'> Fabebook: 2013

mardi 31 décembre 2013

L'année 2013 est finie : Bilan de lecture


L'année 2013 est finie !!!
Les mois filent et les lectures aussi. Voici un bilan de nos lectures et chroniques en résumé pour vous donner juste un aperçu et vous laissez découvrir si vous en avez l'envie.
MarcSupilami et moi-même vous souhaitons une bonne pioche et surtout : bonne lecture !

Fabe & MarcSupilami


Le cimetière des hirondelles - Mallock
"Je l'ai tué parce qu'il m'avait tué... C'est l'unique réponse qu'obtient le commissaire Mallock lorsqu'il interroge Manuel Gemoni, homme honnête et sans histoire, parti un matin à l'autre bout du monde pour assassiner un vieillard qu'il ne connaissait même pas."
- J'ai fortement apprécié ce livre et pourtant j'ai hésité longtemps avant de le commencer.
Je vous le conseille avec enthousiasme !!!!
Chroniqué pour vous ici !!!

La religion - Tim Willocks
"La Religion", c'est le nom que se donne l'ordre des Hospitaliers, mais c'est aussi la bannière sous laquelle se rallie parfois la folie des hommes. En 1565, claustrés sur leur petit archipel au sud de la Sicile, les chevaliers de Malte s'apprêtent à recevoir les furieux assauts de l'armée ottomane.
 - Pas su le lire ... il fait partie du club de la page 30 !!!

5ème Avenue - Christopher Smith
Un gros livre de presque 500 pages qui commence comme un téléfilm sur tf1 ... aïe aïe aïe ! Bon ben comme il est ouvert j'entame les 100 premières pages. En même temps hein un livre qui porte le titre de "5ème avenue" n'allait pas m'emmener à Banghor dans le Maine.  Donc je reviens au ; aïe aïe.
Chroniqué pour vous : ici

Un jeu de folles - Carter Brown
Danny Boyd est  détective privé new-yorkais et passe de bons moments à Hawaï où il se prélasse, drague et picole ... dans le désordre.
Surgit alors sans crier gare dans la chambre de Danny une donzelle venue pour l'engager à jouer le rôle de son fiancé.

Chroniqué pour vous : ici

Le violon d'Hitler  - Igal Shamir
Tout d'abord cela commence par une réunion festive dans un château en France avec tout le gratin de l'armée allemande,  SS et compagnie.
Un violoniste, simple troufion dans la Wehrmacht est "convié" à donner un concert pour tout ce beau monde. L'invité surprise est Adolf Hitler en personne.

Une agréable découverte chroniquée pour vous : ici

La Bague au crâne - Scott Nicholson
Un bon "petit" thriller qui commence un peu comme ... décousu. J'ai hésité à en continuer la lecture car l'écriture me semblait un chouïa trop tirée en longueur.
Mais arrivée vers la page 40 j'ai été prise dans l'histoire qui tout compte fait est un bon suspense.

Chroniqué pour vous : ici

Haut le cœur -  Gaëlle Perrin-Guillet
Alix Flament est une journaliste qui six ans plus tôt était spécialiste des affaires criminelles, heureuse en ménage elle est mariée depuis longtemps à un médecin légiste.
Elle s'ennuie un peu à écrire des articles sur les frasques sexuelles des politiciens lorsqu'on lui annonce l'évasion d'Éloane Frezet.

Chroniqué pour vous  : ici

Les harengs de Ploucamor - François Troudic
Avis aux âmes sensibles : s'abstenir de lire ce livre si vous êtes particulièrement émotifs, si la disparition subite de votre amoureuse vous traumatise, si la presque mort de votre compagnon, un fidèle cornichon nommé Michou vous plonge dans une dépression inguérissable et si vous n'avez pas l'esprit "aware".
Chroniqué pour vous : ici


Voleur à la douzaine - Donald Westlake
Quand on est un cambrioleur de profession il y a plusieurs stades de personnalités qui existent. Il y a la racaille qui vole tout et n'importe quoi à n'importe qui, et puis il y a les plus doués, ceux pour qui la cambriole est une manière de vivre, ceux pour qui cambrioler est l'égal du métro qu'on prend le matin pour accomplir son petit travail de fonctionnaire. Chroniqué pour vous : ici

 Les rois écarlates - Tim Willocks
Tout d'abord je dirais d'emblée que pour moi ce livre est une "révélation", certains (beaucoup) diront que l'auteur en est une !  Malheureusement j'avais commencé à lire Willocks avec "La religion" qui m'a rebuté dès le début et j'ai donc mis un temps avant de retenter l 'expérience Willocks. Il est génial !!!
Chroniqué pour vous : ici

Le contrat Magellan - Jean-François Thiery
"eXpert Consulting", le livre précédent d'une quarantaine de pages qui est une "mise en bouche"  de celui-ci m'a énormément attirée et j'attendais avec impatience "Le contrat Magellan". Ce livre qui allait m'en apprendre bien d'avantage sur Suzana Magellan et son implication au sein de l'entreprise  pour laquelle elle travaille, à savoir :  XoX Consulting.
Chroniqué pour vous : ici

La cicatrice du diable - Laurent Scalese
Au plus noir c'est ... au mieux j'aime.
Ce polar se veut noir, noir par son ambiance et la personnalité de tous les acteurs.
Cécilia Rhodes est la productrice diabolique décrite comme la méchante reine de Walt Disney dans Blanche Neige, sauf que Disney est plus doué que Scalese et qu'ici Blanche Neige ne sévit pas.  Chroniqué pour vous : ici


Sous la surface - Martin Michaud
Martin Michaud sort de ses enquêtes de Victor Lessard pour nous livrer ici un thriller politique qui, non d'une pipe, est encore une fois une belle réussite !
Leah Hammett est jeune belle et intelligente, elle est amoureuse de Chase qui lui aussi est fou amoureux d'elle. Ils sont heureux ! 

Gros coup de cœur chroniqué pour vous : ici

Meurtres en bleu marine - C.J Box

Tout d'abord plantons le décor ; il s'agit ici d'un polar des grands espaces. L'histoire se passe dans l'Idaho non loin de la frontière canadienne.
Kootenai Bay est une petite ville entourée de montagnes, de lacs et d'immenses prairies. De bois et de rivières où la pêche est abondante.

Chroniqué pour vous : ici

Bad city blues - Tim Willocks
Pour bien faire, il aurait fallut lire celui-ci avant "Les rois écarlates" ...
Ici on fait connaissance avec Cicéro Grimes et aussi avec l'obèse !
Du polar noir, très cru dans les descriptions où l'auteur ne s’embarrasse
pas des détails. Un gros coup de cœur pour ce livre aussi !!! 
Chroniqué pour vous : ici


Les chroniques de MarcSupuilami

Femmes secrètes – Ania OZ
Bonjour les amis Vous l'croirez, vous l'croirez pas, MarcSupilami vient de lire son premier bouquin… érotique (j'en vois déjà quelques-uns se gausser là-bas !) C'est du moins comme ça qu'on les appelle dans les salons de thé ! Si vous êtes plutôt adeptes des salons de massages, n'ayons pas peur des mots, on les qualifie généralement de livres de cul !  Chroniqué pour vous : ici

Le jour et l'heure - Guy Bedos
Et voilà, le ton est donné
Pour moi qui pensais me poiler
Je me suis encore fourvoyé
Le nom de l'auteur m'a berné

Chroniqué pour vous : ici

En enfer avec toi - Suzanne Roy
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les vampires, sans jamais oser le demander…
C'EST MAINTENANT !
Eh oui, afin d'étoffer ma culture littéraire, j'ose tous les genres.

Chroniqué pour vous : ici

Le chien de minuit - Serge Brussolo
Une histoire qui se déroule quasi intégralement sur les toits des immeubles de Los Angeles.Une ségrégation entre les riches et les pauvres a transformé le monde en camps retranchés. Les plus aisés peuvent se permettre de vivre dans des immeubles luxueux, gardés et ultra protégés, alors que les pauvres SDF risquent leur vie tous les soirs dans les rues sordides devenues le repaire des pires voyous (Vision prémonitoire de l'auteur ??). Chroniqué pour vous : ici

En route pour 2014 avec de superbes lectures !!!

Fabe & MarcSupilami


dimanche 29 décembre 2013

Bad city blues - Tim Willocks

Le deuxième roman de Willocks, Bad City Blues adapté au cinéma.
Points, DL 2007, 298 p
.


La chaleur moite de la Nouvelle-Orléans et les odeurs fétides des bayous s’accommodent assez bien des personnages en bout de course et autres magouilleurs à la ramasse. Ce roman brutal et teigneux nous en offre une belle brochette, tous entassés dans le même panier de crabes : un banquier révérend pas très catholique, sa pute irrespectueuse de femme, un flic costaud mais véreux, un vétéran du Vietnam trafiquant de drogue et son frangin psy et fou constituent en effet le gros du casting de ce polar délicieusement secoué.

