'> Fabebook

dimanche 2 juin 2019

La mort selon Turner - Tim Willocks

Editeur : Sonatine 11 octobre 2018


Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.
Lors d'un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s'annonce brillante à cause d'une pauvresse ? Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s'en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides. Lorsqu'il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.
Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu'hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l'Afrique du Sud tout le souffle et l'ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d'empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d'une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : " Sur cette Terre, il y a quelque chose d'effroyable, c'est que tout le monde a ses raisons. "


Mon avis

Connaissant le style d'écriture de Tim Willocks je me  suis jetée sur "La mort selon Turner " comme la petite vérole sur le bas clergé (j'aime la placer celle-là). Grand bien m'a fait car c'est une histoire super bien foutue avec un  contexte intéressant, car je suis peu habituée au climat du Cap-Nord.
L'auteur est précis et nous fait connaître les personnages du roman avec l'art de manier les mots qui font de lui (à mon humble avis ) un auteur de "roman noir-thriller" qui n'as rien à envier aux plus grands.
Quand Turner est envoyé à Langkopf  pour enquêter sur la mort d'une pauvre fille au pied d'une benne à ordures et devant un établissement douteux (dans le paysage tout est douteux) il constate qu'elle à été écrasée par deux fois et qu'elle n'était pas encore tout à fait morte à son arrivée, de plus elle était en possession de la carte de visite de Turner. Il démarre ses investigations et en arrive assez vite à une conclusion.
Et c'est sous cette chaleur écrasante qu'il part pour interroger et recueillir les aveux de Dirk le fils de Margot Leroux.
C'est sur ce simple "accident-délit de fuite" que commence cette histoire de dingue, ce roman noir pure jus !
Afin de trouver le Dirk en question, Turner va devoir se rencarder auprès de la police locale, il faut dire qu'en Afrique du Sud la corruption et la pauvreté est présente partout. Et même si l'apartheid a été abolie en 1994, les noirs et les blancs sont loin d'être toujours copains-copains. Bref, tout ça pour dire que Radebe Turner est noir, la fille morte est noire et Dirk Le Roux est blanc. Cela ne simplifie pas les choses.
Ça les simplifie encore moins quand on s'attaque au fils unique de Margot Le Roux. Elle possède la mine de manganèse, elle est très riche et a beaucoup d'hommes a ses ordres. Vous aurez compris que ça va foutre un beau bazar pour l'enquêteur.
Au fil de la lecture tout se met en place. Tous les passages sont super intéressants. Turner se révèle être un gars sans concession et doué pour le combat.
De fil en aiguille l'atmosphère de l'histoire s'épaissit et toujours avec une écriture fluide qui nous plonge petit à petit dans ... le plus noir encore.
Mais franchement,  plus noir que le fameux passage de la seconde moitié du bouquin, tu meurs.
Un passage à ne pas lire si vous êtes une petite nature. Et tout ça avec précision et détails écrit par un spécialiste. 




Ben oui, Tim Willocks n'est pas qu'auteur de roman noir. Psychiatre, artiste peintre, chirurgien et maître en arts martiaux ...   Bref il met ses connaissances au profit de ses histoires.
Alors si vous ne l'avez pas encore lu, allez y c'est de la bombe.

Fabe

Déjà lu :  Green river - Bad city blues - Les rois écarlates.


dimanche 26 mai 2019

Même pas peur - Luc Venot

Editeur : Editions Humanis 17 janvier 2014




Résumé
Des crimes précédés de tortures... Et toutes les pistes qui mènent vers ce foutu foyer de la DASS de la rue Serpolet ! C'est quand même pas des gamins qui ont pu faire ça ?!
Le commissaire Hercule Mapèch en perd son latin. Pour être honnête, du latin, il en a jamais eu beaucoup, mais c'est un teigneux, Hercule, et il ne lâchera pas l'affaire. Fabulous-Fab et Biggy-l'avion-de-chasse sont là pour l'aider, les assassins n'ont qu'à bien se tenir !
Un thriller inventif et culotté, aussi drôle qu'effrayant, aussi émouvant qu'étonnant. Une superbe histoire d'amitié au cœur du monde des paumés.





