ne pas le nommer, j'ai commencé à lire les romans de Ellory. Grand bien m'en a fallut, je kiffe bien cette écriture, l'histoire, les dialogues . . . bref, je suis emballée 😀

Franck Parish a tout du cliché des romans du genre, il est alcoolique, il voit une psy, il oscille entre le bon et mauvais flic, il rechigne avec l'autorité MAIS il est acharné, obstiné ! Malgré ce fait, l'histoire se tient drôlement bien et il n'est pas une page qui soit ennuyeuse.

Des jeunes filles disparaissent et on les retrouve mortes bien plus tard dans un New-York des années 90, Parish se promet de retrouver ce tueur car il est convaincu que ce sont les faits d'un auteur de meurtres en série, il s'obstine et son entêtement est écrit avec brio, on y est, on vit l'histoire et c'est ce que je demande aux livres auxquels je m'attaque. Un bon roman noir comme je les aime.

Place au suivant, je ne sais pas encore lequel 😉


mercredi 14 avril 2021

L'ange rouge - François Médéline

Roman noir
La manufacture de livres
Parution le 1/10/2020
506 pages


À la nuit tombée, un radeau entre dans Lyon porté par les eaux noires de la Saône. Sur l’embarcation,  des torches enflammées, une croix de bois, un corps mutilé et orné d’un délicat dessin d’orchidée. Le crucifié de la Sâone, macabre et fantasmatique mise en scène, devient le défi du commandant Alain Dubak et de son équipe de la police criminelle. Six enquêteurs face à l’affaire la plus spectaculaire qu’ait connu la ville, soumis à l’excitation des médias, acculés par leur hiérarchie à trouver des réponses. Vite. S’engage alors une course contre la montre pour stopper un tueur qui les contraindra à aller à l’encontre de toutes les règles et de leurs convictions les plus profondes. Porté par la plume brillante et explosive de François Médéline, L’Ange rouge invite son lecteur à une plongée hallucinée parmi les ombres de la ville et les âmes blessées qui  s’y débattent.





Mon avis :

SRPJ de Lyon : le commandant Dubak appelé avec son équipe sur les lieux d'un crime : un gars est crucifié sur une barque, écorché et peint d'orchidées.
Cela commence directement, pas de détour grandiloquent, pas de phrases longues à n'en plus finir.
C'est le troisième livre que je lis de François Médéline et je commence à m'habituer à son écriture, pour vous le préciser du mieux que je peux, ce sont des phrases très courtes, je suis certaine qu'au nombre de signes dans son texte, le "POINT" doit battre les records. Mais c'est un style, c'est son style et tout compte fait cela fonctionne très bien. Cela donne un rythme soutenu où rien n'est à jeter.

Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos orchidées 😉

Lyon au bord de la Saône, Dubak et son équipe arrivent sur les lieux et c'est le moment de présenter cette équipe : d'abord Mamy, la capitaine Piroli, ex championne de France de boxe (super welter) et maintenant veuve, grosse et voyante à ses heures, c'est un peu le pilier de l'équipe et celle sur qui Alain Dubak compte beaucoup pour le seconder. Elle nourrit l'équipe, elle temporise les excès de Dubak et bouffe des bonbons toute la journée.
Ce crime est horrible et toute l'équipe ainsi que les médias vont être sur le pont H24.

"L'œuvre" peinte sur le corps émasculé et écorché relève du grand art, donc l'enquête va s'engager vers le milieu homosexuel et artistique. Dubak est un flic flic mal dans sa peau avec une enfance et un passé un peu louche, esseulé par la force des choses, abandonné par la femme qu'il aime toujours. Il va conduire cette enquête avec ses doutes, sa logique et ses défauts, il vit au bord de l'abîme de l'alcool, des drogues et de ses faiblesses : tombera-tombera pas ? c'est une question que le lecteur se posera certainement.

Tout les ingrédients d'une bonne enquête sont présents dans ce livre mais aussi cette course aux indices dans Lyon qui fait découvrir ou redécouvrir cette ville sous quasi tous ses aspects. 
Un côté mystiquo-religieux relié à la façon dont le crime est perpétré mais aussi la date à laquelle il a eu lieu (le dimanche des rameaux) est bien présent aussi, sans pour autant en faire des tonnes et un roman du genre car l'auteur reste sans conteste dans le polar.

Tous les personnages du roman ont une identité recherchée et qu'on visualise très bien, très réaliste, chacun d'entre eux a son degré d'importance dans cette histoire. Car il n'y a pas que Dubak et Mamy qui font le taf, les autres membres de l'équipe comme véronique qui est douée dans les recherches, le beur, le black, la psy et les chefs et sous-chefs qui font de ce polar une très bonne enquête menée tambour battant. On en redemande !

Chapitre après chapitre la chronologie des avancées de l'enquête est prenante, les indices et les rebondissements nous font envisager la fin, même s'il nous semble deviner qui est responsable de ces crimes, l'auteur a soigné la dernière partie avec pas mal de surprises. C'est au final un très bon roman où je n'ai rien à redire (c'est rare), chouette écriture, bon rythme et une histoire intéressante.

Je m'arrête ici et vous invite à lire ce polar, car vous êtes là pour ça, non ? 👀
C'est sans doute mon préféré des 3 romans que j'ai lu de François Médéline, fallait que je le dise.

Fabe

Un bruit de couloir dit qu'il y aura peut-être un second tome . . . 
Un lien vers une interview de François Médéline très intéressant sur Le blog du Polar de Velda



jeudi 25 mars 2021

Les incurables - Jon Bassoff

Roman noir
Gallmeister le 5/04/2018
240 pages



1953, quelque part au fin fond de l’Amérique. Le Dr Freeman, neurologue visionnaire mais violemment contesté, est chassé de l’hôpital psychiatrique où il exerce. Il enlève son dernier patient, voué à lui servir d’assistant, et part sur les routes défendre sa méthode thérapeutique révolutionnaire : la lobotomie transorbitale. Armé d’un pic à glace et d’un marteau, Freeman est persuadé qu’aucune dépression, aucune catatonie, aucune psychose ne lui résistera. Jusqu’à ce que, dans une petite ville de l’Oklahoma, sa propre santé mentale soit mise à rude épreuve par une galerie de personnages délirants. Un prêcheur qui prend son fils pour le Messie, une jeune prostituée démente et une fratrie de gros bras manieurs de machettes se chargeront de lui rappeler qu’une foi aveugle ne peut mener qu’au désastre.
Inspiré par un personnage réel, Les Incurables est un roman profondément noir, aux allures de fable grotesque vicieusement efficace.



Mon avis :

A la lecture des premières pages j'ai pensé m'être fourvoyée dans le choix de ce livre,  ça commence un peu à la "Frankenstein version 1953" ...
Mais pas du tout, très vite cette écriture très sombre et très "simple" (si je peux dire) m'a emmenée dans la noirceur de l'âme, la pauvreté de l'esprit, le minable, l'inimaginable sans aucun espoir de lueur à l'horizon.