Callie, ex-prostituée camée à la cocaïne, réussit le casse du siècle en braquant la banque de son mari : un million de dollars à partager avec Luther Grimes, un vétéran du Vietnam reconverti dans le trafic de stupéfiant. Pour doubler son complice, la belle séduit son frère, Cicero Grimes, un psy déjanté. Et le capitaine Jefferson, un flic sadique, espère bien récupérer sa part du butin…




Mon avis :
Moi qui aime lire dans l'ordre j'ai tout fait à l'envers ;  "La religion", que je n'ai pas su lire ....  
et puis "Les rois écarlates" que j'ai beaucoup aimé et chroniqué il n'y a pas longtemps.
En commençant Bad city blues je me suis rendue compte que Willockx l'avait écrit avant "les rois écarlates"  où il mettait en place les mêmes personnages.
Je vous dit tout de suite que cela n'a que très peu d'importance, les deux histoires ne se suivent pas.
Même si, à y réfléchir une référence par-ci par-là y est rapportée.
Donc j'ai retrouvé les personnages de Cicero Grimes, de son père et aussi du salopard d'obèse, Jefferson !

C'est un roman noir, très noir. Il n'y a pas beaucoup de personnages principaux mais tous sont détestables, leur perversité et la noirceur de leur "âme" est très dérangeante.
Willocks n'y a pas été avec le dos de la cuillère, un langage TRÈS cru, de la baise sans aucune pudeur y est décrite à foison. L'amour et la jalousie sont un peu le "moteur" de cette haine qui fait s'enclencher les actes des principaux personnages.
D'ailleurs c'est connu, l'amour-haine a toujours engendré de mauvais choix ...


Callie est une ancienne prostituée mariée à un pasteur directeur de banque, elle va participer au braquage de la banque en compagnie de complices et de son amant Luther Grimes, bourrée de coke jusqu'aux yeux elle va demander de l'aide à Cicero Grimes, psy fou et violent, et le frère de Luther.
La jalousie, l'argent et une haine qui date entre les deux frères va engendrer une guerre sans merci, l'un n'épargnera rien à l'autre.


Et puis arrive l'obèse, Jefferson le flic pourri, dont l'âme et les actes sont aussi et même plus noires que tous les autres personnages réunis. Un sadique de première !
Il fonctionne à la terreur et va tenter de retrouver l'argent sans laisser une seule chance aux autres.
Il est confronté à la façon de faire et de penser de Cicero Grimes. Ce qui ne lui déplaît pas car il ne supporte pas les faibles.

Avec Cicero il va être servi ! Car c'est un adversaire à sa mesure ! Entre eux s'ensuivra un huis clos abominable de violence et de noirceur qui occupe une bonne partie du livre.
Et la suite est dans la même veine, tout aussi noire, comme si ces hommes et cette femme n'avaient que ça en eux.

Si certaines situations sont prévisibles on ne sait jamais quand l'histoire va dévier, car ils sont tous capables du pire !
L'argent est loin d'être l'enjeu primordial mais c'est un peu la cerise sur le gâteau. Ils se déchirent pour des motifs plus noir que l'argent avec une brutalité quasiment bestiale et parfois insupportable.
La fin est toute aussi bouleversante de violence ainsi que l'épilogue.
Lorsqu'on arrive à la toute dernière page on peut alors seulement expirer l'air de nos poumons retenu depuis trop longtemps.


Ce que je pense vraiment de ce livre ? - très violent et très cru, à ne pas mettre entre toutes les mains.
Peut-être aussi une toute petite et légère préférence pour le suivant
"les rois écarlates". La raison ? J'ai simplement l'impression que Willocks à fait des progrès.
Outre la noirceur omniprésente je pense que les personnages sont un peu plus "fouillés".
Willocks est, entre autre, psychiatre dans la vie et avec ce qu'il écrit je ne voudrais pas être une de ses patiente. Brrrr ...
Mais j'ai adoré "Bad city blues"  et du Willocks ... j'en redemande !

Fabe

lundi 23 décembre 2013

Meurtres en bleu marine - C.J Box

C. J. Box (trad. Anick Hausman), Meurtres en bleu marine « Blue Heaven », Paris, Seuil, coll. « Seuil policiers », 11 septembre 2008, 382 p.
                                             


S 'ils n'étaient pas allés à la pêche en ce début de printemps, Annie Taylor, douze ans, et son frère cadet, William, n'auraient pas dû fuir à toutes jambes après avoir vu trois hommes en exécuter un quatrième. Et leur mère, Monica, ne mourrait pas d'inquiétude en ne les voyant pas revenir. Plus grave encore, les assassins, d'anciens flics de Los Angeles à la retraite, ne pourraient pas persuader le shérif de ce coin perdu de l'Idaho de... les laisser mener l'enquête ! Heureusement, Jess Rawlins, un rancher au bord de la faillite, recueille les deux enfants et, après pas mal d'hésitations, décide de croire ce qu'ils lui disent avoir vu et de les protéger au péril de sa vie. Rêves brisés par le manque d'argent, mais aussi courage et droiture d'individus qui savent dominer leur peur quand il faut défendre des innocents, Meurtres en bleu marine nous fait découvrir un monde en proie à un conflit entre des flics pourris et un cow-boy intègre.





Mon avis :
Tout d'abord plantons le décor ; il s'agit ici d'un polar des grands espaces. L'histoire se passe dans l'Idaho non loin de la frontière canadienne.
Kootenai Bay est une petite ville entourée de montagnes, de lacs et d'immenses prairies. De bois et de rivières où la pêche est abondante.
Les habitants de ces immenses propriétés sont principalement des éleveurs de vaches et de chevaux, les nombreux hectares de terrain sont propices à cette activité, ce sont de vrais cowboys de notre époque.


Annie et William Taylor, deux enfants de la ville partent sur un coup de tête à des kilomètres de chez eux pour aller pêcher. À cause d'une simple déception, ils n'ont pas demander la permission à leur mère.
Se trouvant au bord d'une rivière boisée ils assistent au meurtre d'un homme perpétré par 3 individus. Ils sentent d'instinct qu'ils doivent rester cachés mais un des assassins les a repérés et donne l'alerte, les enfants sont alors poursuivis à travers bois.
Avec beaucoup de chance Annie et William arrivent à leur échapper. Ils sont courageux et l'aînée est une gamine très intelligente pour ses douze ans.
C'est le départ de cette histoire qui ne s'achèvera qu'une fois  les tueurs certains que plus aucuns témoins ne restent en vie.


Les personnages qui entrent alors dans l'histoire sont tous très bien décrits par l'auteur.
Un policier intègre à la retraite de L.A. arrive sur place pour une affaire irrésolue vielle de quelques années.
Un cowboy, propriétaire d'un ranch en difficulté, est un homme d'une dignité tranquille ... d'un autre temps. Il va se retrouver embarqué dans cette poursuite, non pas pour poursuivre les enfants mais bien pour les aider. Il va donner de sa personne, sa connaissance de la région, sa droiture et son courage m'ont épatée tout au long de ma lecture.
Parallèlement, sont arrivés depuis quelques années dans la région, plusieurs policiers en retraite, anticipée ou pas. Ils ont acheter des propriétés pour un prix dérisoire et se sont habitués à cette nouvelle vie. Un de ces ex flic élève des cochons, d'autres préfèrent la pêche ou tout simplement le farniente.
Mais ce sont, pour une poignée, d'ignobles individus ne reculant devant rien !


C.J Box a écrit ce polar à la manière d'un conteur en ce qui concerne tout le "visuel", il nous fait voyager en Idaho avec beaucoup de facilité.
Les descriptions des endroits dont il nous parle sont tout simplement magnifiques, époustouflantes. Pour ma part j'ai voyagé tout au long du récit et sans aucune envie de revenir à la réalité !
Ben oui, je suis pas une "cowgirl" dans l'Idaho moi !
On sent que l'auteur connait très bien cette région.
Côté intrigue C.J Box est loin d'être en reste, c'est un suspense prenant bien pensé, bien décrit et bien mis en place. Rien n'est laissé au hasard.
Si certaines descriptions sont un peu "longuettes", c'est une nécessité pour l'ambiance de l'histoire et la compréhension du caractère bien spécifique de chaque personnages.
Il y a aussi les passages du livre vu par les enfants qui sont aussi bien écrit que le reste.
Pendant cette lecture, en plus de me balader en Idaho j'avais l'impression de fréquenter ces personnages de très près, comme si j’étais avec eux.
Le côté noir de certains personnages est très fort mais l'honnêteté sans mièvrerie d'autres le sont tout autant.
Rien n'est lisse dans l'écriture de C.J Box, en tous les cas pour ce livre-ci car c'est le premier que je lis de cet auteur.
Au passage je fais un clin d’œil à Valérian qui m'a fait m'arrêter sur Box !


Au niveau du développement de l'intrigue et de son épilogue c'est aussi une pleine réussite, rien ne m'a déçue dans la tournure que prend les évènements.
Et de l'action ... il y en a ! Beaucoup d'action ! Des rebondissements musclés comme je les aime.
Un peu de testostérone à l'américaine mais c'est celle des hommes de l'Idaho, chez les cowboy c'est normal !