Mon avis

La D.D.A.S, là où atterrissent les enfants abusés,  mal traités,  pas ou mal aimés. Là où l'enfance n'est plus, tant à savoir si pour eux elle ai jamais existé.
La D.D.A.S, dernière "chance" de survie pour des gosses sans repaires.  La plupart d'entre eux ne s'en sortent pas indemne, tout le monde le sait.
C'est le cas d'Antoine,  d'Émilie et des autres.
D'emblée Luc Venot nous plonge dans l'horreur, Antoine tue ! Il tue des familles, férocement,  mécaniquement.
Et même si l'écriture manque un peu de maturité,  l'auteur nous livre avec force ce thriller où il place le suspense dans la suite de cette révélation des premières pages.
Antoine vit dans un foyer où il côtoie d'autres ados et aussi des adultes en difficulté sociale. Pas facile, mais Antoine est intelligent et fait sa place, se protège avec les moyens dont il dispose.
Son meilleur ami, son frère,  Rio 13 ans vivant dans un squat l'accompagne lors de ces "sorties". Ils sont soudés, unis contre le monde entier.
Antoine rencontre l'amour d'Émilie ainsi que l'amitié adulte et virile de Michel. Mais peut-il y avoir de l'impunité face à la violence,  la haine et le meurtre ?
Des policiers vont entrer dans l'arène et mener leur enquête.
Ce livre aborde non seulement la violence et la vengeance,  mais aussi de l'amour,  de l'amitié et de la justice. Sans pour autant pleurnicher sous le masque de l'hypocrisie.

Ce livre est un cadeau de Carole sans qui je n'aurais sans doute pas lu cette histoire qui par son résumé,  sort de mes sentiers habituels.
Merci Coupine 💖

Fabe

L'auteur :

Né à Paris, ancien photographe, puis constructeur de décors pour spectacles, Luc Venot est un écorché vif qui n’a pas hésité à puiser dans les épisodes de sa vie chaotique pour donner vie à ses personnages. Il ne compte pas en rester à ce premier succès et travaille déjà sur un deuxième roman.
Curieux de tout, sa citation préférée est « Qui accroît son savoir, accroît sa douleur » . Tout un programme…

lundi 15 avril 2019

Tuer Jupiter - François Médéline

23 août 2018
La Manufacture De Livres






Le 2 décembre 2018, le corps du plus jeune président de la République française, Emmanuel Macron, rejoint le Panthéon devant les spectateurs du monde entier. Le pays, le gouvernement et ses proches demeurent incrédules face à son assassinat. Ne reste plus qu’à remonter le temps pour suivre les ramifications du complot qui a conduit à cette fin. Le romancier François Médéline, après dix années passées dans les coulisses du gouvernement, nous offre une fiction politique moderne et percutante. De sa plume explosive, il s’amuse à mettre en scène les grands de ce monde et nous parle du règne de l’image, de pouvoir et de démesure.






Mon avis :

Une lecture d'actualité où certains mécontents y verraient peut-être une bonne idée.  Pourtant François Médéline a  écrit ce livre avant les manifestations des gilets jaunes !
Le roman est écrit, en majeure partie, comme une chronique journalistique.
Des faits, rien que des faits, passés au chronomètre qui dès les premières pages m'ont parues être une ode à un César, un hommage à la France ...
Dans l'univers de la communication qui est le nôtre , la rapidité des informations arrivent par Tweet, texto et autres moyens rapides. L'auteur en joue, voire en abuse mais c'est là une facette de la façon dont ce roman a été écrit. Cela peut plaire ou lasser.  
Brigitte et le président par intérim organisent et enterrent Manu avec tout le faste dont peut bénéficier un homme assurant cette fonction.
D'un autre côté on fait connaissance avec les hommes de la DGSE DGSI ...  et tous les autres abrégés politicos.
Sans rentrer dans une enquête policière classique pour autant, l'auteur dévoile le "pot aux roses". Comment et pourquoi Macron, le jeune président  s'est retrouvé chocolat bleu pâle et se repose au Panthéon.
Les moments voulus plus légers  ... et les phrases à répétition m'ont un peu lassées, dommage.
Après La politique du tumulte de François Médéline qui m'avait bien accrochée et dont je parle ICI, c'est avec un peu de déception que j'ai refermé Tuer Jupiter.





