En 1953 le Docteur Freeman exerce son métier de neurologue d'une façon peu conventionnelle, il a comme méthode la lobotomie transorbitaire, c'est pour lui la seule façon de guérir les patients atteints de folies meurtrières sans devoir passer par les médications traditionnelles. Armé de son pic glace et de son marteau de charpentier il perfore dans l'orbite et rend ses patients dociles et inoffensifs.
Edgard Ruiz est son dernier patient opéré quand ce brave docteur Freeman se retrouve devant la direction de l'hôpital qui lui signifie l'obligation de cesser cette pratique digne d'un Mengele.
Il se refuse à ne pas faire profiter de sa technique les nombreux psychotiques violents et décide de fuir en emmenant Edgar sur les routes des États-Unis pour faire connaître au monde cette pratique qui sauve de cette folie meurtrière.
Je vous précise que personne n'est finalement normal dans cette histoire et le fait que la femme de ce docteur maboul soit aussi dérangée de la cafetière, encourage Freeman à foutre le camp sans remord.

On le retrouve deux ans plus tard sur les routes américaines, voyageant de villes en villes avec Edgard comme assistant et comme preuve irréfutable de son savoir-faire. Il zone dans les fêtes foraines et autres places ou il peut dévoiler et pratiquer son art de guérir les fous dangereux ! 
Quand il arrive à Burnwood, un patelin oublié où la misère est partout et les habitants un QI d'huitre et un avenir impossible, il y côtoie le cracheur de feu et autres exhibitions qui réunit cette population figée, endormie par la pauvreté.

Et c'est à Burnwood qu'il rencontre Donald Stanton, un prédicateur accompagné de son fils Durango, a qui il fait porter une couronne d'épines sur un trône de fortune, dont il affirme être le sauveur, le rédempteur.
Tous les personnages de ce roman sont dérangés du cerveau, tous sont au bout du rouleau et incapables ne fusse que de pouvoir visionner un avenir heureux. 
Il n'y a aucun bonheur dans ce livre et l'histoire qui va lier Freeman à Stanton et Duango va nous plonger encore plus bas. Même avec l'arrivée de Scent, une fille de seize ans complètement barrée que rencontre le jeune Durango, il n'y a aucun espoir de joie ou de fin heureuse …
Bien au contraire, l'auteur va nous mener plus profondément encore dans ce tourbillon de folie, de réel désespoir et de violence inextinguible !
Que ce soit cette rencontre avec Scent qui vit avec sa mère, qui elle détient un vieux secret, ou avec le shérif, ou encore cette relation entre Stanton et son fils, tous sont marqués par la pauvreté et n'ont plus grand chose à perdre, si ce n'est le dernier rempart vers la folie totale, le sexe, le meurtre, l'argent, le démon et la rédemption.

Seul le docteur Freeman détient la solution, il en est persuadé mais jusqu'où tiendra t-il cette conviction, accroché à sa volonté inébranlable de sauver l'insauvable ?

La fin de ce roman explose dans les mêmes teintes, jamais dans la lumière. 
Jusqu'à  … peut-être … rencontrer le diable en personne.

J'espère avoir réussi à vous donner envie de lire ce roman et comme vous aimez le noir très noir, foncez et lisez Les incurables !

Fabe

Jon Bassoff, né le 6 mars 1974 à New York, est un écrivain américain de roman noir. Les incurables est le deuxième roman après Corrosion en 2016 traduits en français et publiés par Gallmeister.








jeudi 11 mars 2021

Une assemblée de chacals - S. Craig Zahler

Éditeur : Gallmeister
Parution le 5/10/2017
368 pages


RÉSUMÉ
Après avoir tiré un trait sur leur jeunesse de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du “Gang du grand boxeur” mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif. Mais un fantôme ressurgi du passé annonce qu'il compte s'inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes. La mort dans l'âme, les quatre anciens amis n'ont plus qu'à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu'ils avaient pu imaginer...

Entre La Horde sauvage et les films de Tarantino, un western noir terriblement efficace.





Mon avis

Très peu habituée à lire du western, par apriori peut-être, je me suis lancée dans ce roman noir et sauvage et dès les premières lignes je sentais que ça allait me plaire.

Dans un coin de Virginie en 1888 Oswell Danford vit avec sa femme et son frère aîné Godfrey. Une vie paisible qui va être bouleversée par l'arrivée d'un télégramme qui pourrait être un message de bonheur car leur vieil ami Jim (James Lingham) se marie avec la fille du shérif et les invite au mariage, eux ainsi que Dicky, qui lui vit à New York. Les 3 hommes reçoivent le même télégramme et sont loin de se réjouir car il est stipulé dans ce message : "Toutes les vieilles connaissances seront présentes"

Chacun s'apprête à partir pour le Montana avec la boule au ventre. Oswell et Godfrey s'équipent d'armes inutilisées depuis longtemps et rejoignent sur le chemin le beau Dicky, le dandy de ces dames. on ressent dans l'écriture du roman qu'ils partent pour un voyage infernal. Oswell commence à écrire une longue lettre à sa femme au cas où il ne reviendrait pas ! Ses révélations informent le lecteur du passé de ces 4 gars surnommé "le gang du grand boxeur". Car en effet, 10 ans plus tôt ils étaient voleurs, pilleurs de banques et assassins. Ils ont été associés à Quinlan, un irlandais complètement barge, d'une rare violence redoutable et d'une mémoire infaillible, qui a des comptes à régler avec le gang ...
Quinlan les attend au tournant, de ça nos trois voyageurs ex braqueurs en sont certains, mais où, quand et comment, seul le bout du voyage le leur apprendra. Si Quinlan s'invite à la noce ils savent d'ores et déjà qu'il est fort possible qu'ils ne reviennent pas.

D'autre part l'auteur nous relate le présent, un aperçu de quelques membres de la bande de Quinlan, Pickles le dessinateur barge, les jumeaux sanguinaires dont un à perdu sa langue sous le couteau d'un indien, tout se met en place en attendant l'arrivée des frères Danford et de Dicky.
Dans cette écriture on se sent vraiment dans un western digne des films qui ont bercés notre jeunesse, mais plus noir encore car ce qui attend les trois voyageurs et leur ami Jim (le futur marié) va nous faire monter l'angoisse et l'adrénaline.

Dans ce roman il y a trois parties, la première est ce voyage avec ses raisons, ses angoisses et la confession d'Oswell.

Dans la deuxième, on fait connaissance avec Trailspur, cette ville du Montana où vit Jim et où il va se marier, ses habitants avec leurs petites vies tranquilles, où le shérif s'apprête à marier sa fille et où la plupart s'affairent à la préparation de cette union. On se familiarise avec Jim, un doux géant qui a donné pour nom à ses chiens Jésus et Marie. Jim que l'angoisse de ce télégramme a fait monter en lui se prépare aussi à revoir ses anciens amis en sachant que Quinlan n'est pas loin, qu'il est même possible qu'il le voit et l'espionne, une ambiance mitigée entre le bonheur de son mariage et la peur d'un massacre.