Voilà encore un livre qui ne m'a pas fait perdre mon temps.Meurtres en bleu marine, un livre que je vous conseille ?
OUI oui, plutôt deux fois qu'une !!!
Fabe

C. J. Box (né Charles James Box) est un écrivain américain auteur de romans policiers. Il est né en 1967 et vit à Cheyenne dans le Wyoming. Son œuvre policière pricipale met en scène un garde-chasse du nom de Joe Pickett.

mardi 17 décembre 2013

Sous la surface - Martin Michaud

Date de parution : octobre 2013 GOÉLETTE - Thriller


On a tous quelque chose à cacher...On peut n'être que témoin de son existence, mais parfois les gestes que l'on pose nous ramènent des années plus tard à l'origine des choses. Et quand on a tout perdu, même le nom de celui qu'on a aimé a une drôle de consonance. La vie n'est pas un conte de fées, mais laissez-moi quand même vous raconter...Ainsi s'ouvre ce thriller d'une puissance et d'une virtuosité exceptionnelles, dans lequel Martin Michaud nous entraîne dans le Massachusetts. La veille du Super Tuesday, jour crucial des élections primaires américaines, l'écrivaine et ancienne top-modèle Leah Hammett débarque à Lowell avec son mari, Patrick Adams, candidat favori à l'investiture démocrate. Vingt-cinq ans après avoir quitté sa ville natale sans jamais y revenir, Leah voit son passé ressurgir avec violence, une violence aussi forte que les espérances qu'il suscite.Commence alors un jeu de miroir où les apparences tissent une toile complexe qui dissimule une vérité oppressante et noire. Drames, histoires d'amour tragiques et trahisons deviennent l'épicentre d'un ouragan, celui qui dévaste l'existence de chaque personnage et remue, sous la surface, les arcanes du pouvoir, à Washington.

Mon avis :
Martin Michaud sort de ses enquêtes de Victor Lessard pour nous livrer ici un thriller politique qui, non d'une pipe, est encore une fois une belle réussite !
Leah Hammett est jeune belle et intelligente, elle est amoureuse de Chase qui lui aussi est fou amoureux d'elle. Ils sont heureux !
Ils sont jeunes et heureux jusqu'au jour où, enlacés au-dessus d'un pont sur la rivière, ils ne se doutent pas  un seul instant qu' ils ne se verront plus jamais.
C'est leur dernier moment heureux d'insouciance et de bonheur.
Je ne vous livrerai pas ce qu' il arrive à ce moment là ! D'abord parce que je ne vais pas vous dévoiler l'intrigue et puis parce que l'auteur nous distribue les clés tout au long de l'histoire.


Dans ses 3 livres précédents Martin Michaud nous a familiarisé avec Montréal et des dialogues québécois fort plaisants.
Ici, rien de tout ça ! L'histoire se passe dans le Massachusetts avec une course aux élections primaires hyper réaliste.
L'auteur, on le sent tout au long de l'histoire, a pris grand soin de la documentation adéquate et aussi de cette ambiance caractéristique qui règne aux États-Unis.
On est transportés dans cette ambiance, on la vit avec beaucoup de réalisme et au rythme frénétique qui colle à cette période électorale.
Ça c'est le côté politique de l'histoire ...


Parallèlement il y a l'histoire de Leah Hammett qui se retrouve au milieu de la guerre que s'opposent les partis.
Mariée à Patrick Adams elle se voue toute entière à cette campagne, ayant la plume facile puisque romancière à succès, elle fait de son mieux pour contribuer à l'élection de Patrick.
Mais elle va être confrontée au passé. Un passé tellement douloureux et encore pleins de points d'interrogations.
Malgré le poids et ses obligations en tant qu'épouse du futur élu, Leah va vouloir aller au fond des choses, elle doit savoir !
Elle va se retrouver piégée dans un imbroglio politique qui la touche au plus profond de son être.
Dans ce livre les rebondissements sont nombreux, bien imaginés et bien structurés. L'auteur nous garde dans l'histoire, celle-ci est tellement bien écrite que c'est d'une lecture sans escales que le lecteur l'aborde.
Pas envie de passer à autre chose.


Tout est soigné ! "Sous la surface" est écrit en profondeur !  (Jeu de mot facile mais tellement vrai).
Que ce soit au niveau politique ou bien de l'intrigue, ce livre est une superbe réussite.
Les situations de dangers sont bien angoissantes, comme on aime dans les thrillers !
Le dénouement se déroule à chaque chapitre avec un suspense grandissant. Ce qui est très agréable aussi c'est que les rebondissements finals sont dosés à juste mesure.
Michaud n'en fait pas trop ! Quand à l'épilogue ... c'est une surprise de plus !
Un livre bien écrit, bien fini. Où on ne se pose pas la question : "y aura-t-il une suite ?"
Non ! La boucle est bouclée !

Chapeau bas Monsieur Michaud

 – Est-ce qu’il y a un bon ou un mauvais moment pour dire à sa femme qu’on l’aime ?

        Mes démons dansent la nuit, quand tout le monde dort. Ils me torturent, me tiennent éveillée, l’anxiété m’étouffe et tout paraît lugubre. La chambre était plongée dans l’obscurité et, malgré les somnifères que j’avais avalés, je n’arrivais pas à trouver le sommeil. J’ai enlevé les bouchons de mes oreilles. Je dors systématiquement avec depuis l’adolescence. Ils créent une bulle où je me sens en sécurité, un rempart contre le monde extérieur. J’ai regardé Patrick un instant. J’ai écouté le bruit de sa respiration. Sa cage thoracique se soulevait à intervalles réguliers. Quand le sommeil m’évite, je peux rester des heures ainsi à le fixer.

        Et, chaque fois, la même question me hante : la vie est-elle un miracle ou une malédiction ?

Un livre que je conseille ? Ah ben OUI alors !
Du même auteur : Il ne faut pas parler dans l'ascenseur - La chorale du diable - Je me souviens

mercredi 11 décembre 2013

La cicatrice du diable - Laurent Scalese


Paris, de nos jours. Un scénariste se défenestre du bureau de Cécilia Rhodes, une célèbre productrice.
Chargé de l'enquête, le commissaire Milot ne croit pas à la thèse du suicide et établit un parallèle avec la mort de Lucie Drax, une autre jeune scénariste employée par Cécilia trente ans plus tôt.
L'affaire semble étrangement liée à l'histoire personnelle de Milot. Autour de cette femme prête à tout pour parvenir à ses fins gravitent un assistant fou amoureux, un mari richissime et un scénariste raté qu'elle exploite.
Des pantins qui ne tarderont pas à vouloir jouer leur propre rôle... Découvrant une femme impitoyable, le commissaire n'hésitera pas à faire saigner une ancienne et effroyable blessure : la cicatrice du diable.




Mon avis :
Au plus noir c'est ... au mieux j'aime.
Ce polar se veut noir, noir par son ambiance et la personnalité de tous les acteurs.
Cécilia Rhodes est la productrice diabolique décrite comme la méchante reine de Walt Disney dans Blanche Neige, sauf que Disney est plus doué que Scalese et qu'ici Blanche Neige ne sévit pas.
Cette productrice qui affiche sa cicatrice tantôt comme un talisman, tantôt un pentacle sexuel est la femme que tout le monde déteste, nous y compris.
Mais à part ça, Cécilia n'est rien. Du coup, pas difficile de la détester.
Ce livre m'a parut très long dans les premières parties, long et sans profondeurs aucunes.
Tout est survolé, formaté, fermé. Comment dire ... ? Les personnages sont quasiment tous des mauvais, inutile de vouloir sortir de là et de laisser travailler notre "imagination". Nous sommes guidés sur des faits et le reste n'existe pas.
De très courts chapitres (scènes) nous présentent à chaque fois une monstruosité de plus de la part de Cécilia, Milot (le flic toxico), Kino (amoureux fou de Cécilia), ou de l'écrivain bafoué, Charly Kessel.

On a l'impression que l'auteur a voulu mettre tous les ingrédients d'un polar noir dans une simple liste de faits sordides.
Comme une liste de courses. Du sexe - sous catégories : envies, excitation,  masturbation, violence et viol. Même un porno fait mieux !

L'auteur nous place un ingrédient de chaque sorte et la liste est remplie, point !
La violence dans ce livre il y en a, il n'y a d'ailleurs que ça. La violence dont sont capables les acteurs de l'histoire, car il est bien question d'acteurs puisque l'auteur nous écrit des scènes en place de chapitres et que du point de vue du lecteur il ne nous laisse aucune latitude pour explorer plus en profondeur et placer notre imagination.


Donc, .. que disais-je ?? Oui ;  Sexe et violence. Violence souvent gratuite et non explicable.
La scène du chat !!!

Oui ! Kessel tue son chat ! juste pour voir l'effet que cela procure ... par désespoir d'être abandonné par sa femme et aussi arnaqué par l'immonde scénariste Cécilia Rodhes.
Vous me direz que le meurtre d'un chat dans un polar est minime, on en a vu d'autre ... ben oui, mais ici ce n'est pas le cas ! C'est odieux et dérangeant !
Rien ne nous prépare à cet acte ; et à la lecture, c'est juste à vomir car cette scène n'est pas "naturelle", ce passage était dans la liste des horreurs à écrire.
Encore un ingrédient de placé par l'auteur et .... débrouille-toi avec ça!
À cet instant le livre à failli passer à la trappe et être abandonné comme un vulgaire crachat ! Oui, et je n'exagère pas !