lundi 8 mai 2017

Zanzara - Paul Colize

09 Mars 2017
Fleuvenoir
320 pages



Fred, 28 ans, est journaliste. Membre d’une team de jeunes pigistes web, il rêve de gloire et de signer un article papier qui fera date.
La nuit venue, Fred mène une double, voire une triple vie.Avant tout, il aime une femme mariée. Une liaison passionnelle, mais sans espoir. Ensuite, il aime le risque, les paris et l’adrénaline. Fred se sent vivre quand il flirte avec les limites.Ces savants cloisonnements vont voler en éclats le jour où il reçoit un coup de fil à la rédaction. Rendez-vous lui est donné le lendemain pour recueillir des révélations fracassantes.
Arrivé sur les lieux, Fred va faire une rencontre qui le poussera à enquêter sur un fait divers apparemment anodin. Son obstination va provoquer une réaction en chaîne, jusqu’au final, inattendu et époustouflant.





Mon avis :
Fred, pigiste-web au Soir à Bruxelles est un gars de 28 ans qui s'éclate en dehors de ses heures de boulot, à défier la mort.
Cette mort il la titille aux limites de l’extrême, prends les paris et diffuse la vidéo sur le web.
Narguer la grande faucheuse, chez Fred c'est un besoin.

"Le rouquin a ouvert les paris pendant que je m'installais en face du mastodonte. J'ai agrippé les électrodes encore humides de la sueur du tatoué.
le mec en tablier a balancé le jus et une tronçonneuse m'a découpé dans le sens de la longueur. Mille millions de picotements se sont propagés dans mon corps et ma vessie s'est mise à cramer.
Les gens hurlaient de tous côtés en me regardant tressauter comme un taulard de Sing Sing."

Un pigiste-web a cette particularité de ne pas bouger de son bureau, toujours en ligne à l'affût d'un évènement digne d'être relaté.
Un jour Fred reçoit un coup de fil d'un homme disant être en danger de mort et qui lui donne rendez-vous à son domicile. Fred part donc près de Bouillon (Ardennes belge) pour
se rendre compte de la véracité de l'information. Il découvrira un cadavre, une balle dans la tête.
Au fil de son enquête, il plonge dans l'univers des mercenaires.
Le roman est noir et de belle écriture, nul policier à la rescousse, l’enquête c'est Fred qui la mène.
Paralèlement, il y a dans cette histoire la vie amoureuse de Fred, mais Camille est Mariée !
Et tout ça, ça sent les emmerdes.

Après "Un long moment de silence" c'est le deuxième livre que je lis de Paul Colize et celui-ci m'a autant emballée que le précédent.
La description des personnages est vivante et riche (mais pas trop), juste assez et sans prétention. Et je m'imaginais très bien les images.
Même les temps morts sont intéressants.

Super bouquin !
Fabe

lundi 9 janvier 2017

Acte 3 - Patrick Henderickx

Editeur : Henderickx (Patrick) (12 janvier 2014) 376 pages.




Patrick Henderickx a tout connu. Les mauvais traitements dans les foyers de placement, le luxe des palaces et, pour finir, la prison. Il a vécu avec la peur, parfois l'amour et surtout un désir irrépressible de vengeance. Aujourd'hui, il raconte. Il décrit sans concession mais avec pudeur son chemin pour s'imposer dans une société ne voulant pas de lui. Puis comment de gosse des rues devenu malfrat, il devient un jour un chef d'entreprise respecté de tous, risquant sa vie pour sauver des enfants. Ce récit coup de poing est celui d'un homme hors norme qui s'est forgé un destin à la force du cœur.