La troisième partie, celle qui nous révèlera la fin de cette histoire, devient de plus en plus vicieuse, machiavélique et violente. Cette confrontation attendue avec impatience qui va nous exploser à la gueule avec des images fortes, pleines de violence de rage et de folies où se mêlera aussi la vulnérabilité de certains. Le décor de cette finale y est pour beaucoup dans les images que j'ai ressenti, un endroit d'où rien de bon ne peut arriver.

J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman qui restera sans doute dans le haut de ma liste de préférences. Il n'est je crois pas nécessaire d'aimer ou pas les westerns pour lire cette histoire qui m'a bien fait frissonner et qui est super bien écrite.
Du début à la fin je ne me suis ni ennuyée ni égarée un seul instant.
Une chouette découverte.

Fabe

(S. Craig Zahler, né le 23 janvier 1973 à Miami (Floride), est un romancier, novelliste, réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, compositeur et musicien américain.
Sa bibliographie : Les spectres de la terre brisée (2013) - Exécutions à Victory (2014).)

jeudi 4 mars 2021

Avant les diamants - Dominique Maisons

Éditeur : La Martinière (27 août 2020)

Broché : 528 pages



Hollywood, 1953. L'industrie cinématographique est un gâteau fourré à l'arsenic que se disputent la mafia, l'armée et les ligues de vertu catholiques. Dans ce marécage moral et politique, ne survivent que les âmes prêtes à tout. Le producteur raté Larkin Moffat est de ceux-là. Abonné aux tournages de séries B, il fait vivoter les crève-la-faim du cinéma et enrage contre ce système qui l'exclue. Jusqu'au jour où il se voit proposer la chance de sa vie. Dans cette combine dangereuse vont graviter autour de lui le major Buckman, parieur et coureur invétéré, le très ambivalent père Santino Starace, l'impresario et proxénète Johnny Stompanato. Tous vont croiser leurs destins, multiplier les manœuvres et les crimes dans ce grand cirque du cinéma américain. Alors que défilent les Errol Flynn, Clark Gable, Hedy Lamarr et autres Frank Sinatra, ce petit monde sans scrupule va s'adonner à ce qu'il sait faire de mieux : manipuler les masses et veiller à son profit.



Mon avis

Si vous aimez les romans noirs et avez envie de vous projeter dans Le Hollywood des années 50, ce livre va certainement vous plaire.
Pour ma part je l'ai lu de deux manières, comme une chronique de ce cinéma à la fois Blingbling et manipulé et comme un roman bien sombre où les acteurs ont cette noirceur de l'âme, cette volonté d'arriver à leur fin au mépris des lois, où l'argent achète tout et l'hypocrisie est obligatoire pour arriver "en haut de l'affiche".

Pour planter le décor et définir la place des acteurs de ce roman, l'auteur nous plonge dès les premières pages avec le lancement d'Annie, la bombe nucléaire testée par l'armée. On retient tout de suite le nom et le rôle du Major Bruckman et d'Annie Morrisson (pas la bombe, mais la femme qui deviendra la collaboratrice de Bruckman).
Tous deux vont être chargés de superviser les scénarios hollywoodiens de telle manière que l'armée américaine soit mise en valeur …  Les valeurs puritaines des années 50, le suppression de toutes idées communistes, ben oui c'est l'époque de la guerre froide.

Larkin Moffat producteur raté de films de troisième zone entre en lice, il fera tout pour avoir un peu de reconnaissance, pour arriver à son but de quelques manières que ce soit ! Face à cette Amérique volontairement raciste et homophobe Moffat va se démener pour arriver à ses fins. 
Au fil des pages on fait la fête avec Clark Gable, Errol Flynn, les producteurs et la Mafia. Tout ce petit monde tourne autour de la même chose, la célébrité et l'argent qui va avec.
Les femmes du livre ont un rôle prépondérant dans ce roman, la concurrence pour tourner avec tel ou tel producteur, la monnaie du sexe comme atout majeur, mais pas que …  L'auteur nous brosse des personnalités attachantes au caractère bien fouillé. Dans ce roman on ne se perd pas, la structure de l'histoire est faite de telle manière que tout les protagonistes s'imbriquent avec beaucoup de réalité dans cet imbroglio bien ficelé, Mafieux-Acteurs-Producteurs-Armée-Prêtres.

Si l'amour et quelques bons sentiments sont présents pour l'équilibre du roman, croyez vous que ce soit suffisant pour désamorcer le besoin de reconnaissance face aux paillettes d'Hollywood, face à ce besoin de reconnaissance sous les lumières des projecteurs ? Ben ça, vous le saurez en lisant "Avant les diamants".
Je ne peux pas tout vous raconter, on est bien d'accord n'est-ce pas ? 
Je rajoute quand même que la fin est explosive à souhait, un véritable final !

Pour terminer, vous aurez compris que j'ai beaucoup aimé ce roman de Dominique Maisons, auteur que je lis pour la première fois.

Fabe


jeudi 12 décembre 2019

Scalp - Cyril Herry

Romans Policier / Thriller
Romans noirs -Cadre noir
Date de parution 01/02/2018

224 pages


« Même si n’importe quel bout de terre ici-bas appartient toujours à quelqu’un, la forêt reste la forêt : pas celle des hommes, celle des mythes ; celle des rêves et des peurs. On aura toujours peur au fond des bois à la nuit venue, quoi qu’on dise. »
Hans a neuf ans. Et sa vie va basculer deux fois en l’espace de soixante-douze heures : la première quand sa mère lui annonce que l’homme auprès de qui il a grandi n’est pas son père. La deuxième quand sa mère décide qu’il est temps pour lui de partir à la rencontre du vrai, de celui qui s'en est allé il y a dix ans, Alex, qui vit maintenant en pleine forêt, loin des hommes, à quelques centaines de kilomètres de là.

Cyril Herry habite en Haute-Vienne, où il aime marcher dans les bois, pour mieux s’arrêter, parfois, et construire des cabanes. Scalp, huis clos à ciel ouvert aussi émouvant que glaçant, est son premier roman au Seuil.



Mon avis

Un rural noir bien serré ?

Cyril Herry nous conte un roman rural de France profonde, là où on "touriste" peu, là où le maire fait sa loi, là où la végétation envahit les chemins.

C'est là qu'est parti vivre le père de Hans. Parti en laissant tout derrière lui.
C'est autour et avec Hans qui a 9 ans  que se construit cette histoire.
Avec beaucoup de détails, des mots juste et un brin de poésie, l'auteur nous imprime les images de ces lieux imparfaits ou la nature est brute, où le terrain au bord d'un lac, qui n'appartient à personne, est devenu l'endroit où le père de Hans s'est installé.

Mais c'est aussi l'histoire de Teresa qui a décidé d'emmener son garçon voir ce père qui a fuit sur ce terrain en y plantant sa yourte, révéler la vérité à son fils, même si elle n'est certaine de rien.

Du haut de ses 9 ans ce môme rêve encore d'être un Huckleberry Finn, il aime la cambrousse et chatouiller le poisson, mais surtout il est venu pour voir son père, pour apprendre son histoire.
Il ne découvrira pas uniquement la yourte que celui ci habite, il apprendra beaucoup, sera confronté a des vérités et aussi à la dureté de cet endroit un peu hostile mais qu'il apprécie comme un rêve de p'tit gars ...