Question sexe, une scène de viol complètement incompréhensible car tellement loufoque et inachevée.
La méchante Cécila qui se fait violer par des ouvriers, thermos et bleu de travail, sur une route de campagne est complètement IRRÉALISTE. Pourtant cette scène est capitale dans la compréhension du caractère diabolique de l'actrice principale, l'horrible Cécilia !
Non mais ... des ouvriers qui rentrent du boulot et qui attaquent à coup de Molotov ... quoi de plus naturel !  À mourir de rire !
J'aurais voulu plus de détails et d'autres violeurs pour pouvoir aborder le dernier tiers du livre.
La fin est à rebondissements répétitifs. Ben oui, c'est dans la liste des ingrédients à placer ...
Et l'épilogue est dans la même veine que le reste. On rebondit de clichés en clichés !


En conclusion : Tout est donné dans ce polar, tous les horreurs nécessaires. Mais c'est livré comme ça ... brut, sans l'emballage.
Débrouille-toi avec et si ça dégouline tant pis !


Pourtant, dernièrement j'avais lu "L'encre et le sang", écriture à 4 mains avec Franck Thilliez et c'est un livre que j'ai beaucoup apprécié.
De ce fait j'ai voulu explorer l'écriture de Laurent Scalese.
Ben ... c'est chose faite !
La cicatrice du diable ne m'en aura laissé aucunes (de cicatrices) sauf peut-être un léger eczéma.

Fabe

dimanche 8 décembre 2013

Le contrat Magellan - Jean-François Thiery

La peur s’insinue, poisseuse, glaçante... Elle rampe avec lenteur, mais ses attaques sont fulgurantes.
Son triomphe est sournois, et si proche. Il a l’odeur de la poudre, le goût du sang, l’humidité de la sueur. Le hasard en est exclu.
Dans le secret des bureaux lambrissés, des hommes puissants guettent. Leur rêve a un nom, « I.R.A. », et leur cauchemar va prendre un visage, celui de Suzana Magellan.Cette informaticienne est très appréciée au sein de XOX Consulting pour sa gestion efficace de projets industriels, et… ses suppressions élégantes de cibles humaines. Dans ce milieu élitiste, l’échec n’est pas une option.
La prédatrice peut rapidement devenir une proie, surtout quand le soupçonneux lieutenant Garfield croise son chemin.Menacée de toute part, hantée par les démons de son passé, Suzana Magellan va devoir se cacher, fuir, combattre, et… apprendre. Les réponses seront-elles synonymes d’apaisement ?À la suite de « eXpert Consulting », l’auteur nous conduit dans une nouvelle aventure de son héroïne tueuse à gages. Avec un subtil mélange de gravité et d’humour, il nous entraîne dans une course effrénée au cœur des lieux de pouvoirs, là où la peur s’incarne sous des formes étranges.
Lorsque vous sortirez de ces pages, vous fuirez devant les sourires commerciaux de ceux qui vous diront, « votre cible est notre cible ».
Réflexe souvent salutaire, mais parfois inutile.
Alors… tenté par l’aventure ?

Mon avis :
"eXpert Consulting", le livre précédent d'une quarantaine de pages qui est une "mise en bouche"  de celui-ci m'a énormément attirée et j'attendais avec impatience "Le contrat Magellan". 
Ce livre qui allait m'en apprendre bien d'avantage sur Suzana Magellan et son implication au sein de l'entreprise  pour laquelle elle travaille, à savoir :  XoX Consulting.

Sans en dévoiler plus que nécessaire, Suzanne est employée par la société pour effectuer des missions de divers niveaux.
De l'infiltration d'une entreprise pour diverses raisons jusqu'à la mission "ruban noir" qui consiste en l'élimination d'un ou plusieurs individus désignés par son contrat.
Suzana est forte et fragile à la fois, douée pour son "métier" et tenace.
La mission sur laquelle elle travaille est compliquée, le succès de cette mission est une succession de tiroirs cachés, imbriqués qui met en cause plusieurs personnalités du monde politique mais aussi des membres de sa hiérarchie.
Mission délicate et pas très claire pour Suzana ! Mais c'est sans compter sur son professionnalisme, son esprit vif et combatif.


Ce livre m'a un peu déçue, à trop attendre sa sortie j'en espérais sans doute trop  ...
un parcours sans fautes !
On ne s'y retrouve pas bien "dans le temps", je me suis sentie un peu baladée les yeux bandés.
Si l'histoire est très bien pensée et les ingrédients du suspense distillé avec "la peur" au tournant, j'y ai éprouvé un manque de profondeur, une incohérence latente où il est difficile de poser le doigt. Difficile car l'auteur est quand même doué pour, à chaque chapitres, nous intéresser à une autre facette de l'histoire.
Et puis je dois être bête voire distraite ou dispersée mais il y a une action essentielle de Suzana que je n'ai toujours pas compris !


Toutefois "Le contrat Magellan" n'a pas fait partie du club de la page 30, la petite série de livre dont je n'ai pas pu dépasser cette page fatidique.
L'écriture de Jean-François Thiery a su garder mon attention dans cette histoire ma foi bien effrayante.
J'ai aimé et attendu le dénouement qui s'est révélé précipité à un rythme soutenu mais encore un peu trop "survolé" à mon goût.
La toute fin présagerait-elle d'une suite ? Seul l'auteur nous le dira !


Autre livre de l'auteur que j'avais vraiment beaucoup aimé : "Léonis Tenebrae" et dont j'ai donné mon avis sur le blog !

Fabe

vendredi 29 novembre 2013

Les rois écarlates - Tim Willocks





Lenna Parillaud, femme d'affaires richissime, est habitée par la haine depuis la perte de sa fille.
Cicero Grimes, psychiatre, traverse une grave crise de dépression.
Ils ne se sont jamais rencontrés. Jusqu'au jour où ils reçoivent chacun une lettre qui les désigne comme légataires de deux valises remplies de documents compromettants.
Ce cadeau maudit va provoquer un cataclysme de vengeance et de violence.










Mon avis :
Tout d'abord je dirais d'emblée que pour moi ce livre est une "révélation", certains (beaucoup) diront que l'auteur en est une !  Malheureusement j'avais commencé à lire Willocks avec "La religion" qui m'a rebuté dès le début et j'ai donc mis un temps avant de retenter l 'expérience Willocks.
Voilà pour la petite histoire !


L'obèse qui court à perdre haleine avec, dans les replis de ses gros bras, un nourrisson emmailloté.
L'histoire commence très noire, fort obscure aussi (oui je sais, ce qui est noir est obscur) mais très intrigante avec beaucoup de zones d'ombre.(oui les ombres sont rarement lumineuses)
On se demande où veut en venir l'auteur et chaque chapitre est une révélation.
Il y a d'un côté une femme richissime; Lena, qui ne s'embarrasse "apparemment" d'aucuns scrupules et qui va au bout de son désespoir avec calcul et froideur.
Mais ce n'est qu' une façade. Le mal qui la ronge justifie pour elle ce manque total de "compassion" .
Cicero Grimes est un psychiatre à la dérive éloigné de tout, fuyant le monde, avec un lourd passé de souffrance. Même le simple fait de vivre lui est insupportable.
Jusqu'au jour où tous les deux reçoivent une lettre qui va bouleverser leur quotidien, qui va les faire sortir, l'un comme l'autre, de leur carcan désespéré.
Ils vont devoir briser leurs habitudes, sortir de leur rôle de douleur pour endosser un combat avec le mal à l'état pur.
Deux valises pour héritage que convoitent de sombres et très dangereux personnages, tous pour diverses raisons, mais bien décidés à mettre la main sur ce que l'obèse leur a laissé.


L'obèse à lui seul est un monstre craint de tous ... Mais qui est-il ?

Chaque personnage de ce livre a son identité, son caractère bien décrit, bien cerné par l'auteur.
La noirceur de l'être humain y est fortement ressentie tout au long du livre.
Au fil des pages se révèlent le caractère bien spécifique de chacun des protagonistes, certains deviennent insupportables tellement ils sont lâches, prêts à toutes les bassesses. D'autres qui nous semblaient détestables deviennent plus "humain", plus pardonnable.


C'est un livre qui restera marqué dans ma mémoire, il ne fera pas partie de ceux qu'on oublie.

Impossible de ne pas adhérer à l'écriture de l'auteur. Willocks sait aller au fond des âmes, les décortiquer et les faire évoluer avec une adresse et une noirceur admirable pour les mordus de "polar noir".
Sans oublier ce suspense éprouvant pour les nerfs qui ne nous quitte pas.
Je vous en ai assez dit, je ne veux pas spoiler l'histoire.
Un livre que je vous conseille : - OUI un grand, un Énooorme OUI !!!

Fabe



L'auteur


samedi 23 novembre 2013

Voleurs à la douzaine - Donald Westlake


Nouvelles et onzième opus consacré à John Dortmunder.
Voleurs à la douzaine (Thieves' Dozen)nouvelles traduites de l'anglais par Jean Esch, Paris, Rivages/Thriller, 2008 ;Paris, Rivages/Noir 2011



Soit on connaît déjà John Dortmunder, et on sait qu'avec lui le cambriolage relève d'une alchimie particulière (défis pharaoniques, plans rocambolesques, équipiers improbables, résultats grandioses), soit on ne le connaît pas encore, et ces onze nouvelles seront une parfaite introduction à « l'esprit Dortmunder ».Derrière Dortmunder, il y a le génial Donald Westlake, son sens du rythme et son incroyable imagination. Avec en prime, une surprise finale : un voleur peut en cacher un autre...