Mon avis :

Bruxelles, 1967 : Pour protéger son gamin d'un père alcoolique et violent, une jeune maman dépose son fils de 6 ans dans un home pour enfants,.
Cet enfant est l'auteur lui même, Patrick Henderickx !
C'est une découverte pour ce gamin, découverte d'un monde qu'il ne pouvait évidemment pas soupçonner.
L'histoire que Patrick Henderickx nous raconte est la sienne. Ce livre, digne du meilleur roman noir qui soit,  commence fort.
Le petit garçon découvre l'autorité des surveillants,  la cantine et le dortoir où il va dorénavant devoir dormir. Il va se lier d'amitié avec Maximilien, (qu'on surnomme Max). Très vite, on sent que l'ambiance est tendue, à l'heure où les enfants ont besoin de câlins pour passer une belle nuit, les enfants cachés sous leurs couettes,  ont peur de fermer les yeux. Victimes de pédophilie de la part des surveillants pervers,  ils tremblent au lieu de sourire aux anges.
Et Patrick n'y  échappera pas ! Cela durera des années et avant que Patrick ne quitte "l'école du cul défoncé" (sic), Max et lui se sont promis que plus tard, ils allaient tous les tuer ...
Enfance et adolescence difficile puisque marquée par le mal, l'auteur rencontre pourtant l'Amour mais aussi la discipline des arts martiaux, jusqu'au jour où une erreur judiciaire va faire remonter la haine ...
Faut lire le livre hein, je peux pas tout raconter !
Patrick raconte ... tout (ou presque) de sa vie de truand, c'est du grand banditisme ! des bonnes actions comme des mauvaises,  il explique "le milieu", il nous raconte ses "retrouvailles" avec Max .. Eh oui, quand je vous dis de lire ce livre !
C'est le parcours d'un homme hors du commun puisqu'il sortira du banditisme pour tenter (et réussir) de sauver des jeunes égarés,  crucifiés par la vie. Tour à tour,  sauveteur et homme d'affaire (ben oui, faut manger aussi) Patrick Henderickx va prouver noir sur blanc que dans la vie, rien n'est définitivement fini et bouclé. Que dans la vie tout est possible.
Ce qui arrive par la suite est tout autant incroyable et digne d'un film (d'ailleurs il est prévu que ce soit le cas ... )
Ce livre est très bien écrit, Patrick rentre dans le vif du sujet et pourtant ses mots sont pleins de pudeur.
C'est peut être un exutoire,  et pourquoi pas ! mais c'est un témoignage fort. Le lecteur n'en sort pas indemne. Exutoire, vengeance, rédemption (bien que je n'aime pas ce mot) réussite et don de soi sont les moteurs du livre et de la vie de l'auteur.
Comme je disais plus haut, c'est digne d'un Grand roman noir.
J'ai bien envie de vous en expliquer un peu plus tellement l'histoire est forte, mais malheureusement je ne peux spoiler ...
Je rajouterai ceci :
J'ai aimé lire cette bio, même si les faits racontés sont parfois très durs, l'histoire est tellement incroyable et pleine de rebondissements que c'est un livre que je conseille de lire !

Fabe

vendredi 2 décembre 2016

Inflammation - Eric Maneval

novembre 2016 - 182 pages
Collection Territori - La Manufacture de Livres

Je leur dirai que leur maman est partie et qu’elle a eu un accident. Voilà ce qui s’est passé, les enfants. Maman a eu un accident
et elle est tombée dans la rivière. C’est la pure vérité. Elle est partie, et surtout ne me demandez pas pourquoi.
Ne me demandez jamais pourquoi, parce que je n’en sais rien et ça me rend fou.

Liz disparaît un soir d’orage violent. Jean a tout juste le temps de la voir prendre le volant et s’enfuir sous les trombes d’eau.
Dans le courant de la nuit, une fois la ligne téléphonique rétablie, la voix de Liz hurlera dans un message : « Pardon, Jean ! Pardon ! »

Toutes les questions qui se mettront à hanter Jean à partir de cette nuit-là ne le mèneront qu’à l’angoisse et au doute,
car on ne sait jamais si ce que l’on voit, d’autres le voient aussi. Et s’ils le voient, on n’est jamais certain qu’ils l’interprètent
de la même façon que nous. Nous écoutons ce qu’ils en disent et nous continuons de croire ce que l’on a vu, mais qu’en est-il au juste ?
On ne sait pas.
Il en va ainsi des paysages, des choses et des êtres.
Parfois des êtres qui nous entourent. Parfois de ceux qu’on aime plus que tout au monde depuis des années.