Autour de cela quelques personnages douteux qui ne voient pas forcément avec bienveillance cette intrusion dans leur village, vont encore noircir le tableau.
L'auteur décrit avec talent chacun des intervenants, on est happés par leurs rôles et du coup cela se lit d'une traite, que ce soit les adultes ou les enfants, ils ont tous cette particularité angoissante (mais pas trop).
Je dirais que l'auteur a su bien faire la mesure.

Un roman que j'ai beaucoup aimé, très bien écrit, ou plusieurs histoires ne font qu'une qui rendent le récit plus sombre encore.

Une belle plume noire que Cyril Herry  😉

Fabe

dimanche 2 juin 2019

La mort selon Turner - Tim Willocks

Editeur : Sonatine 11 octobre 2018


Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.
Lors d'un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s'annonce brillante à cause d'une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s'en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu'il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.
Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu'hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l'Afrique du Sud tout le souffle et l'ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d'empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d'une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : " Sur cette Terre, il y a quelque chose d'effroyable, c'est que tout le monde a ses raisons. "


Mon avis

Connaissant le style d'écriture de Tim Willocks je me  suis jetée sur "La mort selon Turner " comme la petite vérole sur le bas clergé (j'aime la placer celle-là). Grand bien m'a fait car c'est une histoire super bien foutue avec un  contexte intéressant, car je suis peu habituée au climat du Cap-Nord.
L'auteur est précis et nous fait connaître les personnages du roman avec l'art de manier les mots qui font de lui (à mon humble avis ) un auteur de "roman noir-thriller" qui n'as rien à envier aux plus grands.
Quand Turner est envoyé à Langkopf  pour enquêter sur la mort d'une pauvre fille au pied d'une benne à ordures et devant un établissement douteux (dans le paysage tout est douteux) il constate qu'elle à été écrasée par deux fois et qu'elle n'était pas encore tout à fait morte à son arrivée, de plus elle était en possession de la carte de visite de Turner. Il démarre ses investigations et en arrive assez vite à une conclusion.
Et c'est sous cette chaleur écrasante qu'il part pour interroger et recueillir les aveux de Dirk le fils de Margot Leroux.
C'est sur ce simple "accident-délit de fuite" que commence cette histoire de dingue, ce roman noir pure jus !
Afin de trouver le Dirk en question, Turner va devoir se rencarder auprès de la police locale, il faut dire qu'en Afrique du Sud la corruption et la pauvreté est présente partout. Et même si l'apartheid a été abolie en 1994, les noirs et les blancs sont loin d'être toujours copains-copains. Bref, tout ça pour dire que Radebe Turner est noir, la fille morte est noire et Dirk Le Roux est blanc. Cela ne simplifie pas les choses.
Ça les simplifie encore moins quand on s'attaque au fils unique de Margot Le Roux. Elle possède la mine de manganèse, elle est très riche et a beaucoup d'hommes a ses ordres. Vous aurez compris que ça va foutre un beau bazar pour l'enquêteur.
Au fil de la lecture tout se met en place. Tous les passages sont super intéressants. Turner se révèle être un gars sans concession et doué pour le combat.
De fil en aiguille l'atmosphère de l'histoire s'épaissit et toujours avec une écriture fluide qui nous plonge petit à petit dans ... le plus noir encore.
Mais franchement,  plus noir que le fameux passage de la seconde moitié du bouquin, tu meurs.
Un passage à ne pas lire si vous êtes une petite nature. Et tout ça avec précision et détails écrit par un spécialiste. 




Ben oui, Tim Willocks n'est pas qu'auteur de roman noir. Psychiatre, artiste peintre, chirurgien et maître en arts martiaux ...   Bref il met ses connaissances au profit de ses histoires.
Alors si vous ne l'avez pas encore lu, allez y c'est de la bombe.

Fabe

Déjà lu :  Green river - Bad city blues - Les rois écarlates.


vendredi 2 décembre 2016

Inflammation - Eric Maneval

novembre 2016 - 182 pages
Collection Territori - La Manufacture de Livres

Je leur dirai que leur maman est partie et qu’elle a eu un accident. Voilà ce qui s’est passé, les enfants. Maman a eu un accident
et elle est tombée dans la rivière. C’est la pure vérité. Elle est partie, et surtout ne me demandez pas pourquoi.
Ne me demandez jamais pourquoi, parce que je n’en sais rien et ça me rend fou.

Liz disparaît un soir d’orage violent. Jean a tout juste le temps de la voir prendre le volant et s’enfuir sous les trombes d’eau.
Dans le courant de la nuit, une fois la ligne téléphonique rétablie, la voix de Liz hurlera dans un message : « Pardon, Jean ! Pardon ! »

Toutes les questions qui se mettront à hanter Jean à partir de cette nuit-là ne le mèneront qu’à l’angoisse et au doute,
car on ne sait jamais si ce que l’on voit, d’autres le voient aussi. Et s’ils le voient, on n’est jamais certain qu’ils l’interprètent
de la même façon que nous. Nous écoutons ce qu’ils en disent et nous continuons de croire ce que l’on a vu, mais qu’en est-il au juste ?
On ne sait pas.
Il en va ainsi des paysages, des choses et des êtres.
Parfois des êtres qui nous entourent. Parfois de ceux qu’on aime plus que tout au monde depuis des années.

Mon avis :
Quand Liz disparaît de son domicile un soir d'orage très violent, la vie de Jean est anéantie.
Au delà de ça,  ce sont aussi toutes les certitudes de Jean qui disparaissent.
Pourquoi Liz est-elle partie, comme ça sur un coup de tête ? Pourquoi, après,  laisse t-elle un message pour que Jean la pardonne ?
L'histoire se passe en France, je ne sais pas où et on s'en fout, les mots de l'auteur nous racontent autre chose et ses mots nous prennent en otages.
Pour leurs deux enfants,  Jean va se battre et il va chercher ce qui a bien pu pousser Liz à sortir ce soir là ...
Tout au long de l'histoire,  les apparences sont trompeuses, et Eric Maneval nous offre un roman noir comme je les aime.
C'est un roman avec du mystère, du suspense, de l'angoisse et du danger. Mais surtout, c'est écrit avec talent, Eric Maneval tient le lecteur éveillé, intrigué, curieux et envoûté. C'est un roman qu'on ne lâche pas. D'ailleurs, je l'ai lu en deux coups !
Pour une partie de ce roman,  l'auteur aborde un sujet qui aurait pu être un peu trop technique, voire un peu fantastique (juste abordé avec finesse) mais il a eut  le savoir-faire pour écrire ces passages avec une simplicité dans les mots, il n'a pas submerger le lecteur avec des inutilités, voilà aussi ce que j'apprécie dans un roman !
Liz, qui ne réapparaîtra pas ..., a laisser à son mari un héritage mystérieux et lourd à porter,  Jean va devoir démêler cet imbroglio, apprendre qui était vraiment Liz.
Je ne peux en dire plus sans spoiler l'histoire, mais c'est le deuxième roman d'Éric Maneval que je lis, et je peux vous dire que je les ai énormément appréciés tous les deux !
Sincèrement,  je suis emballée !