Mon avis :

Quand on est un cambrioleur de profession il y a plusieurs stades de personnalités qui existent. Il y a la racaille qui vole tout et n'importe quoi à n'importe qui, et puis il y a les plus doués, ceux pour qui la cambriole est une manière de vivre, ceux pour qui cambrioler est l'égal du métro qu'on prend le matin pour accomplir son petit travail de fonctionnaire. 
Rien de plus compliqué, rien de plus extraordinaire !

Si on n'a jamais lu un livre sur les aventures de John Dortmunder celui-ci sera le meilleur pour faire connaissance avec le roi de la cambriole.
Ce livre comprend 11 nouvelles avec au final une petite surprise de l'auteur, une autre facette de Dortmunder.

Westlake, auteur talentueux de roman noir nous a laissé de belles pépites, que ce soit les exploits de Dortmunder poursuivi par la poisse, ceux de Parker, son double froid et sérieux ou encore ses très nombreux black polars de grand talent.

Ici dans ces 11 nouvelles, Dortmunder part sur des casses seul ou avec son équipe habituelle. Il est doué dans son métier, il a de la "mentalité", ce n'est pas un  voleur à la petite semaine.
Son boulot il le connait très bien. Il a, ancré en lui, toutes les ficelles du métier et tous les réflexes naturels qui vont avec.
Seulement Dortmunder est poursuivi par la poisse. Une poisse très loin d'être catastrophique et angoissante ; c'est une poisse cocasse qui fait sourire le lecteur.
Les personnages qui l'entourent ont tous un caractère bien définis, bien suivis tout au long des multiples aventures où ils apparaissent avec Dortmunder.


« Tu n’as pas entendu quelque chose ? chuchota Dortmunder.
— C’est le vent », dit Kelp.
Assis, Dortmunder se retourna et braqua délibérément sa lampe électrique dans les yeux de Kelp, agenouillé.
« Quel vent ? On est dans un tunnel.
— Il existe bien des rivières souterraines, dit Kelp en plissant les yeux. Alors, peut-être qu’il y a aussi des vents souterrains. Ça y est, tu as traversé le mur ?
— Plus que deux coups. »


L'auteur était très doué pour ne pas se répéter, faire de chaque casse et de son épilogue cocasse un moment unique. Une vraie prouesse ! mais je ne vous apprend rien sur le talent de Westlake. Et si vous n'en avez jamais lu et bien il est temps de commencer !

En conclusion :  L'habileté de l'auteur à nous raconter les cambriolages d'experts en la matière pour finir en apothéose par des situations cocasses mais aucunement ridicules font de ce livre un petit bijoux !

Vous conseillerais-je ce livre ? - Je dirais même qu'il vous FAUT le lire ! Surtout si vous ne connaissez pas encore Dortmunder.
Fabe

samedi 16 novembre 2013

Les harengs de Ploucamor - François Troudic



Elle est venue frapper à ma porte vers trois heures du matin.
— Salut, je m’appelle Géraldine, on ne se connaît pas mais je suis la fille des voisins. J’ai perdu mes clés et je n’ose pas rentrer chez moi de peur de réveiller mon beau-père qui est insomniaque.
N’écoutant que mon grand cœur, j’ai abandonné mon Spirou et lui ai généreusement proposé de l’héberger.
De fil en aiguille, entre deux étreintes, on s’est mis à parler de la vie, du réchauffement climatique, de la mode des talons compensés, de notre petite enfance…







Mon avis :
Avis aux âmes sensibles : s'abstenir de lire ce livre si vous êtes particulièrement émotifs, si la disparition subite de votre amoureuse vous traumatise, si la presque mort de votre compagnon, un fidèle cornichon nommé Michou vous plonge dans une dépression inguérissable et si vous n'avez pas l'esprit "aware".
Ce court texte commence par l'apparition de Géraldine à la porte de l'appartement de François, elle a oublié ses clés et lui demande de l'aide.  François l'écoute, ils se racontent leurs vies et le courant passe tellement bien qu'ils se font des papouilles sans plus attendre.
Mais ne voilà t'y pas (ça y'est j'ai attrapé le virus), que le lendemain de leur rencontre Géraldine disparaît laissant François (habitant la commune de Ploucamor) dans le désarroi le plus total.
C'est qu' il l'aime bien la Géraldine...


Et voilà François parti pour retrouver sa dulcinée avec les informations dont il dispose. Son ami avec qui il partage son quotidien, le canard en plastique Pioupiou va le soutenir tout au long de l'histoire.
Non ! non non ce n'est pas une histoire pour enfant, il s'agit bien d'un livre ... heu .. d'une ..heu .. histoire criminelle.
Oui, c'est ça !  C'est en tous les cas ma définition de la chose.
Que dire de sa nouvelle amitié avec Michou sinon qu'elle pourrait être aigre-douce et fusionnelle ? Car il s'agit tout de même d'un cornichon, un vrai de vrai avec sa peau toute verte et son regard attendrissant !
Et de ses voisins les Lanchois, de violents et étranges personnages qui ont un lien avec Géraldine ?


Un suspense insoutenable mais vite résolu puisque ce ... truc ... ne fait qu'une quarantaine de pages.

Ben ... sans blague et tout à fait sérieusement, cette histoire vaut la peine d'être lue et jusqu'au bout, car même si vous êtes plutôt "sucré" que "cucurbitacée" vous tomberez sous le charme des personnages et ne serez pas déçus ni de l'intrigue ni de l'épilogue !
Voilà, j'ai dit !   Mais ....  à défaut d'avoir un estomac capable d'ingurgiter des harengs vinaigre au petit matin, préparez vos malox ou pastilles rennie.


Pour mieux comprendre cette histoire, qui de mieux placé que l'auteur pour nous répondre ?
J'ai eu l'idée et la chance de pouvoir demander  quelques explications à François Troudic !
Fabe



Bonjour François, pourrais-tu me dire comment t'es venue l'idée d'écrire ce livre ... heu .. ce truc là ?
-Bonjour Fabe. L'idée d'écrire ce livre... heu... ce truc là, m'est venu le mercredi 29 mai 2013,  à Trébeurden, après avoir pris un bain chez ma grand-mère Lucienne. En sortant de la baignoire, j'ai malencontreusement glissé sur un tube de gomina et ai percuté de plein fouet le bidet en faïence. Lorsque je revins à moi, j'étais tout seul, tout nu, au milieu d'un grand nul part. Je m'apprêtais à appeler ma Mémé à la rescousse lorsque sous mes yeux émerveillés passa soudain dans l'azur azuré une escadrille de canards en plastique jaune. Je tendis promptement la main et en saisis un au vol... quelle tristesse ! Il était tout flasque, tout mou, tout difforme... je le regardais de plus près... zut, c'était un gant de toilette. Me relevant péniblement pour aller l'enterrer dans le sèche-linge, je dérapais bêtement sur un tube de dentifrice et allais joyeusement m'éclater l'occiput sur le bord du lavabo. À mon réveil, Mémé Lucienne était debout devant moi, me tâtant avec méfiance de la pointe de sa pantoufle.
— Françoués, t'es t'y mort ou t'es t'y don' encore en train d'faire le cornichon ?
— Je suis mort, Mémé
— Me prends don' point pour une andouille et viens t'en don' souper avant que les harengs 
ne r'froidissent !

Ainsi naquit ma vocation d'écrivain...

Ah ! oui je comprend un peu mieux maintenant ... Hum.. Euh..
Comptes-tu commettre heu ... réitérer la chose une nouvelle fois ?
- La semaine prochaine,  je dois aller à Perros-Guirec réparer la brouette de ma tante Paulette. Si l'occasion se présente, j'essaierai de prendre un bain...
François Troudic.



Je ne suis pas certaine que les réponses de François Troudic vous aies conquis mais je vous 
dirais juste ceci : Lisez-le et venez en parler après ! Fabe




mercredi 13 novembre 2013

Haut-le-chœur - Gaëlle Perrin-Guillet



Alix Flament, journaliste à Chambéry, travaille sans conviction sur un article relatant les mésaventures sexuelles d’un candidat à l’élection présidentielle française. Six ans plus tôt elle était une spécialiste reconnue des affaires criminelles.  Jusqu’à ce qu’elle publie un livre d’entretiens avec la pire tueuse en série que le pays ait connu depuis le 19ème siècle, ouvrage dont elle ne se remettra pas et qui marquera la fin de sa carrière dans le domaine des faits divers.L’évasion sanglante d’Éloane Frezet redonne vie aux cauchemars qui la hantent depuis ses dialogues hallucinés avec la meurtrière. Mais seule Alix la connaît suffisamment pour tenter d'aider la police à la traquer. C'est sans compter que la meurtrière, loin de se terrer, espère bien tenir sa promesse de terminer l'œuvre mortelle qu'elle a dû interrompre lorsqu’elle se trouvait derrière les barreaux...



— Vous voyez une explication à ça ?
— J’en ai deux. Soit elle a décidé de tout changer, histoire de nous perdre un peu plus en route et de nous faire patauger dans la boue, soit elle a une très bonne raison de faire le ménage comme ça. Mais quand on saura pourquoi…
— Il sera trop tard ? C’est ça ?
Ruiz ne prit pas la peine de répondre. Son regard était assez éloquent.