Mon avis :
Quand Liz disparaît de son domicile un soir d'orage très violent, la vie de Jean est anéantie.
Au delà de ça,  ce sont aussi toutes les certitudes de Jean qui disparaissent.
Pourquoi Liz est-elle partie, comme ça sur un coup de tête ? Pourquoi, après,  laisse t-elle un message pour que Jean la pardonne ?
L'histoire se passe en France, je ne sais pas où et on s'en fout, les mots de l'auteur nous racontent autre chose et ses mots nous prennent en otages.
Pour leurs deux enfants,  Jean va se battre et il va chercher ce qui a bien pu pousser Liz à sortir ce soir là ...
Tout au long de l'histoire,  les apparences sont trompeuses, et Eric Maneval nous offre un roman noir comme je les aime.
C'est un roman avec du mystère, du suspense, de l'angoisse et du danger. Mais surtout, c'est écrit avec talent, Eric Maneval tient le lecteur éveillé, intrigué, curieux et envoûté. C'est un roman qu'on ne lâche pas. D'ailleurs, je l'ai lu en deux coups !
Pour une partie de ce roman,  l'auteur aborde un sujet qui aurait pu être un peu trop technique, voire un peu fantastique (juste abordé avec finesse) mais il a eut  le savoir-faire pour écrire ces passages avec une simplicité dans les mots, il n'a pas submerger le lecteur avec des inutilités, voilà aussi ce que j'apprécie dans un roman !
Liz, qui ne réapparaîtra pas ..., a laisser à son mari un héritage mystérieux et lourd à porter,  Jean va devoir démêler cet imbroglio, apprendre qui était vraiment Liz.
Je ne peux en dire plus sans spoiler l'histoire, mais c'est le deuxième roman d'Éric Maneval que je lis, et je peux vous dire que je les ai énormément appréciés tous les deux !
Sincèrement,  je suis emballée !

Fabe


Eric Maneval est bouquiniste, guitariste et veilleur de nuit. Il vit à Marseille.
Son précédent roman Retour à la nuit a reçu le Prix du polar lycéen d'Aubusson.

* Roman que j'ai beaucoup aimé et dont je parle ICI

 

samedi 24 septembre 2016

Rural noir - Benoît Minville

Collection Série Noire, Romans noirs, Gallimard
Parution : 18-02-2016



Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l'insouciance.
Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l'innocence.
Après dix ans d'absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.
Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d'une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l'amitié et la famille.
Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d'une nature «préservée» – ou en friche.



Mon avis :
Quatre ados, unis comme les doigts de la main, aiment à s'appeler Le gang ! Romain, Chris, Vlad et Julie forment ce quatuor au cœur d'un village de la Nièvre.
Ils font ce que font tous les ados qui se connaissent depuis leur tendre enfance peuvent faire, ils s'amusent,  se testent, mais surtout, ils entretiennent une fidélité style "tous pour un, un pour tous".
Le récit commence au retour de Romain. Après dix ans d'absence,  il revient voir son frère,  ses amis du gang et Julie dont les trois garçons étaient amoureux chacun à leur manière.
Dans leur village, le temps s'est figé.  Rien n'a vraiment changé.
Un événement a lieu peu après le retour de Romain,  Vlad a de très gros soucis et les trois amis vont faire comme ils ont toujours fait, c'est à dire : régler le problème à eux trois. Mais le temps n'est plus à l'adolescence ...
Des conflits apparaissent entre eux,  des non-dits vieux de dix ans vont devoir se dire, s'expliquer !

Cette histoire est celle d'une belle amitié et j'ai adoré la lire. Je vous conseillerais donc ce roman noir de Benoît Minville !

La seule critique que je ferai est celle-ci : j'ai été gênée dans ma lecture par un manque de différence entre les ados qu'ils étaient et le présent.  En effet l'auteur fait quelques retours dans le passé et on ne "ressent" pas d'évolution ... Comme si les quatre n'avaient aucunement changés,  évolués.
Dommage pour ce couac que Le vent sombre explique très bien, ICI.

Fabe