Fabe


Eric Maneval est bouquiniste, guitariste et veilleur de nuit. Il vit à Marseille.
Son précédent roman Retour à la nuit a reçu le Prix du polar lycéen d'Aubusson.

* Roman que j'ai beaucoup aimé et dont je parle ICI

 

mardi 5 juillet 2016

Cat 215 - Antonin Varenne

95 pages - Novela - Mai 2016
La Manufacture de Livres - Collection Territori



Marc, jeune mécanicien, accepte de quitter la métropole, sa compagne et ses enfants, pour un travail urgent en Guyane : une proposition d'un ancien associé véreux. Dans la jungle, en route pour un camp d'orpaillage illégal, une pelleteuse Caterpillar est tombée en panne. Elle est convoyée par un ancien légionnaire, et un énigmatique brésilien que Marc devra rejoindre au bout d'une piste éphémère. Au pied de la machine immobile - énorme quand ils se tiennent près d'elle, ridicule au milieu de la forêt équatoriale -, les trois hommes vont lutter contre la nature, la mécanique et leurs propres folies.








Mon avis :

Quand Marc est appelé par son "ami" en Guyane pour effectuer un boulot bien payé mais certainement illégal,  il n'hésite pas.
Ses finances sont au plus bas et il accepte donc, sans hésitation, de partir pour quelques semaines en laissant sa femme et ses deux enfants en France.
Il n'est pas dupe, son "ami" n'est pas des plus honnêtes et ils ont un passif à régler ! Il compte bien, cette fois-ci, se faire payer intégralement en retour du taf qui l'attends.
Marc est diéséliste. Il connait les moteurs par cœur. Et c'est dans ce domaine que Jules fait appel à ses services.
En effet, il s'agit de réparer le moteur d'une grue Caterpilar coincée dans cette forêt équatoriale étouffante, quelque part au bout de rien, gardée et convoyée par deux lascars, Léo et Alfonso, aussi dangereux et alcooliques l'un que l'autre !
C'est dans cette ambiance que ce déroule cette courte histoire racontée de main de maître par Antonin Varenne. Au fil des pages la chaleur suffocante et le danger qui guette Marc se répercutent sur le lecteur, les mots sont justes, la jungle et son climat sont insupportables.
L'histoire est prenante dans l'enfer de ce pays de chercheurs d'or où tout est corruption, où tout est moiteur et lenteur ...

Une Novela publiée par La Manufacture de Livres !
À lire absolument !

Fabe

mercredi 18 mai 2016

Rural noir - Benoît Minville

Collection Série Noire, Romans noirs, Gallimard
Parution : 18-02-2016

Les Zamis donnent leurs Avis
"Marie-claire"



Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l'insouciance.
Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l'innocence.
Après dix ans d'absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.
Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d'une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l'amitié et la famille.
Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d'une nature «préservée» – ou en friche.



L'avis:
Je viens de terminer ce livre superbe de Benoit Minville "Rural Noir" et je ne peux que vous le recommander.
Toutes les critiques sont élogieuses au sujet de ce livre et j'avoue que je me suis plongée dans cette région qui peut être n'importe quelle région de n'importe où, emportée par ce fameux gang d'amis... Romain, Chris, Julie et Vlad en passant de leur adolescence à leur vie d'adulte.
Vie très mouvementée qui lie l'amitié profonde de ces quatre ados.
J'ai parfois souri en pensant à ma jeunesse mais cette amitié tourne très vite dans une certaine violence et reste pudique et soudée malgré le temps qui passe, malgré la douleur de certains instants.
C'est juste beau, émouvant.
Il m'est difficile de sortir les mots tant je suis bouleversée et émue.

Marie-claire


samedi 19 mars 2016

L'enfer de Church Street - Jake Hinkson

(Hell on Church Street, 2012), Gallmeister, Neo Noir, 2015. Traduit par Sophie Aslanides. 236 p.

Geoffrey Webb est en train de se faire braquer sur un parking. Et cette situation lui convient bien, il en redemanderait même. À son agresseur, il propose un marché : empocher les trois mille dollars qui se trouvent dans son portefeuille, le dépouiller de tout s’il le faut, en échange de cinq heures de voiture jusqu’à Little Rock, en Arkansas. Webb a besoin de se confesser. Ce braquage et ce pistolet pointé sur lui, il les mérite. Et il est prêt à expliquer pourquoi.

À PROPOS DU LIVRE
L’Enfer de Church Street est un hommage non déguisé à Jim Thompson dont il partage la vision du monde et l’humour noir. Ce roman est lauréat du Prix Mystère de la Critique (Meilleur roman étranger) et fait partie des 10 meilleurs polars sélectionnés par le magazine Lire en 2015.




Mon avis :
L'enfer, c'est les autres. C'est bien connu !
Quand on est rien, rien d'autre qu'un homme qui fonctionne à l'instinct, qui occulte les sentiments, les scrupules et la morale, et qui fait les mauvais choix. Des actions qui tel un boomerang lui revient à la gueule. Un mec comme ça, ça craint.
Dans ce roman, LE personnage central est Webb, Geoffrey Webb ! Et cet homme n'est rien, sinon un "Pasteur" , un homme d'église qui a choisi cette voie par facilité. Contrôler les faibles pour éviter au maximum de l'être lui même !
Webb raconte sa vie à un gars venu le braquer alors qu'il montait dans son véhicule.
Webb n'a pas peur pour sa vie, son agresseur s'en rend compte assez rapidement.
Ce que Webb lui raconte, il le fait tout en roulant sur les routes de l’Oklahoma.
Le récit,  telle une confession débute lorsque Webb décide de devenir pasteur. Un bref aperçu de son enfance et de ses motivations et puis c'est l'arrivée à Church Street, c'est là que tout commence, lorsqu'il prend possession de son premier travail comme pasteur. Lorsqu'il tombe amoureux d'une gamine, et qu'il va se retrouver embarquer dans situations d'où il ne s'extirpera pas sans dégâts !
Des dégâts que je ne vous dévoilerai pas, bien entendu ...
Ce roman de la Collection Néo-Noir est un très bon roman noir, sans morale, et où la vision de la religion n'a rien d'hypocrite.
Alors, je vous le dis sans retenue, si vous aimez le genre, foncez !
Fabe