Mon avis :
Alix Flament est une journaliste qui six ans plus tôt était spécialiste des affaires criminelles, heureuse en ménage elle est mariée depuis longtemps à un médecin légiste.
Elle s'ennuie un peu à écrire des articles sur les frasques sexuelles des politiciens lorsqu'on lui annonce l'évasion d'Éloane Frezet. Éloane, tueuse en série qui s'était confiée à la journaliste avait marqué non seulement sa carrière mais aussi son esprit.
 

La tueuse il est vrai est un phénomène incompréhensible sous un tempérament glacial.
C'est sur l'évasion de Frezet que débute cette histoire, cette traque qui réserve, vous vous en doutez, des cadavres tout au long de sa cavale.
C'est une histoire machiavélique qui a du sens, un tourne-pages mais pas que !

L'ambiance pesante monte en crescendo et on est prit dans la spirale délirante de cette tueuse en série. Alix Flament de par sa connaissance ultérieure de la tueuse va devoir contribuer à l'enquête pour aider les inspecteurs à localiser Frezet.
 

Les diverses situations sont prenantes, on a envie d'en savoir plus et de découvrir la faille pour arrêter cette folie meurtrière.
Cette faille, les lecteurs la découvre en même temps que les protagonistes de l'histoire.
 

Si les ingrédients sont simples l'auteur a su mener les lecteurs dans un suspense bien construit mais qui pour moi n'est pas assez "fouillé".
Ce n'est pas une critique uniquement négative ... cela a permis de ne pas s'éterniser, de ne pas tirer en longueur ! Mais quelques "scènes" auraient pu être plus détaillées.

Seul bémol : au tout début du livre une situation y est décrite de manière très peu convaincante et quelque peu "cliché", dans les prisons françaises ....Mais ce n'est qu'un tout petit couac bien vite oublié dans le feu de l'action qu'est la suite de l'histoire.

Malgré cette toute petite critique je fais confiance à Gaëlle Perrin-Guillet pour ses prochains livres. J'ai bien apprécié cette lecture et j'ai passé un bon moment.
Je dis ceci sans complaisance aucune pour cette nouvelle auteur (j'ai horreur du mot auteure).
Haut-le-cœur, un livre que je conseille : - Oui !  Absolument ! Et une auteur à suivre ...


Fabe



Gaëlle Perrin-Guillet
Haut-le-coeur
Rouge-sang éditions 



samedi 9 novembre 2013

La Bague au crâne - Scott Nicholson


Le passé de Julia Stone reparaît furtivement quand elle découvre une étrange bague ornée d’un crâne, et trois hommes veulent l’aider — mais le fait de choisir le mauvais pourrait bien lui coûter non seulement son cœur, mais aussi son âme.
Le Dr Paméla Forrest est déterminée à ramener les souvenirs de Julia à la surface, espérant guérir le trouble panique de Julia. La thérapeute ne cesse de faire revenir Julia à une nuit datant de vingt-trois ans auparavant, quand Julia avait quatre ans. Une nuit de silhouettes encapuchonnées, d’étranges mélopées, de douleur, et de sang. La nuit où son père a disparu de la surface de la terre. Mais la frontière entre le passé et le présent commence à devenir floue quand Julia trouve une bague ornée d’un crâne, qui porte le nom « Judas Stone ».





Mon avis :
Un bon "petit" thriller qui commence un peu comme ... décousu. J'ai hésité à en continuer la lecture car l'écriture me semblait un chouïa trop tirée en longueur.
Mais arrivée vers la page 40 j'ai été prise dans l'histoire qui tout compte fait est un bon suspense.


Julia Stone est une paranoïaque avec des crises subites et successives de trouble panique. Elle a emménagé depuis peu de mois à Elkwood pour fuir ses démons. Julia suit une thérapie avec le docteur Pamela Forrest le successeur du thérapeute de Memphis où elle vivait avant.
Julia est-elle vraiment folle ou bien de réels faits troublants se déroulent dans son habitation ?
L'auteur installe le doute avec beaucoup de dextérité et nous fait hésiter entre réalité et troubles paranoïaques tout au long du récit.
Walter, l'homme à tout faire de son habitation lui fait tour à tour l'effet d'être quelqu'un de bien et un Tordu de la pire espèce. Trouble paranoïaque ou réalité ?
J'ai écrit Tordu avec une majuscule car tout au long de l'histoire les Tordus sont la cause des peurs paniques de Julia.

Ces Tordus capables de faire de votre vie un enfer, qui fouillent votre intimité, qui investissent votre vie avec pour seul but de faire de vous leur chose !
Petite fille elle a vécu des faits traumatisants liés aux adorateurs de Satan. Son père a disparu dans d'étranges circonstances et ses troubles remontent à cette époque.
 

La bague au crâne n'est pas un thriller fantastique, il y est plutôt question de secte satanique et de ses dégâts causés sur une petite fille.

Mais ce n'est pas que ça, c'est une course-poursuite qui s'accélère au fil du récit. C'est aussi une enquête que mène Julia Stone pour découvrir tout d'abord ce qu' il lui est arrivé 20 ans plus tôt et pourquoi elle est encore la proie des Tordus.

Un livre qui se termine avec cohérence même si l'épilogue n'est pas une réelle surprise.
 

Est-ce un livre que je vous conseille ?  - Oui !  Et en même temps la découverte de cet auteur qui n'en est pas à son premier thriller !

Fabe

mercredi 6 novembre 2013

Le chien de minuit - Serge Brussolo

Chronique de MarcSupilami



Sur les toits de Los Angeles, des bandes de jeunes s’affrontent pour la possession des parcelles de béton qui surplombent le vide.
Leur philosophie : ne plus jamais redescendre dans la rue ! Là-haut, entre les antennes de télé, ils sont des dizaines à vivre de rapines, escaladant les façades pour cambrioler les appartements des alentours. Tous voudraient bien se hisser sur le toit du 1224 Horton Street, un immeuble dont le dernier étage est occupé par un superbe complexe de loisirs à l’usage des yuppies. Mais un homme les empêche d’aborder cet Eldorado : Dogstone, le gardien qui n’hésite pas à jeter dans le vide tout étranger ayant commis l’erreur de pénétrer sur son territoire. Dogstone, qu’on surnomme également « Le Chien de Minuit »…





David savait à quoi le surfer faisait allusion. Certains retraités, obsédés par les agressions, restaient tout le jour embusqués à la fenêtre de leur cuisine, veillant à ce qu’aucun voyou ne s’engage sur l’escalier d’incendie. Depuis quelque temps, certains s’étaient armés de cannes à pêche à lancer lourd, et fouettaient les intrus du bout de leur jonc, leur plantant sur la joue, la lèvre ou l’oreille un hameçon à triple pointe pour la pêche au gros. Une fois qu’on était ferré il était difficile de s’échapper, car le bonhomme vous menait à sa guise, moulinant pour augmenter la douleur qui vous labourait les chairs.

L'avis de MarcSupilami :
Une histoire qui se déroule quasi intégralement sur les toits des immeubles de Los Angeles.
Une ségrégation entre les riches et les pauvres a transformé le monde en camps retranchés. Les plus aisés peuvent se permettre de vivre dans des immeubles luxueux, gardés et ultra protégés, alors que les pauvres SDF risquent leur vie tous les soirs dans les rues sordides devenues le repaire des pires voyous (Vision prémonitoire de l'auteur ??).
La solution : trouver un havre de paix relative sur les toits des immeubles. Tous, sauf un, qui résiste encore et toujours à l'envahisseur (Tiens, ça me rappelle quelque chose ça !).
Le 124 Horton Street est protégé par Dogstone, un ancien militaire qui utilise des méthodes expéditives pour se débarrasser des importuns. Il a inventé l'ascenseur le plus rapide du monde en jetant les voyous dans le vide, sans autre forme de procès. Quarante étages en chute libre, arrivée à destination garantie (Record homologué par le Guinness Book. Le plus long étant de ramasser les morceaux !)
.
Vous l'aurez deviné… le chien de minuit c'est lui (Tiens, d'ailleurs Dogstone / Stonedog signifie "Chien de pierre" in French. T'es un malin Serge !).
La conquête de cet immeuble, peuplé de Golden Boys et autres Yuppies, est devenue un objectif pour tous les clans qui se partagent les toits. Celui qui arrivera à maîtriser le chien de nuit deviendra de fait le chef incontesté reconnu par tous. 


Pour y accéder, une seule solution, escalader la façade à mains nues (finalement je me demande à quoi servent les ascenseurs dans cet immeuble ?).
Frissons assurés. Je vous laisse découvrir les événements par vous-même (Si vous souffrez d'acrophobie, je vous raconterai la suite par message personnel).
Côté séquences plus calmes, destinées à vous laisser reprendre vos esprits (Ou accessoirement à chercher une bière ou un carreau de chocolat au frigo, fumer une clope, faire une petite vidange, enfin c'est à vous de voir… la liste est non exhaustive !), l'auteur nous gratifie également de petites histoires annexes comme celle de cet écrivain à talent qui s'est naïvement fait déposséder de son œuvre, ou encore celle de cet ancien champion de surf qui a eu une révélation dans ses moments de méditation, il doit tuer une femme "pure" (confirmation que la méditation mène à la pureté. NDLR).
 