mercredi 12 août 2015

Gran Madam's - Anne Bourrel


5 février 2015
La manufacture de livres


"...Il défait son pantalon, je fais tomber les bretelles à paillettes. Je fais glisser la culotte, il garde sa chemise à carreaux sur le dos, il enfile le plastique sur son truc. J’ai les yeux qui voient pas, je vole, je flotte, je me mets ailleurs.
Il entre, s’affale, son souffle s’accélère, ses coups aussi, ça va durer longtemps, je suis secouée comme un arbre, secouée, secouée, secouée. J’ai mal au cœur tellement il me secoue, ça va bientôt finir cette affaire ? Mentalement, je m’encourage, je gémis un peu, il s’en fout, il reste dans son délire, pas la peine que je fasse mon numéro, il continue seul sur la lande, ah, il vient, non, toujours pas, toujours pas, toujours pas, il a dû prendre un truc pour que ça dure aussi longtemps, il est en sueur, le tissu de sa chemise est hérissé de piques, il me souffle fort dans l’oreille, on dirait un train à vapeur, il me retourne, il rit tout seul, je lui dis, non, pas là, il grogne et il re-rentre en me tenant la taille entre ses deux mains, il secoue, il secoue, je me tiens comme je peux au dossier du lit, j’ai la peau des joues qui vibre, je pense pas, je ne peux pas penser, je suis trop secouée, secouée, secouée, la lumière clignote, en équilibre sur mes genoux, plus qu’une main accrochée, de l’autre main je montre la porte, pour lui dire, le parcmètre est vide, ça clignote, faut remettre du pognon si tu veux finir, il grogne mais il comprend, il connait le système, il dit, si, lo pongo, il sort à moitié à poil dans le couloir, j’en profite pour souffler, ouh, ça tourne, je suis sur un bateau, il revient, encore vingt minutes et ça repart, il me fait glisser sur le bord du lit, me re-retourne, me remonte vers lui, il m’écarte les jambes, il reste debout, j’ai la tête à l’envers, il rentre encore, profond, et ça repart une nouvelle fois, secouée, secouée, secouée, le type y met toute sa force, il me pince le haut des cuisses, j’ai l’impression de descendre une pente à toute vitesse, je peux même pas arrêter les sons disloqués qui sortent de ma bouche, putain, il vient ou quoi ?…"


Mon avis :
Le chinois, Ludovic Le Boss et Bégo la pute partent du bar en expédition punitive derrière Le Catalan. Pourquoi ? on n'en sait rien mais la traque est bien orchestrée. Tout se déroule selon les plans du trio. Plan, instinct et détermination !
Quand on est pute à la Jonquera (frontière espagnole) avec un mac tel que Ludovic et un homme de main tel Le chinois on n'a pas d'autres options que celle d'obéir et de se contenter de rêver d'une autre vie, Bego est de ces filles qui mesurent le danger sans pour autant avoir les couilles de tout plaquer.





Après la mort du Catalan, ils partent tous les trois vers Paris. Un changement de vie : mettre des kilomètres entre eux et l'assassinat avec de vagues projets : Bégo en pute de luxe et un temps planqués chez des amis du Boss.


Sur la route ils trouvent une petite fugueuse, une gamine laide mais attachante dont Ludovic semble se préoccuper. Ils la ramène chez elle, à Capendu, un petit village des Corbières et sont accueillis à bras ouverts par les parents garagistes.
Ce livre a une musique, un rythme de danger, une bifurcation lancinante que l'on sent venir à tout moment.
C'est une cavale, un arrêt en pleine canicule.
Tout le monde semble prendre le temps de vivre. Mais ça ne peut pas durer, c'est évident. La violence dont semble capable le trio et le bonheur familial du couple garagistes ne sont pas faits pour coïncider longtemps.
En effet, le moment où tout va péter, où le trio cesse de se dorer la couenne est tout bonnement super bien écrit.
Même si je sentais les événements venir, l'écriture d'Anne Bourrel m'a séduite, à donf !
Je vais donc tenir l'auteur à l'oeil ...

Fabe 

Anne Bourrel aime pratiquer et mélanger les genres. Performeuse, elle a publié des romans, des textes courts, du théâtre et de la danse-théâtre. Elle vit à Montpellier.


En vente dans toutes les bonnes librairies.
Gran Madam's d'Anne Bourrel à La manufacture de livres.



dimanche 22 mars 2015

Je te maudis - Hugo Blin

Parution: mars 2015


J'y suis arrivé. Putain d'Everest que j'essaye de gravir depuis tant d'années. Tous ces gens qui crient mon nom, ça me fait toujours autant bander. Je prends mon pied avec 80 000 personnes en même temps, c'est classe. Être le Dieu de tous ces smicards, ça me sidère, ils déboursent 70 balles, juste pour venir voir un pauvre type coké à mort chanter dix chansons et se barrer. Pourquoi un homme est assez con pour dépenser du fric pour ça ? Certains gamins n'ont pas de quoi se chausser, d’autres pas de quoi manger, et vous, en bons moutons que vous êtes, vous payez pour me voir ! Je vous aime bien, mais merde, vivez sans moi, je ne vaux rien, vous valez plus que moi, vous vous occupez de vos gamins, je vous respecte. Moi ma vie c'est métro, bedo, dodo. Cassez-vous, allez au ciné, rentrez chez vous baiser, mais aimez-vous au lieu de venir ici. Je suis qu'une merde, je m'offre à vous.




Voila, nous y sommes ENFIN arrivés, (ouf)
Hugo Blin vient de publier son livre "Je te maudis". Grand fan de Damien Saez, Hugo à entrepris d'écrire un livre racontant les démons qui hantent l'esprit d'un chanteur.
Parlons un petit peu de l'auteur d'abord.
J'me suis prise d'amitié pour ce ptit gars, étudiant en journalisme, buveur de whisky et à l'esprit dispersé comme du sable lors d'une tempête dans le désert !
Si je vous présente l'auteur de cette manière c'est que j'vous jure que c'est un cas irrécupérable !
Pour la ptite histoire c'est l'genre à m'envoyer son manuscrit (après des mois de vaines promesses) fier comme un paon, ... et à s'être gouré de fichier.
Ah ah ah ...
Ben oui, il est comme ça Hugo Blin.
Un fichier nommé "Final". Me suis pas méfiée, ben j'aurais dû.
Je suis tombée sur un brouillon plein de corrections et avec diverses possibilités de fin.
Hum hum...
Après avoir pris contact pour m'enquérir de ce fichier zarbi, l'animal me confirme (avec smiley tirant la langue) que ce n'est pas le bon DOC, ça l'faisait rire. Pas moi !
Voyez-vous le tableau ? Pff
Ceci dit, j'y croyais moi à ce livre. C'est qu'il est doué le bougre.
Et je n'ai pas eu tort.

"Je te maudis" par Hugo Blin 
Tout un programme ! On passe aux choses sérieuses ? Allez hop, c'est parti.

Mon avis :
Le genre, la catégorie où pourrait éventuellement se trouver ce roman sont assez larges. Je le classerais dans "jeunesse" mais pas que ... ça m'a bien plu à moi et j'ai quelques kilomètres au compteur ! C'est un roman noir aussi.
Bref, "Je te maudis" peut être lu par un large panel de lecteurs.
Lazlo, le "héros", s'il en est un, est un jeune de la campagne, un solitaire, et le jour où il tient une gratte dans ses mains il sait que son avenir sera là et nulle part ailleurs. Il en veut, il en bave, et il fera baver les autres aussi.
Le livre s'étale sur plusieurs époques, de l'adolescence à La scène ..  La musique, l'osmose avec ses fans, l'alcool et la drogue sont le lot quotidien de Lazlo.
Mais l'auteur réussi à nous faire entrer dans l'âme torturée de Lazlo avec une certaine facilité.
Hugo Blin a une écriture franche, nette, parfois coupante mais l'histoire n'est aucunement privée de sensibilité. En effet, on ne peut détester Lazlo !
De salles de concert en salles de concert, au fil du temps qui passe, le jeune Lazlo s'affirme, change.
Les "chapitres" illustrés par de courts textes de Saez ajoutent aussi de la "classe" au récit.
L'évolution du personnage de Lazlo est bien maîtrisée, Hugo Blin s'en sort comme un chef.

Je ne peux évidemment pas continuer à vous raconter le livre, je ne suis pas là pour ça. Alors, lisez-le et faites-vous votre opinion.
Sachez que "Je te maudis" aura une suite, mais n'ayez crainte, ce livre-ci a bien une fin !
D'ailleurs au sujet de cette suite, j'ai bien envie de poser deux ou trois questions à Hugo Blin.
Fabe

Bonjour Hugo, est-ce ton premier livre ?
Bonjour Fabe, bonjour à tous. Eh bien non ce n'est pas mon premier livre, j'écris depuis que je suis tout petit donc j'ai eu le temps d'écrire des romans (qui laissent parfois à désirer, je l'admets). 2 romans au compteur, une nouvelle, et la biographie d'une dame, je l'ai écrite pour l'aider à payer sa maison, une partie du prix du livre lui étant reversée. Je suis très fier de celui-là, car c'est mon seul livre édité à compte d'éditeur pour l'instant. C'était un beau projet.
Tu me confirmes une suite pour "Je te maudis" ?
Oui, je te confirme une suite pour Je te maudis, le livre s'appellera Shay (référence à un groupe que j'adore qui s'appelle Indochine). Le livre sera beaucoup moins noir que son frère et maintenant Saez c'est fini, il prendra pour exemple l'univers d'Indochine et des thèmes que ce groupe défend (ils sont totalement contre l'Homophobie par exemple)
Je suis très curieuse, as-tu d'autres projets d'écriture ?
Oui, j'ai d'autres projets d'écriture, mais je n'ai pas le temps pour les écrire, j'attends les vacances d'été pour m'occuper de "Shay", mais aussi un roman d'horreur, et enfin un roman à la "1984" d'Orwell. Tout un programme. ; merci Fabe pour cette belle chronique et l'aide que tu m'as apportée pour cette aventure.
Merci Hugo







       Vous avez envie de vous procurer le livre ?


               Alors c'est par ICI que ça se passe !



samedi 14 février 2015

Drive - James Sallis

Rivages (28 septembre 2011)- 176 pages

Dans un motel de Phoenix, un homme est assis, le dos au mur d’une chambre, et il regarde une mare de sang qui grandit à ses pieds. Ainsi commence drive, l’histoire, selon James Sallis, d’un homme " qui conduit le jour en tant que cascadeur pour le cinéma, et la nuit pour des truands ". Dans la grande tradition du roman noir, il est " doublé " lors d’un hold-up sanglant, et bien qu’il n’ait jamais auparavant participé aux actions violentes de ses partenaires occasionnels, il se met à traquer ceux qui l’ont trahi et ont voulu le tuer.

Dédié à Ed Mcbain, Richard Stark et Lawrence Block, Drive est un roman au style affûté comme un rasoir, qui n’est pas sans rappeler l’écriture sèche et nerveuse de Jean-Patrick Manchette. Un exercice de style éblouissant de la part de James Sallis, créateur du privé Lew Griffin, poète, universitaire, traducteur en Amérique de Raymond Queneau et dont la plupart de ses romans ont été édités en Série noire.



Mon avis :

Avec Le Chauffeur (sans nom), pas de dérapage incontrôlé !

Né dans une famille de bouseux, d'un père violent et d'une mère complètement folle (qui tuera le père, à table pendant le repas familial ...) il a 16 ans quand il est placé dans une famille d’accueil.
Famille qu'il quittera en "empruntant" leur bagnole !

C'est un roman noir, court mais efficace qui a de réelles différences avec le film et comme à l'accoutumée j'ai préféré le lire.
Le chauffeur ne cherche pas les embrouilles, il fait son boulot et il le fait bien !
Après avoir rencontré Shannon qui lui apprend les ficelles du métier il devient LE cascadeur fétiche des plateaux de cinéma.
Son taf, il le fait bien. Pas besoin de plusieurs prises, c'est directement dans la boite.

Pour arrondir ses fins de mois il est aussi chauffeur pour des braquages.
Sa réputation le précède : virtuose de la cascade et de la fuite devant les condés !
Jusqu'au braquage de trop, celui qui le met en danger, celui qui le fait sortir de ses "règles".
Car le chauffeur, doué et obéissant a des règles, oui ...
-prudence
-prudence
-prudence
-... pas de vagues.
Il n'a pas spécialement d'amis non plus sauf peut-être le Doc, d'une certaine manière.

De subtils flash-back nous apprennent à mieux connaitre ce personnage atypique, la violence est sous-jacente, l'écriture fluide et cela en fait un roman intéressant et très agréable à lire.

Voilà,  j'ai dit !

Fabe

samedi 20 décembre 2014

Grossir le ciel - Franck Bouysse

La Manufacture de Livres  2 octobre 2014


L’abbé Pierre vient de mourir. Gus ne saurait dire pourquoi la nouvelle le remue de la sorte. Il ne l’avait pourtant jamais connu, cet homme-là, catholique de surcroît, alors que Gus est protestant. Mais sans savoir pourquoi, c’était un peu comme si l’abbé faisait partie de sa famille, et elle n’est pas bien grande, la famille de Gus. En fait, il n’en a plus vraiment, à part Abel et Mars. Mais qui aurait pu raisonnablement affirmer qu’un voisin et un chien représentaient une vraie famille ? Juste mieux que rien. C’est justement près de la ferme de son voisin Abel que Gus se poste en ce froid matin de janvier avec son calibre seize à canons superposés. Il a repéré du gibier. Mais au moment de tirer, un coup de feu. Abel sans doute a eu la même idée ? Non.
Longtemps après, Gus se dira qu’il n’aurait jamais dû baisser les yeux. Il y avait cette grosse tache dans la neige. Gus va rester immobile, incapable de comprendre. La neige se colore en rouge, au fur et à mesure de sa chute. Que s’est-il passé chez Abel ?






 Mon avis :

Grossir le ciel ...

"C'est un drôle de cadeau, la vie ... ça se refuse pas, n'empêche,  on se demande parfois si y aurait pas mieux à faire que de l'ouvrir sans savoir ce qu'il y a dedans"

Franck Bouysse a écrit ici un roman remarquable.
Quelle écriture envoûtante !

Dans les Cévennes, plus précisément au lieu-dit "Les Doges" la vie est celle des saisons. Dans ce coin perdu où se côtoient montagne, prairies et forêts vivent Gus et Abel, deux fermiers, voisins de quelques centaines de mètres à peine.
Deux hommes seuls qui égrènent leur vie au rythme des bêtes, de leur terre et de plaisirs simples.
Ils n'ont pas connu autre chose depuis le jour de leur naissance et s'ils sont amis, c'est une amitié méfiante et pleine de pudeur qui est installée entre eux depuis toujours. La pudeur de deux hommes solitaires qui ont la vie rude, de celle qu'on ne rencontre plus trop de nos jours. Des hommes comme eux, ça cause pas à tort et à travers, ils n'en ont pas trop le temps non plus.
La ferme, leur terre, c'est tout ce qu'ils connaissent.