Les habituelles scènes "coquines" ne sont pas en reste dans ce roman. Forcément… du haut d'un toit… avec des jumelles… on a une vue plongeante sur les appartements des autres immeubles !
Mais ça, ça ne nous regarde pas !! (Non, non, n'insistez pas, ma chronique ne sera pas entachée de trivialité malsaine).
Pour conclure : Un bouquin de 200 pages, agréable à lire, toujours pour les fanatiques du genre bien sûr.
A mon avis, Serge Brussolo est né avec un stylo dans la main (Sans doute une sage-femme qui a confondu avec un thermomètre !).

MarcSupilami.


vendredi 1 novembre 2013

Le violon d'Hitler - Igal Shamir



France 1940. Pourquoi Hitler a-t-il ordonné un soir, à l'issue d'un concert, l'exécution de Gustav Schultz ? Violoniste enrôlé dans l'armée allemande, celui-ci aurait été détenteur d'un prodigieux secret qui aurait provoqué la rage du Führer... Paris, de nos jours. Ancien agent israélien spécialisé dans la traque des criminels nazis, le violoniste Gal Knobel voit son passé le rattraper lorsqu'un mystérieux cardinal lui propose de découvrir ce qui a déclenché la colère d'Hitler. Un secret vieux de quatre siècles qui plongerait ses racines dans la Venise de la Renaissance. Effrayant et indicible, il pourrait faire vaciller l'histoire artistique et religieuse européenne. Pour découvrir la vérité, Gal Knobel devra parcourir l'Europe au péril de sa vie : au Vatican, à Venise, Paris et Genève, les nostalgiques du IIIe Reich sont légion à vouloir que le secret d'Hitler reste caché à jamais...



Mon avis :
Premier livre que je lis de cet auteur israélien, qui me cligne de l'œil dans une de mes piles depuis un temps déjà.


Tout d'abord cela commence par une réunion festive dans un château en France avec tout le gratin de l'armée allemande,  SS et compagnie.
Un violoniste, simple troufion dans la Wehrmacht est "convié" à donner un concert pour tout ce beau monde. L'invité surprise est Adolf Hitler en personne.
Gustav Schultz, qui joue du Monteverdi, subjugue l'assistance tant son coup d'archet est envoûtant. Le führer lui même se lève pour applaudir tellement l'émotion est intense.
À l'issue du concert Schultz sort des documents de sa mallette et les remet au secrétaire SS. Un court conciliabule a lieu et sur une phrase chuchotée à l'oreille d'Hitler celui-ci entre dans une de ses mythique colère hystérique et violente. Il jette au feu les documents ainsi que le violon et ordonne qu'on exécute le pauvre Schultz.
Dans cette immense assemblée nazie un petit garçon en pyjama assis sur le rebord d'une fenêtre et dissimulé derrière une tenture assiste à toute la scène.


Je ne spoile pas l'histoire en vous révélant le départ de ce livre que j'ai énormément apprécié. La suite est tellement riche et surprenante que je vais encore vous en raconter un petit bout.
Le livre nous emmènent à trois époques différentes ; 1940 - époque du début de l'histoire.  1630 - époque de Monteverdi et notre époque des années 2000.
Par un concours de circonstances que je vous laisserai le soin de découvrir, Gal Knobel, violoniste et ancien chasseur de nazis est contraint d'enquêter sur cet événement survenu au château 70 ans plus tôt.


L'auteur (qui est violoniste) nous entraîne dans l'Histoire. Dans le Venise du XVII ème siècle, dans les années 40 et puis dans notre époque avec une dextérité de virtuose. Il passe d'une époque à l'autre avec souplesse et cohérence. Les chapitres se finissent avec beaucoup d'habileté et tout les détails sont précis.
Il mêle avec passion et intelligence une partie de notre histoire et surtout celle d'artistes tels que Monteverdi et Rossi.


Je vous assure que je ne suis pas du tout adepte de la musique jouée sur un violon, je n'y connais rien en musique classique. Je suis plutôt rock, blues ...
Mais à la lecture de ce thriller je ne vous cache pas avoir fais des recherches et écouté la musique de ces deux compositeurs. Tout spécialement les psaumes de David qui est un vrai chef d'œuvre.


Ce livre est aussi une leçon de vie, de désespoir et d'amour. Amour entre les hommes de toutes religions mais aussi de haine, cette haine qui perdure au delà des siècles.
En finale ce thriller m'a apporté ma dose plus que satisfaisante de suspense mais j'y ai fait aussi plein de découvertes puisque certains faits historiques mentionnés sont tout à fait authentiques.
Si beaucoup de livres ont traité du sujet je peux vous assurer que celui-ci est très bien écrit. Pas de détails superflus et pas d'exagérations mystico-religieuses.
Une enquête et une histoire qui tient la route avec une juste sensibilité non exacerbée.
 

Vous aurez compris que j'ai beaucoup aimé ce livre et que je vous le conseille vivement !!!

Igal Shamir a écrit un autre thriller "Via Vaticana" que je lirai avec grand plaisir.

Fabe




Igal Shamir (né à Tel-Aviv en 1938) est un violoniste d'origine russo-polonaise. Il vit en France depuis 1968.
La Cinquième Corde, Presses de la Cité, 1971, adapté au cinéma (Le Grand Blond avec une chaussure noire).Le Violon d'Hitler (thriller), Plon, 2008 .Via vaticana (thriller), Plon, 2010


mercredi 30 octobre 2013

En enfer avec toi - Suzanne Roy



Résumé :
Rachel aurait dû mourir. Pourtant elle s’est réveillée, et elle se sent en bien meilleure forme que durant ces derniers mois à l’hôpital. Ce lieu inconnu où elle se trouve, est-ce l’enfer ou le paradis ? Et l’homme qui l’y accueille, est-il son ange gardien ou un monstre ? Lucas sait qu’il n’avait pas le droit de prendre cette décision pour elle. Ce qu’il lui a rendu n’est pas vraiment la vie, mais une existence vouée à la nuit et surtout, au sang d’autres humains. Certains appelleraient cela un enfer…








Il me montre une carafe bien remplie et un verre vide. Je retiens mon souffle. Si je ne me contrôlais pas, je me jetterais sur ce sang et le boirais jusqu’à la dernière goutte. A-t-il donc fait exprès de me laisser une toute petite bouteille dans la chambre ?

L'avis de MarcSupilami :
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les vampires, sans jamais oser le demander… 
C'EST MAINTENANT !
Eh oui, afin d'étoffer ma culture littéraire, j'ose tous les genres. Aujourd'hui c'est le tour de la Bit-Lit (non, ce n'est pas une insulte !) qui signifie littéralement "littérature mordante" et provient d'un anglicisme composé de bit pour to bite (« mordre » en français), et lit pour literature (« littérature » en français). (Et ben alors… c'est pas de la culture ça ?)


1er point : 
J'étais persuadé que si l'on se faisait mordre par un vampire on en devenait un aussi. D'ailleurs ma femme s'est fait mordre l'année dernière et depuis elle dort les pieds accrochés au plafond (vachement pratique pour les rapports conjugaux… je vous laisse imaginer).
Eh bien non, pas du tout… du moins dans ce bouquin. Ce sont des gentils vampires qui vous hypnotisent avant de s'abreuver de votre sang. Vous vous réveillez un peu plus tard sans aucun souvenir de ce qui s'est passé, ni vu ni connu. (Donc, Mesdames et messieurs, si vous vous sentez bizarre au milieu de la nuit, l'esprit embrumé, un léger vertige… c'est sans doute parce que vous venez de vous faire sucer (… on parle toujours de vampires, n'est ce pas !)


2ème point : 
J'ai appris qu'il y a également des gentils humains, appelés "consentants" qui offrent leur sang aux vampires car, parait-il, ça leur faisait du bien aussi (Bon… je ne sais pas… pourquoi pas ? Moi je n'aime déjà pas lorsqu'on me fait une prise sang, alors deux crocs dans le bras… non merci).
Pour vous faire un résumé du résumé (c'est nouveau, ça vient de sortir !) : Un vampire sauve une jeune fille qui est sur le point de mourir, il l'initie aux rites vampiriens, ils se plaisent, ils font crac crac et… c'est la fin
.

Résumé aussi court que l'est ce livre (40 pages). En plus d'être un Bit-Lit, c'est donc également un Lit-Bit qui signifie littéralement "un petit peu" et provient d'un marcsupilamisme composé de little et bit (Allez hop, encore un peu de culture pour le même prix).
En bref (sans jeu de mot) une p'tite histoire, un p'tit bouquin vite lu et… vite oublié.
A vous de voir.


MarcSupilami

samedi 26 octobre 2013

Un jeu de folles - Carter Brown

Titre original :
The Coffin Bird (1970) - Un jeu de folles - Série noire no 1431 (1971)
(Série : Danny Boyd ;  de 1957 à 1983 : 32 titres)


Résumé :
Vrai, cette Marcia Burgess, voilà encore une bonne femme qui n'est pas piquée des vers. Ce n'est pas comme ses prétendants qui ont tous la sale manie de clamser quelques jours avant le mariage. Comme cette hécatombe finit tout de même par l'inquiéter, elle engage Danny Boyd pour élucider ce mystère. Elle aurait mieux fait de retenir les services de douze hôpitaux, psychiatriques.



(Il est vrai que Carter Brown a lui-même suivi l'évolution des mœurs en pimentant ses ouvrages de scènes sensuelles à partir des années 70.)