"Le seul trésor qu'ils côtoyaient chaque jour était en même temps l'expression de leur calvaire, cette nature majestueuse et sournoise, pareille à une femme fatale impossible à oublier"

L'histoire se passe en plein hiver, la neige et le froid ont fait leur apparition, après s'être occupé de ses bêtes Gus rentre dans la maison pour se réchauffer avec du café et un bon feu. Il s'occupe de Mars, son fidèle et sympathique bâtard, avec un peu de lait encore tiède qu'il vient de traire, quand il entend à la télévision l'annonce du décès de l'abbé Pierre !
Ça le préoccupe au Gus, pourtant pas spécialement attiré par les "suceurs de bible" , la mort de l'abbé ça le chamboule ! Mais Gus va aller de surprise en surprise. Il est loin d'avoir fini d'être chamboulé ....

Très vite, c'est une histoire qu'on ne peut plus lâcher, on ressent, on devine qu'un événement important se prépare.
L'auteur mêle avec doigté l'ambiance et les détails, en virtuose ! Comme je le disais plus haut l'écriture est envoûtante, captivante et riche en images.
C'est un livre court, mais tellement dense que je pourrais vous en parler encore, mais non, je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même.
C'est le premier livre de Franck Bouysse que je lis. Un livre d'un auteur français qui parle de grands espaces, c'est rare. Et il le fait tellement bien !
Un auteur que je relirai !
Grossir le ciel est à lire absolument. Et si vous êtes un lecteur exigeant, croyez-moi vous ne serez pas déçu du voyage.
Fabe

"Grossir le ciel" : Ici à La Manufacrure de Livres

Deux autres livres de Franck Bouysse :
- Le vagabond (Ecorce Editions)
- Pur sang (Ecorce Editions)


Franck Bouysse vit à Limoges. Il aime marcher dans les villes, s’arrêter dans un bar, écrire en écoutant Antony and the Johnsons, Billie Holiday et fumer d’immondes cigares italiens. Il publie un roman noir (L’Entomologiste), puis ensuite sa trilogie H. (Le Mystère H., Lhondres ou les ruelles sans étoiles et La Huitième lettre). Il réalise également les dossiers introductifs de l’intégrale BD de Théodore Poussin (par Frank Le Gall) et participe ça et là à divers projets collectifs.
Source :  Léon- Marc Levy : http://www.lacauselitteraire.fr/grossir-le-ciel-franck-bouysse

mardi 15 juillet 2014

Le sable était brûlant - Roger Smith



408 pages



Date de parution: 
05/03/2014
Editeur d'origine: 
Calmann-Levy

 Un avis avisé de Vincent Garcia qui nous fait le plaisir de le partager avec nous !

 Merci à Vincent !



 Attention, coup de coeur !

Accusé du meurtre de sa femme et de ses enfants, Robert Dell comprend que c'est à sa vie qu'en veut Inja
Mazibuko,le flic et chef zoulou qui l'a arrêté. Désespéré, il s'attend au pire lorsqu'il est kidnappé par son père,
ancien mercenaire de la CIA, bien décidé à rendre justice lui-même.
Commence alors une traque infernale à travers une Afrique du Sud où la violence côtoie la misère et 
l'archaïsme tribal. 
Dans sa quête de vengeance, Dell croisera le chemin de Sunday, une adolescente prête à tout pour
échapper au mariage forcé auquel elle est destinée, et de Disaster Zondi, un ancien flic.


Le Washington Post dit de Roger Smith « qu’il écrit avec la brutale beauté d’un Elmore Leonard qui serait de
méchante humeur ». En fin de compte, cette affirmation paraît tout à fait correcte.
Mais ce serait réducteur de le réduire à un clone en colère d’Elmore Leonard, tant est grand son talent 
de conteur,
et son don pour créer des personnages qui vous marqueront.










Robert Dell, ancien militant pacifiste, reconverti en journaliste free-lance, est accusé du meurtre de sa femme et de ses enfants, alors qu’ils 
ont été victimes d’un accident provoqué, dont lui est sorti indemne. Il réalise par la suite que les responsables ont des connections avec la 
police et la justice.
Son père Robert Goodread, récemment libéré de prison pour raisons de santé, prison où il purgeait une longue peine en raison de son 
appartenance passée à des escadrons de la mort anti-apartheid, et qui a conservé des réseaux actifs, est la seule personne susceptible de 
lui venir en aide.
L’exécuteur des basses œuvres du ministre de la justice, Inja (le chien, en langue zouloue) Mazibuko, qui a provoqué la mort de la famille de Dell, 
est un chef Zoulou et un officier de police corrompu.
De plus il est atteint du SIDA, et selon la croyance populaire, le seul moyen de guérir serait d’épouser une jeune vierge lors d’une cérémonie 
traditionnelle, et la consommation du mariage le guérirait du virus.
Son choix se porte donc sur Sunday, jeune fille zouloue de 16 ans, dont il a jadis désiré la mère, mais sans succès.
Quelques années après, il a massacré ses parents et brûlé leur maison.

Son salut viendra de Disaster Zondi, dont nous avons fait la connaissance dans « Mélange de sangs », ancien officier de police et ami d’enfance 
d’Inja Mazibuko ,qui reçoit par inadvertance le faire part de mariage et décide de retourner dans son village natal pour enterrer les fantômes de sa 
jeunesse criminelle.
Disaster Zondi a eu dans le passé une liaison avec la mère de Sunday.

Toute cette galerie de personnages, liés par la mort de la famille de Dell, vont finalement se confondre en un tableau commun, dans un road movie 
intense et sanglant. En une écriture très fluide, il nous déroule cette histoire d’une violence extrême, d’un ton si douloureusement précis, lucide et  
fascinant que vous ne pouvez pas lâcher l’histoire, avant sa fin, évidemment tragique.

En plus d’un roman noir, c’est également un roman politique et social. L’auteur sait nous faire comprendre la lutte pour la justice et la rédemption que 
mènent Zondi,
Dell et Goodread . Ils sont le miroir de la société sud-africaine qui poursuit les mêmes buts. Et les personnages de Mazibuka et Sunday, sont 
évocateurs de la dichotomie de la culture Zouloue, entre les traditions du passé et l’intégration dans le monde moderne.
C’est un roman sur un pays encore déchiré, gangrené par la corruption, où la criminalité est endémique, les viols et les meurtres sont encore monnaie 
courante, soumis aux ravages du SIDA, et dans lequel il subsiste peu d’espoir pour une vie meilleure.




Roger Smith nous livre là un roman désespéré, un voyage au cœur des ténèbres, d’une noirceur absolue, mais par là même d’une grande beauté.

Vincent Garcia




Roger Smith
Né à Johannesburg, Roger Smith partage aujourd’hui son temps entre Le Cap et la Thaïlande.
Il est producteur, réalisateur et auteur de scénarios.