Mon avis :
Danny Boyd est  détective privé new-yorkais et passe de bons moments à Hawaï où il se prélasse, drague et picole ... dans le désordre.
Surgit alors sans crier gare dans la chambre de Danny une donzelle venue pour l'engager à jouer le rôle de son fiancé. En effet ses deux précédents amoureux prêts à l'épouser sont morts avant de se passer la corde au cou. Deux morts étranges considérées comme accidentelles. 

Un soupirant est tomber d'un balcon du 27ème étage et l'autre s'est endormi au volant avant d'effectuer un grand plongeon.
Boyd s'envole donc pour Sidney là où habite Marcia Burgess la petite fille riche à son papa. Il va donc jouer ce rôle de prétendant pour découvrir la vérité toute nue...
 

Toute nue ? Ben oui !  les fesses rougies de Marcia sur lesquelles Boyd fait une fixette et où quelques coups de ceinture font prendre une couleur rosée à ce petit derrière adorable et disponible à souhait.
 

Mis à part l'intrigue et le dénouement de l'enquête de Danny tout le livre est bourré de parties de jambes en l'air ou de dialogues à connotations sexuelles ; presque toujours dans un humour assez vieillot mais non dénué de charme. Plusieurs scènes de fesses sont ponctuées de situations burlesques où les filles se prennent, par exemple, les pieds dans le tapis avec la petite culotte sur les chevilles dans des poses ridicules mais très alléchantes. 
C'est un "genre" passé de mode mais il ne faut pas oublié que le livre à été écrit en 1970 par un auteur hyper prolifique édité à l'allure d'un TGV.
 

L'enquête en elle même est simple et les "surprises" sont très cliché. "Papa" n'est pas ce qu'il semble être et la belle Sonia, amie de Marcia, fait fondre Boyd. D'ailleurs Boyd lui-même est plus doué qu'il ne veut bien le laisser paraître.
Bref un tout petit bouquin (un peu plus d'une centaine de pages) qui ne me donne pas spécialement envie de relire du Carter Brown mais qui, je dois l'avouer, m'a bien délassée !
                                                                    Voilou !
Fabe


Carter Brown Alan Geoffrey Yates est un auteur de romans policiers. Lieutenant de la Marine Royale Britannique de 1942 à 1946, il travaille deux ans comme preneur de son pour la Gaumont Britannique puis immigre en Australie en 1948. Naturalisé Australien la même année, il travaille aux relations publiques de la compagnie aérienne Qantas et publie son premier roman en 1953 (Venus unarmed). Il devient un prolifique auteur de romans policiers sous le pseudonyme de Peter Carter Brown puis simplement Carter Brown pour satisfaire au goût du marché américain. Il publie aussi sous son propre nom et utilise d'autres pseudonymes : Tex Conrad, Caroline Farr, Tom Conway, Paul Valdez, en touchant aussi à d'autres genres (western, horreur, science-fiction...). Ses romans, d'abord destinés au public australien, sont rapidement publiés aux États-Unis aux éditions Signet puis en France, dans la Série Noire des éditions Gallimard à partir de 1959. Il publie plus de 200 romans de 1953 à 1981. À son actif également : 52 nouvelles publiées dans une édition australienne bon marché entre 1951 et 1954. Ses ouvrages ont fait l'objet d'une série radiophonique en Australie, ainsi que d'un spectacle musical : The stripper présenté à Sydney en 1982.

lundi 14 octobre 2013

Le jour et l'heure - Guy Bedos

Les chroniques de MarcSupilami







Résumé :

La fraîcheur de sa colère, son amour des femmes, ses instincts de bon père juif, son usage immodéré de l'humour comme ultime politesse, David n'a rien perdu. Pourtant Leïla, l'Arabo-Andalouse de sa vie, l'a abandonné. Les Fellini, les Mastroianni, les Serrault et autres frères élus ont disparu sans crier gare. Alors il écrit. Des notes éparses, qu'il laisse traîner un peu trop négligemment, et qui déclenchent une correspondance inattendue avec ses trois enfants...







« Ça va ? –
Non, ça va pas. Et ne me pose pas la question, Ducon, puisque au fond tu t’en fous.»
« Alors, en forme ?
– Non, j’ai le sida. Et je t’encule. Bonne année ! »

L'avis de MarcSupilami :

Et voilà, le ton est donné
Pour moi qui pensais me poiler
Je me suis encore fourvoyé
Le nom de l'auteur m'a berné


Merci sacré Guy Bedos
Avec ta correspondance
Tu m'as roulé jusqu'à l'os
Tu es plus malin qu'on pense


Ta pauvre maman mourante
Ne te laisse pas de répit
Et pour remonter la pente
Tu nous fais part de ton dépit


Histoire triste il est vrai
Tu t'en tires vraiment bien
Avec ton texte bien fait
Je t'applaudis des deux mains


Et pour finir en beauté
Quoi rajouter dans ma chronique
Sans finir par tout péter
Pour une fois que c'est romantique


C'est avec grand plaisir
Vous mes amis Fabebookiens
Que je viens vous servir
Parce que vous le valez bien


Veni, Vidi, Vici
Dit MarcSupilami
Et maintenant c'est fini
Je dois aller faire pipi


MarcSupilami


vendredi 11 octobre 2013

5ème avenue - Christopher Smith

Regardez bien toute la puissance et toute la richesse que représente la 5ème Avenue à New-York, et vous y trouverez la cupidité, le sang, la vengeance. Dans le thriller et best-seller international "5ème Avenue ", une très haute société corrompue se retrouve traînée dans la boue lorsqu'un homme tente de détruire une famille entière dans une rage que rien ne peut apaiser. Louis Ryan est cet homme. George Redman, sa femme, ses deux filles et leurs amis proches sont ses cibles. Les deux hommes sont des milliardaires partis de rien, qui revendiquent leur place sur la 5ème Avenue. Mais quand Louis Ryan engage un assassin international afin de déchirer littéralement la famille Redman, une série d'événements catapulte tout ce beau monde à travers un thriller trépidant et dur dans lequel personne n'est en sécurité. Leurs secrets sont révélés. Leur vie sexuelle est exposée. La Mafia est impliquée. Et les deux filles de George, Celina et Leana Redman, prises dans les griffes du passé de leur père, sont menacées par le désir aveugle de Louis Ryan de détruire un autre homme pour lui faire payer le meurtre de sa femme 31 ans plus tôt.



 - Pourquoi êtes-vous parti de Morgan Stanley ? demanda Celina. Vous vous y êtes fait un nom, les choses marchaient bien. Pourquoi partir ?
Jack haussa les épaules.
- La pression était telle que l’argent ne suffisait plus. Et l’argent ne justifiait plus de se retrouver en permanence en face d’une salle remplie de traders en obligations. La plupart d’entre eux tueraient leur mère si sa mort leur permettait d’obtenir un meilleur deal.
Il prit une longue gorgée de sa bière.
- De plus, il y a beaucoup de choses qui s’y passent que personne ne sait.

Mon avis :
Un gros livre de presque 500 pages qui commence comme un téléfilm sur tf1 ... aïe aïe aïe ! Bon ben comme il est ouvert j'entame les 100 premières pages. En même temps hein un livre qui porte le titre de "5ème avenue" n'allait pas m'emmener à Banghor dans le Maine.
Donc je reviens au ; aïe aïe. Réception huppée dans un nouveau building sur la 5ème avenue, robe du soir et diamants, gosses de riches, alcool et drogues qui coulent à flots. Tous les clichés présents ne me convainquent que très peu. Mais je persiste.
J'ai persisté et l'ai lu en entier ...
Tous les ingrédients sont présents comme pour un remake de Dallas ou autre saga pétrolière et familiale.  La mafia est aussi de la partie et les coups tordus sont quand même pas mal pensés par l'auteur. Bref tout est parfait pour faire ressentir cette impression de : ..... Ton univers impitoya-able ! (À lire en chantant).
Un riche homme d'affaire veut la perte d'un autre nanti quitte à employer tous les moyens, fussent-ils complètement immoraux, sadiques et criminels. Une histoire de vengeance qui entraîne dans son sillage tous les membres des deux familles.
Une haine nourrie depuis 30 ans pousse Louis Ryan à monter un complot machiavélique envers son ennemi de toujours ; Georges Redman. Louis ne reculera devant rien ni personne pour assouvir cette vengeance dans les termes et le temps que seule sa haine lui a dicté depuis longtemps. Il s'attaque d'abord à l'ouverture du nouveau building "Redman" mais ce n'est qu'une mise en bouche car ce qu' il veut c'est déchirer la famille par tous les moyens. L'assassinat n'est pas son pire méfait.
Un livre qui, je dois le dire, est quand même bien écrit. Mais si vous en avez d'autres qui attendent d'être lus, ce qui est mon cas, il n'est vraiment pas capital de lire celui-ci.  Il aurait dû se trouver pour ma part dans le club de la page 30 et je ne comprend pas très bien moi-même pourquoi je l'ai fini. Sans doute est-il meilleur que je ne veux bien me l'avouer ...
Ce livre n'est pas détestable, il est écrit avec rythme, passion et action mais tout, ou presque est prévisible.
Vous conseillerais-je ce livre ? - bof ... oui si vous n'avez vraiment rien d'autre sous la main ! Et si vous êtes un fan inconditionnel de J.R !
Enfin ... de toute façon, faites comme il vous plaira !


Fabe